Le Lien, bus gratuit entre la gare, le Polygone, les allées Paul Riquet et la place de la Victoire a disparu en novembre, et fusionne avec la ligne 3, qui relie le centre-ville à la zone commerciale de la Ginieisse. Il transportait chaque jour 19 000 personnes. La compétence transports appartient à l'Agglomération.

Mais la mairie Ménard est encline à monter au créneau pour obtenir des sièges au Conseil d'Agglomération, et se dit solidaire des Biterrois, notamment des plus pauvres. Ainsi, à en croire l'article « Le lien et la ligne 3 évoluent » du Journal municipal d'octobre, la mairie est partie prenante de cette mesure, avec 3 arguments :
- des bus plus grands ;
- une ligne plus longue, qui permet aux étudiants de se rendre directement à la gare, sans la correspondance à De Gaulle entre le Lien et la ligne 3 ;
- la possibilité pour la police municipale de patrouiller dans ce bus.
Une fois encore, c'est bien la question sécuritaire qui, placée à la fin de l'article, est mise en avant.

L'article oublie que, à en croire Frédéric Lacas, Président de l'Agglomération, interviewé sur Radio Peinard Skyrock le 30 octobre 2014, la suppression du Lien est « une demande de la Ville de Béziers qui indique un dysfonctionnement sur cette ligne ». Frédéric Lacas évoque comme la mairie le problème de la correspondance, puis, quand le journaliste pose la question de la gratuité du service, l'invité parle des incivilités ! Et d'essayer de conclure : « C'est pas moi qui ai décidé, ce sont des utilisateurs, qui se sont plaint que le car était trop souvent trop plein ». Et d'ajouter, pêle-mêle des arguments imprécis :
- Le car est en délégation de service public, or cette ligne fait l'objet d'une renégociation entre l'agglomération et le délégataire.
- Le prix des bus dans l'agglomération est peu élevé.
- Les utilisateurs demandent une amélioration du service, et c'est ainsi que nous le faisons.
On apprend ensuite que les avis ont été recueillis par le biais d'une enquête commandée par les services de l'agglo... Dans quel but ?

Impossible donc de savoir vraiment ce qui a déclenché ce changement. La question de la fin de la gratuité reste taboue pour l'Agglo : dans « le magazine de l'agglomération Béziers Méditerranée » de novembre-décembre 2014, toute une page est consacrée à cette fusion de lignes. L'accent est mis sur : capacité, confort, fréquence et amplitude horaire, ainsi que sur le caractère direct de la ligne... pas la sécurité.

Sur le terrain, certains groupes d'usagers ont fait mine de ne pas monter dans le bus pour protester de la fin de la gratuité. Les horaires sont plus ou moins respectés : un bus s'arrêtant (et repartant illico !) à 9h23 alors qu'au poteau sont indiqués les horaires de 9h12 et 9h27. Même chose dans l'autre sens, 9h31 au lieu de 9h34...de quoi louper son bus ! Sur d'autres créneaux, le respect des horaires est... également aléatoire avec plus ou moins d'avance ou de retard. On peut ainsi se demander s'il est utile d'afficher des horaires aux arrêts pour un bus censé passer toutes les 15 minutes, ce qui n'est pas le cas en réalité. En outre, une erreur s'est glissée sur le plan de ligne, peut-être créé à la hâte : l'arrêt « grands magasins », sur les allées, n'est pas au niveau de l'intersection avec la rue du Quatre-Septembre mais bel et bien devant la pharmacie du Progrès. En revanche, en empruntant la ligne 3, on mesure le gain de temps généré par le fait de ne pas passer par la place De Gaulle.

Quel est cet amalgame fait entre gratuité d'une part et incivilités, sous-dimensionnement du service d'autre part ? N'est-ce pas le sous-dimensionnement qui fait que les usagers se bousculent, provoquant des incidents qui peuvent dégénérer ? Dans son interview, Lacas nous explique que ce qui est gratuit est en réalité payé par les impôts. Ce qui ne l'empêche pas de murmurer que « ça (Le Lien ou le nouveau service ?) coûte 30 000€ de plus. » Ainsi, aucun argument financier n'est présent !
Que faire ? Pourquoi ne pas prolonger le Lien (gratuit) jusqu'à l'Université, la Médiathèque et l'IUT, afin de faire gagner du temps et de l'argent aux étudiants allant prendre leur train, surtout connaissant leur niveau de revenu moyen ?