Les citoyens de grandes agglomérations, capitales nationales ou régionales, ont souvent choisi à d'écrasantes majorité (54 % à Valparaiso en octobre 2016) de faire confiance à des listes qui se réclament du municipalisme. Nous vous proposons dans cet article de décrire les lignes de forces d'un mouvement qui bouscule l'ordre établi.

Par Didier,

Le municipalisme fait directement écho à des expériences qui prolifèrent majoritairement dans l'espace international ibérique. Nous avons cité les grandes métropoles qui sont médiatiquement repérées mais il existe des centaines d'expériences similaires qui concernent des villes plus petites (comme Marinaleda) ou moyennes (comme Cadix).

 

Partout les luttes ont légitimé les candidats qui ont été choisis par leurs pairs.

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A l'origine de toutes ces expériences, une volonté d'articuler les modes de lutte nationaux (les Indignés en Espagne, le mouvement étudiant de 2011 au Chili) et les modes de luttes locaux.

Cette articulation se fait toutefois selon un prisme particulier au travers d'une horizontalité des prises de décisions qui rompent avec la verticalité des courants marxistes et sociaux-démocrates.

Cette horizontalité cultivée et pratiquée des années en amont des échéances électorales est, en quelque sorte, le chromosome du municipalisme. Elle prend bien sûr différentes formes suivant les problématiques locales : le logement à Barcelone, les impôts à Saragosse, la démocratie locale à Madrid, la reconstruction de la ville à Valparaiso. . .

Mais partout les citoyens ont totalement été associés aux luttes qui ont porté au pouvoir les listes municipales. Partout les luttes ont légitimé les candidats qui ont été choisis par leurs pairs. En aucun cas des dirigeants inconnus, membres de partis politiques, se sont substitués aux acteurs de terrain.

Les partis, quand ils adhèrent au mouvement, sont au service de celui-ci. Dans toutes ces villes, le municipalisme tente de penser un pouvoir local qui articule différentes formes de représentativité et de contrôle :

- Représentativité avec des formes de démocratie directe et participative qui nourrissent une sorte d'expérience collective.

- Contrôle avec des mandats impératifs ou délégatifs qui sont définis et testés en amont des élections.

 

Dans une ville de Béziers ravagée politiquement par la verticalité des appareils politiques en place, on commence quand ?

L'essentiel du changement réside dans l'abandon de la posture messianique de l'élu qui sait et qui fait à la place des citoyens. Ce changement de dynamique élu / citoyen est loin d'être anecdotique puisque de nombreuses listes de gauche fonctionnent sous la forme d'une délégation totale de responsabilité entre citoyens et élus. Délégations souvent entretenues au titre d'une meilleure connaissance, voire d'une spécialisation des dossiers.

A l'inverse dans le municipalisme, tout est pensé, dirigé, vers l'association des citoyens à la gestion de la cité. Ce qui change entre les différentes villes qui se réfèrent à cette expérience reste bien sûr le degré et les modes d'association des citoyens.

Le reproche majeur qui est fait au municipalisme est de relativiser le poids du national et de l'international par rapport au local. C'est en partie vrai mais cette donnée initiale tend à se reduire via l'association de ces expériences à des fronts plus larges. Cette association, avec Podemos en Espagne ou le Frente Amplio au Chili, n'est pas naturelle mais elle est de plus en plus recherchée et pratiquée.

Dans une ville de Béziers ravagée politiquement par la verticalité des appareils politiques en place, on commence quand ? Pour mémoire la prochaine élection municipale est en 2020.