Il n'est plus possible pour personne d'ignorer les dégâts des produits phytosanitaires très largement employés en agriculture professionnelle, dans les jardins familiaux et dans les espaces publics (campagne de l'association « Générations futures », étude du Pr Gilles-Eric Séralini menée fin 2013, citée par Terre-net).

Par Khan Did

Les dégâts environnementaux portent sur la biodiversité, sur la sélection progressive des ravageurs, sur l'effondrement de 40 % de la population des abeilles et autres pollinisateurs.

Les dégâts en santé publique répertoriés sont les suivants :

 

- irritations et allergies de contact ;
- asthme et bronchites ;
- maladie de Parkinson ;
- cancers et leucémies (rapport OMS 2014) ;
- perturbateurs endocriniens et facteurs de malformations fœtales et de troubles du développement de l'enfant.

La large diffusion de ces produits rend compte d'une forte morbidité chez les agriculteurs et leurs familles et les riverains des terrains agricoles : 60000 tonnes sont vendues annuellement en France, ce qui lui permet d'occuper la troisième place dans le monde et la première en Europe. Et les ventes ont progressé de 5 % entre 2009 et 2013...

Ces produits toxiques sont épandus le plus souvent par pulvérisation, moins par épandage qui commence à être réglementé, ce qui entraine une large diffusion au-delà des emplacements visés. Ainsi, on retrouve au moment des traitements (mai à juillet) dans le sang et les cheveux des viticulteurs 11 fois plus, et dans ceux des riverains 5 fois plus de pesticides que dans les populations urbaines.

Mais on retrouve également ces produits dans la chaine alimentaire. Ils sont présents dans 75 % des céréales, surtout dans l'enveloppe (ne consommer que des céréales complètes bio) et dans les fameux 5 fruits et légumes qu'une alimentation saine se doit de consommer quotidiennement. Un menu conventionnel d'une cantine par exemple contient 223 fois plus de pesticides qu'un menu bio. Un vin contient communément 60 pesticides, un vin bio 10, un vin naturel 4. On les trouve dans tous les cours d'eau français, dans les nappes phréatiques, dans le sang du cordon ombilical…

La municipalité précédente avait refusé les menus bio

Les pouvoirs publics commencent à s'émouvoir et des projets timides de réduction de leur usage  voient le jour. Les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles ne sont toujours pas interdits, le Round Up (Glyphosate), cancérigène très probable, reste présent dans les rayons des grandes surfaces et, comme les autres, sera interdit dans les espaces publics et dans les grandes surfaces début 2017. Quelle audace ! Et la vente sera interdite aux particuliers en 2019, ne nous pressons pas. Il faut dire que la pression des multinationales vendeuses de ces produits, Monsanto pour le Glyphosate par exemple, est extrêmement forte, et les évaluations de la toxicité des produits sont effectuées par des anciens employés des firmes… L'article 1er de la section L. 253-7 du Code rural et de la pêche maritime stipule que les collectivités ne doivent pas employer de pesticides dans les espaces verts, forêts, promenades accessibles au public, à l'exception des préparations naturelles ou « peu préoccupantes ».

La municipalité précédente avait refusé les menus bio, « trop chers », dans les cantines et collectivités. Elle avait toutefois appliqué l'interdiction des pesticides dans les espaces publics, selon le Code rural. La municipalité actuelle, dans son mouvement habituel « en arrière, toutes ! », alertée par des plaintes d'électeurs sur l'intolérable présence d'herbes folles sur des trottoirs au milieu du béton, a donc décidé de recourir à nouveau à leur éradication par pesticides, l’arrachage ou l'eau bouillante n'étant sûrement pas assez radicaux. D'avance, les chiens, les bébés en poussette, les enfants avec leur ballon lui disent un vibrant « MERCI ».