Les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont organisées nationalement, et concentrent actuellement ce qui se fait de mieux en matière d'écologie et de solidarité. Loin d'être réduites au monde rural, elles fleurissent dans les villes et dans les zones urbaines.

Par Didier

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En Île-de-France par exemple c'est près de 260 AMAP qui se développent sur l'ensemble de la région. L’une d'elles, « planète lilas » est quasiment exemplaire en matière d'écologie urbaine. Cet exemple peut être repris partout, même à Béziers !

À Vitry-sur-Seine, au-dessus d'une ancienne carrière de gypse, une ferme associative entretient : un maraîcher de 2,5 hectares, un jardin partagé morcelé en plusieurs potagers et vend des paniers de légumes dans un circuit court bio-équitable. Le projet de l'association « planète lilas » est mis en place depuis 2006, l'idée principale étant de faire du maraîchage non traité et solidaire au cœur de la ville. Depuis 2006, une centaine de paniers de légumes sont distribués chaque semaine en échange d'une adhésion à l'association. Six personnes en sont salariées (une animatrice, un coordinateur, 4 maraîchers), des adhérents bénévoles complètant le dispositif qui tente de subvenir aux demandes des 200 adhérents de l'association.

« Planète lilas » c'est aussi une expérience solidaire en direction des professionnels, des chômeurs, des lycéens, des collégiens. Des activités pédagogiques sont organisées régulièrement pour des centres sociaux et de loisirs. Des ateliers (jardinage, compostage...) pratiquent l'échange d'expériences et font de l'association un lieu ouvert sur l'extérieur. L’aspect militant est bien sur présent sous une forme ouverte au travers d'alternatives citoyennes qui sont mises en débats ou en perspectives. À « planète lilas » , on a l'impression de pratiquer et de vivre la transition écologique. Ce n'est sûrement pas suffisant à l'échelle de la planète, mais c'est un début à l'échelle d'une ville.

À Béziers, nous sommes nombreux à penser que de tels projets sont nécessaires pour lutter bien sûr contre la main mise du FN sur la ville, mais aussi pour montrer que l'écologie n'est pas qu'un slogan et qu'elle peut être connectée à une dimension sociale.

Au-delà des slogans faussement rassembleurs contre l’austérité et le libéralisme, c'est bien la question de la pratique d'une alternative citoyenne qui doit articuler l'action municipale à venir. C'est le faire et la pratique qui pourront convaincre les 50 % d'abstentionnistes de prendre part à la vie citoyenne. Pour cela, il faut proposer des espaces concrets d'élaboration et de réalisation.

Si « planète lilas » l'a fait à Vitry, nous pouvons le faire à Béziers !