Après l'expulsion des Roms de la déchetterie Brault, la 4° en 6 ans (et ils sont toujours là...), le traitement indigne qui leur est réservé, la non-application de la circulaire Valls prévoyant préalablement à toute évacuation une organisation d'un nouveau logement, et les paroles du porte-parole du gouvernement, Stéphane Lefoll : « Il faut absolument chercher à les faire retourner d'où ils viennent », un rapide survol de leur situation dans l'Union Européenne est résolument nécessaire.Tout d'abord, se souvenir de ce qu'ils disent unanimement: « Nous fuyons une situation insupportable en Roumanie, où nous sommes pourchassés et " pogromisés " ».

Selon une étude rapportée par France­tv­info : en Allemagne, au Royaume Uni, en Italie (où des efforts avaient été faits il y a quelques années mais où l'attitude générale des pouvoirs publics et de la population est très ambiguë), la situation de rejet est la même qu'en France.

pub2En Espagne, où la majorité des enfants gitans ­Roms est scolarisée, avait été mis en place en 2010 un plan triannuel de 107 millions d'euros pour éducation, santé, logement. Malheureusement, la crise financière a modifié à la baisse les efforts projetés. En Belgique, l'État se porte garant pour les locations de logements, l'État flamand assure à 90% l'aménagement des structures d'accueil et des terrains, et en 2012 a été établi un plan d'accompagnement social, à la formation et à l'emploi.

Au JT de 20h de TF1 le 15 avril 2014, est exposé le cas exemplaire de l'Autriche, pays non- marxiste ni laxiste s'il en est : dès 1993, un membre de la communauté Rom, Rudolf Sarközi (toute ressemblance...) œuvre pour une Déclaration des droits des Roms. Le pays crée des foyers éducatifs avec un personnel rémunéré par l'État. Puis, en 2007, un plan d'aide à la formation est lancé, des villages Roms édifiés, des associations Roms voient le jour, restaurant une dignité élémentaire pour les populations et une paix civile.

On trouve sur le site rhone­gouv.info une initiative de la préfecture de Lyon, le dispositif ANDATU qui signifie " pour nous " en roumain. Il s'agit d'un plan sur 3 ans pour l'intégration progressive de 417 personnes. Il est financé par l'État, le Fond Social Européen, le Grand Lyon et la Fondation Abbé Pierre. Il est calculé pour coûter 10 € par personne et par jour.

D'abord signature d'un contrat sanctionné par un hébergement provisoire et l'attribution généralisée du RSA pendant un an. Puis une intégration progressive avec hébergement social (rôle d'ADOMA), des formations, la scolarisation (tous les enfants sont scolarisés), des emplois (la plupart en CDD). Sur 90 familles, 45 obtiennent un emploi. Cela a coûté 814000 € en 2 ans.

D'autres solutions sont donc possibles, finançables, rentables et tout simplement humaines. On se sent un peu penauds et minables en France, " terre d'accueil et des lumières".