Cette rubrique rend compte d'expériences alternatives qui rompent avec le dogme libéral et qui restent à des années lumières du dogme nationaliste et identitaire. Pour ce numéro d'EVAB, nous vous emmenons faire un tour en bus : pas un bus Macron, mais un bus dentaire qui procure des soins aux plus démunis. On the road again . . . now !

Par Didier,

Le bus social dentaire est un bus qui n'envisage pas de casser les prix et qui ne fait pas concurrence aux dentistes. Son utilité médicale et sociale, c'est de s'adresser aux plus démunis, ceux qui ne peuvent pas se payer des soins buccaux dentaires. Pour de plus en plus de précaires, les soins dentaires viennent après les dépenses obligatoires (logement, alimentation . . .). Souvent, trop souvent, il ne reste plus assez d'argent pour les soins en général et les soins dentaires en particulier.

 

Le bus est un excellent support tout à la fois mobile et médical, qui va traiter les problèmes là où ils existent.

Consciente de ce constat depuis plus de 20 ans, une association d'une trentaine de dentistes bénévoles a su créer un partenariat avec Médecins du Monde et des collectivités territoriales et Hôpitaux de la région parisienne. Depuis, le bus social dentaire est un arrêt incontournable pour de nombreux Franciliens qui, sans cet outil, n'auraient simplement plus accès aux soins.


Dans la pratique, le grand bus blanc est un cabinet dentaire mobile entièrement aménagé pour prodiguer des soins d'urgence et de qualité. Tous les soins sont gratuits, ils sont prodigués par une équipe composée :


- d'un (une) dentiste bénévole de permanence par roulements,
- d'un chauffeur,
- d'une assistante sociale et dentaire,
- d'une coordinatrice de projet qui organise les tournées.


Les usagers s'inscrivent sur une liste d'attente gérée par Médecins du Monde. Ils peuvent se faire soigner pour un abcès, une carie, un détartrage ou, en cas d'opérations difficiles, sont redirigés vers d'autres structures existantes. L'idée centrale, c'est d'éviter de gérer uniquement l'urgence et de réinscrire les usagers dans un parcours de soins que, pour la plupart, ils ont abandonné.

L'équipe du bus social dentaire est évidemment confrontée à une population qui ne parle pas français et qui dort dans la rue. Ils la prennent bien entendu en charge. Souvent, trop souvent, cette population ne connaît pas l'aide médicale d'état que le F.N veut lui supprimer. Elle y est pourtant éligible quand elle réside en France depuis plus de 3 mois. L'équipe du bus social dentaire explique aussi cela et aide à entamer des démarches administratives.
Les tournées ont lieu tous les vendredis. Il y a souvent des listes d'attente et pas toujours de la place le jour même.


Ce qui semble très adapté dans ces tournées, c'est l'idée d'aller soigner là où les usagers résident. Trop souvent, le manque d'accès aux moyens de locomotion enferme ces usagers dans leur précarité. Le bus est un excellent support tout à la fois mobile et médical, qui va traiter les problèmes là où ils existent.
Sur ce sujet aussi, une telle expérience ne pourra voir le jour sous la municipalité Ménard. Soigner gratuitement les précaires ne fait pas partie du programme de la reconquête nationale.