Depuis 8 ans, l'Association Biterroise Contre le Racisme a entrepris d'aider à la scolarisation des enfants roms qui, avec leurs familles, survivent dans des conditions de précarité extrêmes dans et autour de Béziers. Cette année, 32 enfants sont scolarisés en primaire et en collège et une jeune fille en lycée professionnel.

Les familles, qui ont compris l'importance de l'école, s'impliquent dans la scolarisation des enfants depuis plusieurs années... ce qui n'est pas facile, lorsqu'on vit dans la boue des campements ou des squats à la merci des expulsions musclées de la police. Mais sans l'aide de l'unique salariée de l'ABCR qui consacre tout son temps à cette tâche, la scolarisation ne pourra être maintenue, car pour scolariser les enfants il ne suffit pas qu'ils se présentent à l'école ; il faut les inscrire en mairie, les faire vacciner, les assurer, les inscrire à la cantine, assurer la relation des familles avec les enseignants...

Depuis presque 25 ans, l'ABCR fonctionne essentiellement grâce à l'activité militante et bénévole de ses membres. Cependant pour certaines actions, elle a besoin de subventions publiques. Or, en 2014, l'Etat, la Région et l'Agglo de Béziers ont diminué, voire supprimé leur soutien financier, ce qui s'est traduit par une diminution de ressources de 19 500 euros. C'est pourquoi, nous avons été contraints de suspendre la Semaine d'éducation contre le Racisme que nous organisions chaque année en mars et qui permettait, de concert avec le Ciné-Club, de proposer à des milliers d'élèves des films et des activités suscitant la réflexion sur les meilleures façons de vivre ensemble.

 

Les sommes qui nous manquent vont à terme obliger à licencier notre salariée si des solutions ne sont pas trouvées rapidement.

 

Certes Daniel Villanova, avec générosité, nous a offert la recette de son spectacle début novembre à Sortie Ouest, mais cela ne permettra de tenir que jusqu'à la fin de l'année.

L'ABCR n'est pas la seule victime de la politique d'austérité. Des milliers d'associations vont licencier. Il a été estimé à 40 000 le nombre de licenciements qui vont être causés par les suppressions de subventions publiques. Donc même si l'ancienne municipalité (Couderc/Aboud) avait tenté de s'opposer à la scolarisation des enfants roms, et avait d'ailleurs été rappelée à l'ordre par le Conseil d'Etat, ce n'est pas l'actuelle municipalité qui nous frappe, c'est le gouvernement austéritaire Hollande-Valls.