Au 41 rue Ambroise Thomas, non loin de la place Émile Zola, existe désormais un local associatif. La porte poussée, Banlieue Rouge s’échappe de l'enceinte, au comptoir Nini et Camille représentantes de la Cloch'Arts expliquent l'objet de cette association collégiale.

Par RasKar KapaK

Photographier les arrêtés municipaux et les mettre à disposition

Aux murs des tableaux, des peintures abstraites mêlant arabesques colorées et œuvres plus torturées, plus habitées. Au bout du pinceau Camille, artiste-punk : « Ici au moins je peux m'adresser au travers de mes œuvres à un certain public, puis le fric n'est pas le plus important, je peux vendre peu cher mes tableaux voire les troquer ! ». Selon Nini : « Les tableaux et la déco c'est Camille qui a tout géré, moi c'est plutôt tout ce qui est dossiers, réglementations... Par exemple je suis allée en mairie pour photographier pas mal d'arrêtés municipaux pour les afficher afin que les gens puissent y avoir accès sans pour autant devoir se rendre à la mairie ! Comme ça on peut s'informer et informer des publics qui ne sont pas forcément au courant de ce qui est possible ou pas de faire sur la ville ». Une initiative citoyenne simple mais ô combien utile.

Des présentoirs aux multiples brochures d'inspirations libertaires et solidaires courent le long du mur avant de laisser place à une scène. Qui dit scène dit concert et la Cloch'Arts, en dépit de son jeune âge, puisqu’elle n’existe que depuis février, est rentrée rapidement dans le riff du sujet avec un premier concert réunissant les Catalans de Anti-Patiks et la formation de Clermont-l'Hérault Fightor Peace Motte.

Si la Cloch'Arts se présente donc comme une caisse de résonance musicale où l'antifascisme est bien présent, c'est aussi un endroit où mûrissent des projets qui se veulent plus ancrés dans la cité avec l'objectif de (re)créer ce lien vital entre tous les citoyens ; et pour Camille l'aventure ne fait que commencer : « Ce que l'on aimerait mettre en place, c'est pouvoir proposer des ateliers à destination des enfants, travailler pourquoi pas en partenariat avec les parents, proposer de l'accompagnement aux réfugiés... Ici c'est ouvert à tout le monde on ne demande pas la carte d'identité à l'entrée ! »

Graffiteria, concerts, expositions, ateliers... une Cloch'Arts riche de projets

La Cloch'Arts fourmille de projets et les exposants sont invités à se faire connaître puisque l'une des idées du moment est de pouvoir offrir à une ou un exposant une surface d'exposition durant un mois pour ensuite laisser la place à un(e) autre.

Zique, expos... les deux amies n'en sont pas à leur coup d'essai. Ce sont elles qui lancent il y a déjà quelques mois les Graffiterias : « Le principe est simple ; les gens viennent avec les objets en bon état dont ils veulent se débarrasser pour pouvoir les donner ou les échanger. C'est clairement une zone de gratuité ouverte à tout le monde ! » D'autres Graffiterias seront organisées courant 2016.

Soutenues dans leurs démarches par de multiples artistes et formations, Camille et Nini proposent deux nouvelles dates de concerts. Le premier novembre, Bob's Not Dead sera présent à la Cloch'Arts, et partagera la scène avec Tintin l'Autre. Successivement, ils laisseront libre court à un punk musette d'inspiration libertaire et contestataire. Le 28 novembre ce sera au tour de Kroska, formation de ska punk de Clermont-l'Hérault, de rejoindre la Cloch'Arts avec Street Vengeance, une autre formation, Toulousaine cette fois, mais naviguant toujours dans le tumultueux et joyeux bain d'une musique Oï définitivement anti fasciste. La participation aux frais (PAF) est de trois euros.

Bien décidées à participer à l'animation citoyenne de la ville dans laquelle elles résident, Camille et Nini laissent deviner d'autres projets : « On est en contact avec des gens de la sphère hip-hop, reggae. Nous avons beaucoup perdu l'habitude de pratiquer la solidarité, il faut la retrouver ! »
Et subitement la déclamation des deux Biterroises prend alors tout son sens : « Agir partout ensemble ! ».