Voyage dans un département qui a failli être gagné par l’extrême droite : l’AISNE

Vingt ans de crise économique qui n’en finissent pas, des fermetures d’usines et des chômeurs à la pelle, l’Aisne en Picardie ,c’est Béziers à l’échelle d’un département.

 

Comme à Béziers, l’extrême droite prospère dans l’Aisne sur le terreau de la crise. Mais il y a dans ce département un plus ignoré : la présence massive de skinheads ouvertement fascistes, voire même néonazis.
Les faits ont été révélés par un universitaire, à l’issue d’une enquête de terrain. L’universitaire, c’est Stéphane François, un spécialiste des groupuscules d’extrême droite. Après son enquête de terrain, il raconte avoir croisé :
    ⁃    Une gamine de 15 ans qui arborait un tee-shirt au nom d’une organisation qui se revendique du Ku Klux Klan, qui prône la guerre ethnique et la suprématie de la race blanche. Cette organisation s’appelle « Stormfront », elle est bien sûr interdite en Europe.
    ⁃    Des lots de tags qui disent : « mort aux youpins », « mort aux négros », « white power », « HH » pour Heil Hitler.
    ⁃    Une boutique identitaire qui a pignon sur rue et vend des poings américains, des matraques télescopiques, des battes de baseball, des bombes lacrymogènes.
    ⁃    Un concert du RIF (rock identitaire français).
    ⁃    Une conférence du négationniste Henri Reyssen.
Selon Stéphane François, l’Aisne ,c’est plus de 300 skinheads fichés par la police. Dans cette ancienne région industrielle touchée de plein fouet par la crise économique, les skins prolifèrent parce que tous les ingrédients de la désespérance sociale sont réunis : jeunesse abandonnée, minimas sociaux, chômage endémique.
Dans son enquête François indique que « les trois quarts des skins sont des mineurs en situation d’échec scolaire, issus de familles monoparentales très précarisées. »

 

Alors l’Aisne, terre d’accueil pour les jeunes néonazis ?

 

Pas si simple que ça, car ce serait donner dans la caricature ! Ce qui est sûr par contre, c’est que dans ce département, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR) de Serge AYOUB collent des stickers « troisième voie picarde », distribuent une revue qui déclare : « Chauny (dans l’Aisne, NDLR) préfigure certainement l’avenir prochain de l’hexagone : la formation de poches territoriales européennes, bases de départ d’abord, puis lieux ensuite d’une salutaire reconquête. » Ce qui est sûr aussi c’est que dans ce département la mouvance ultranationaliste prospère à l’ombre des scores-fleuves du FN.


À Béziers, dans une poche territoriale tenue par le FN, il nous appartient de mesurer les agissements de la mouvance identitaire et ultranationaliste. Car les liens entre les deux entités FN et Identitaires existent ici aussi : Christophe Pacotte, l’homme de l’ombre de Ménard qui a dirigé la campagne des cantonales, doit devenir le secrétaire du groupe d’élus FN au conseil général de l’Hérault.