Dans la banlieue parisienne, des rebelles non violents font refleurir et cultivent des terres en friche coincées entre industrie, voirie, centres commerciaux et... agriculture intensive. Portraits des "green guerilleros"

Est-ce que le jardinage peut s'apparenter à une guerilla ? À cette question les "guerilleros gardeners" citoyens pacifiques, armés de houes et de fourches répondent oui.

En quête d'espaces en friche abandonnés par la société de consommation et la modernité, ils y plantent illégalement des fèves, des pommes de terre et des capucines. Ailleurs, à Montesson, dans les Yvelines, un groupe de combattants lutte contre l'urbanisation galopante. Ils ont transformé en Z.A.D (zone à défendre) un terrain en friche qui est censé devenir une extension d'un centre commercial. Avec ironie ils appellent ce terrain la Z.A.D "PATATES".

Ils se disent inspirés par Richard Reynolds, auteur Anglais et principal théoricien de ce type de guerilla urbaine (voir " la guerilla jardinière" édition Yves Michel 2010). On y apprend que la green guerilla à été lancée à New York dans les années 1970. Ses armes sont les tags en mousse naturelle et des bombes à graines (en fait des mottes de terre remplies de graines) qui sont lancées pour faire prospérer fleurs et légumineuses. Les Z.A.D "PATATES" mettent en œuvre la technique dite du trio amérindien qui associe maïs, haricots et courges.

À Massy, sur d'autres friches, il est planté des fraises, des oignons, du seigle, des fèves, des choux. Ces "green guerilleros" sont, eux, marqués par André Gorz, le fondateur de l'écosocialisme. D'autres, dans la même banlieue parisienne, se réfèrent à un philosophe Norvégien Arne Naes qui présentait, lui, le programme d'une "deep ecology" en 1973. Au final, et qui l'aurait cru, la banlieue parisienne est un fantastique terrain de découverte, habité par des petits hommes verts.