Au secours, Big Brother est devenu français ! À la suite des opportuns attentats de Paris en janvier, nous sommes à la veille du vote de la "loi sur le renseignement" présentée par M. Valls, qui donne toute latitude à l'exécutif pour mettre l'ensemble de la société civile sous surveillance, façon "Patriot Act". Elle va passer le 5 mai à l'Assemblée.

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Elle y a été examinée en accéléré, sans aucun débat public préalable, et défendue avec une morgue et un mépris incroyable par le premier ministre et son ministre de l'Intérieur.

Elle vise à défendre les intérêts stratégiques de la France (militaires, économiques et diplomatiques) et à traquer "préventivement" les futurs potentiels terroristes, qu'ils soient "djihadistes verts" ou noirs...

Elle est donc empreinte du secret le plus absolu des procédures mises en place sans aucun avertissement ni contrôle préalable, celui­ci ne pouvant s'exercer qu'a posteriori (encore faut-­il savoir qu'on a été fliqué), d'abord par une CNCTR (Commission Nationale de Contrôle des Techniques du Renseignement) purement consultative, puis éventuellement devant le Conseil d'État sans assistance d'un avocat.

Si d'aventure celui­-ci donnait tort à l'État, il y aurait destruction des données (lesquelles, puisqu'elles sont "secret défense" et qu'on ne sait pas ce qu'elles sont ? ).

 

Il s'agit, contrairement à ce qui a été dit, d'une surveillance de masse, puisque des "boîtes noires" algorithmiques seront installées chez les opérateurs de téléphone et d'Internet. La surveillance informatique peut être globale puisque les serveurs sont situés hors de France et elle concerne précisément les flux de communications entrant et sortant de l'Hexagone. Quand on sait que lorsque vous commettez un délit pénal, c'est le juge judiciaire qui décide de vous mettre sur écoute, on voit la fantastique régression démocratique qui s'annonce, aux mains d'un État policier qui n'a d'autorisation à demander ni de justification à fournir à personne.

Il n'y aura pas de visites impromptues de contrôle des lieux du renseignement. C'est un boulevard pour le contrôle tous azimuts. Il n'y aura plus d'intimité, de latitude pour des recherches informatiques indépendantes, de journalisme d'investigation libre...

On pense à de sinistres souvenirs et à de non moins sinistres perspectives qui s'ouvrent pour Big Brother, dès cette mandature, et a fortiori si le vote national continuait à évoluer vers le populisme.

Il est urgentissime que la société civile monte au créneau et interpelle vigoureusement les députés, qui ne sont que très mollement réactifs.

Voici 2 sites qui vous aideront à décrypter la loi et les démarches à faire:

- www.sous­surveillance.fr

www.arretsurimages.net