Quand la violence fait partie de l’arsenal idéologique. Depuis l’entre-deux guerres les organisations d’extrême droite qui ont passé la ligne blanche identitaire de la loi républicaine sont légion. Toutes ou presque ont été dissoutes suite à des attaques contre la république ou ses valeurs. Toutes ou presque sont réapparues peu de temps après sous une autre appellation avec les mêmes militants.


Au début, il y a eu les ligues factieuses qui au milieu des années trente voulaient renverser la république. Plus près de nous, il y a eu Jeune Nation. Leur premier fait d’armes remonte au 7 novembre 1956 lorsqu’à la suite de l’intervention russe à Budapest, ils mettent à sac le local parisien du PCF. Le groupe est interdit deux ans plus tard.
Le mouvement Occident dont sont issus nombre de ténors de la droite actuelle est, lui, dissous le 31 octobre 1968 après une longue série d’actions violentes, dont le plasticage d’une librairie maoïste dans le Quartier Latin. L’organisation qui lui succède, Ordre Nouveau, est interdite en juin 1973 après un affrontement contre la ligue communiste.


Plus récemment, Unité Radicale a été dissoute en juillet 2002 au lendemain de l’attentat de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac. Il y eut aussi le Groupe Union Défense (GUD), adepte de la barre de fer et du manche de pioche dans les milieux étudiants. Il y eut aussi les hooligans du Pitbull Kop qui sévissaient dans les tribunes du Parc des princes lors des matchs du PSG.


L’extrême droite a aussi ses théoriciens de la violence comme François Duprat, ancien numéro deux du FN, qui la théorise dans son livre Manifeste nationaliste révolutionnaire. Comme Fabrice Robert, leader du Bloc Identitaire, qui va jusqu’à écrire dans sa revue ID magazine : « la violence politique est une impérieuse nécessité, l’une des méthodes les plus efficaces qui s’offre aux minorités politiques pour faire entendre leur message. »


Tous les ans, le 9 mai, rue de Rivoli à Paris, plusieurs organisations (JNR, GUD, Œuvre Française, etc.) défilent dans une parodie d’opérette (militants casqués, croix celtiques, rangers, tenues paramilitaires, pas cadencés, chants au minimum nationalistes) en hommage à un de leurs militants, mort pour eux au combat.
En matière de violence, l’horreur fut surement atteinte en 1993 à l’issue du défilé annuel du 1er mai en l’honneur de Jeanne d’Arc. Lorsque des membres du service d’ordre du FN ont précipité et tué Brahim Bouarram d’un pont de la Seine à Paris parce qu’ils l’avaient croisé et qu’il était arabe.


À Béziers le maire Robert Ménard incarne par ses propos et ses actions cette violence idéologique. S’il développe cette violence sur le terrain institutionnel, ne privilégiant pas pour le moment l’action violente directe, il reste évident que la violence est par nature difficile à circonscrire dans un seul champ. À Béziers, la question qui est posée, c’est quand et comment la violence institutionnelle va déborder et occuper d’autres espaces .