Dans le n°2 de notre journal, nous avions déjà abordé ce sujet quand, à l'automne 2014, nous avions eu droit à des communications fracassantes de MM. Lacas et Ménard à propos du prix de l'eau. Chacun y est allé de sa surenchère.

 

Pour Ménard, une renégociation immédiate avec pétition dans le journal municipal n°4. Pour l'agglo, Lacas promettait une baisse de 30% lors de la renégociation du contrat en 2017. Chacun envisageant uniquement la délégation de service public (DSP) à une multinationale, la Lyonnaise des eaux. De toute façon, la concurrence entre nos multinationales de l'eau est illusoire, puisque Lyonnaise des Eaux, Véolia et la SAUR ont de multiples filiales communes...

 

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Le CARPE – Collectif d'Action pour une Régie Publique de l'Eau – souhaite que la renégociation du contrat soit l'occasion de la création d'une régie publique dans l'agglo. Nous, citoyens,  avons tout à gagner.

Le 6 février, le CARPE a organisé une réunion publique sur la gestion de l'eau à la Médiathèque : il a fallu louer à l'agglo ­ 250€ ­ l'auditorium pour faire cette réunion citoyenne qui était davantage du ressort de l'agglo ! Réunion que les élus de l'agglo ont snobée.

À cette réunion, un adjoint de Béziers – Michel Moulin – a pris la parole pour dire que Ménard était favorable à une régie publique de l'eau.

 

Si tel était le cas, avec ses 22 élus communautaires, le débat à l'agglo pourrait prendre une autre tournure. Mais là encore, ce ne sont, à notre avis, qu'effets d'annonce.

Le 26 mars, à sa demande, une délégation du CARPE a été reçue à l'agglo. Elle a fait part de son inquiétude de ne voir prise en compte que la délégation de service public (DSP) pour la gestion de l'eau, en faisant référence à la séance du Comité Paritaire. Les représentants de l'agglo ont nié que la DSP était la seule piste étudiée. Quand la délégation a proposé un référendum sur la gestion de l'eau, des ricanements furent leur réponse.

Jeudi 9 avril, au dernier conseil de l'agglo – soit 2 semaines après notre entrevue – l'agglo présentait une délibération sur la délégation de service public de l'eau. Délibération qui a été repoussée, pour des raisons techniques (des élus n'avaient pas reçu certains documents).

En conclusion, on se rend compte de l'hypocrisie de l'agglo qui déclare que rien n'est décidé, et qui, à la séance suivante propose la DSP !!! Délibération qui devrait être de nouveau proposée à la séance du mois de mai.

Depuis les années 2000, un vent de remunicipalisation souffle sur la gestion de l'eau en France. Paris est l'exemple le plus marquant de ces dernières années mais il ne faut pas oublier Grenoble en 1999 ou des villes telles que Rouen, Castres, Châtellerault, Bordeaux et, plus près de chez nous, Alès ou Montpellier. Des grandes villes aux petites communes (exemple de nombreuses communes des Landes ou Cazouls-­les-­Béziers), nombreux sont les élus qui délaissent les multinationales de l'eau et prennent en main la gestion de l'eau.

 

Pourquoi l'agglomération de Béziers Méditerranée ne prendrait­-elle pas ce chemin ?

 

Ce serait plus économique pour la population : on estime à près de 30% moins chère l'eau en régie municipale. Le principe de la gestion publique est de fonctionner à l'équilibre, alors que l'essence même des contrats de délégation de service public est de générer une marge pour pouvoir financer les capitaux privés investis dans l'entreprise et rémunérer les actionnaires.

La reprise en régie publique de l'eau permet d'accroître la qualité du service (plus de travaux d'entretien, moins de fuites), en diminuant son coût. Des études à Grenoble et à Paris l'ont démontré. A Grenoble, il y a 3 fois plus d'entretien et de renouvellement que pendant la privatisation. En 2008 : l'eau est 20% moins chère que le prix du privé. En 1995 : 50% moins chère que le prix prévu si la délégation au privé avait continué.

Alors, quelles raisons empêchent nos élus de faire un tel choix ? La paresse ? Il est plus facile de déléguer la gestion au privé. La pression des multinationales ? Il est évident que ces marchands d'eau savent être très convaincants. Pression qui est allée à Grenoble jusqu'à un « pacte de corruption » de 2,9 millions d'euros entre le maire Alain Carignon et la Lyonnaise des Eaux. Condamnation à 4 ans de prison ferme pour le maire UMP. Arrêté définitif du 9 juillet 1996.

 

Alors que pouvons-­nous faire, nous, citoyens du Biterrois ?

 

Lors de sa dernière réunion, le CARPE a décidé d'interpeler les élus communautaires en leur demandant de répondre à deux questions :

Sont­-ils favorables à une régie publique de l'eau ?

Sont­-ils favorables à l'organisation d'un référendum sur la gestion de l'eau dans la CABM ?

Lors de notre prochaine réunion, et en fonction des réponses reçues, nous mettrons en place des réunions publiques dans les communes pour informer les populations.

Au XXIème siècle, l'eau est devenue précieuse, c'est « l'or bleu ». En régie publique, l'eau n'est plus une marchandise, mais un bien commun à distribuer et à préserver. C'est tout le sens de notre combat. Il est important que les citoyens s'investissent dans cette lutte.

Vous pouvez rejoindre l'action de la CARPE en les contactant par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.