Le mode de lutte contre les déjections canines sur les trottoirs change : moins de prévention, plus de répression, mais pas plus d’écologie ! Dans le Journal de Béziers n°5, la municipalité annonce aux propriétaires de chiens que ceux qui ne ramassent pas les déjections de leur(s) bête(s) seront passibles d’une amende de 80€, contre 35€ auparavant : répressif. Elle annonce aussi qu’à partir du 19 janvier 2015, des paquets de 20 sacs pour déjections canines seront disponibles : un système qui semble nouveau, pratique , et préventif. Ah bon ?

Pratique ?

Il faut se rendre à l'espace Mission. CentreVille (Allées Paul Riquet) ou à la Caserne St­ Jacques pour s’inscrire, déclinant son identité, celle de son chien (n° de tatouage), et son domicile. Ensuite,chaque semaine (pas plus souvent), il faut y retourner pour chercher ... 20 sacs au maximum !Ce système n’est pas pratique pour les touristes ou personnes de passage, puisqu’il faut justifier d’un domicile à Béziers : autant dire qu’ils n’ont qu’à se... démerder ! Il ne l’est pas beaucoup plus pour ceux qui résident loin du centre­ ville, puisque les 2 points d’approvisionnement s'y trouvent,et qu’on ne peut pas s’y procurer un stock de sacs !

Nouveau ? Certainement pas !

Quand, à la Mission. CentreVille, j’évoque le fait que la plupart des villes françaises mettent des poteaux distributeurs de sacs répartis sur leur territoire, surprise : mon interlocutrice m’indique qu’un tel système existait (partie haute de la photo ci­-contre), mais que la municipalité actuelle a décidé d’y mettre fin (partie basse de la photo). Motif : des gens prenaient les sacs pour les utiliser comme sacs poubelle, et même, comme sacs de congélation ! Et cela coûtait cher ! Dans son Journal de Béziers n°5 (1), Ménard ne mentionne nullement qu’en réalité il supprime les 28 poteaux qui étaient répartis dans la ville !

 

crotte

 

Pourquoi une telle difficulté à venir à bout des crottes de chiens sur nos trottoirs ?

D’abord, comment la mairie a ­t ­elle bien pu savoir que les usagers utilisaient les sacs pour autrechose que leur fonction première ? Ne serait­ ce pas plutôt un prétexte fallacieux justifiant ce nouveau mode d’approvisionnement, dont le but serait de mettre en contact les propriétaires de chiens avec les documents de propagande municipale qui se trouvent dans les deux locaux ? Ensuite, pour être prête à congeler ses aliments dans des sacs à crottes de chien et lésiner sur l’achat de sacs poubelle, la population est sacrément pauvre : avec 33% de ménages vivant sous leseuil de pauvreté (977€/mois en 2011), Béziers est la 4ème ville de France métropolitaine pour son taux de pauvreté (2) ! Et si les Biterrois ont besoin d’autant de sacs poubelle, c’est sans doute parce qu’ils ne recyclent pas les déchets, faute de points prévus à cet effet à proximité (3) ? Lescontainers qui débordent au bout d’un jour en attestent ! Bien sûr, le sur­packaging alimentaire y est aussi pour quelque chose. Enfin, il convient de noter que posséder un chien n’est pas un besoin vital, alors est­ ce vraiment au contribuable de financer le ramassage des déjections ?

 

(1) Lien Journal de Béziers n°5

(2) Lien Le compas

(3) Parmi les villes dont la population est à 5000 habitants près la même qu'à Béziers (69359 habitants), le nombre moyen de points de recyclage par km2 est de 3,17, contre 1,14 pour Béziers. Sur 12 villes, seulement 4 font pire que Béziers. Les 11 autres villes, et leur nombre de points de recyclage par km2 : Villeneuve­d'Ascq (0,95), Colmar (0,72), St­Nazaire (1,94), Cannes (12,79), Courbevoie (4,32), Dunkerque (0,7), Bourges (0,35), Antibes (1,4), St­Maur ­des­ Fossés (5,42), Rueil­Malmaison (1,77), Champigny­sur­Marne (6,55).

Liens :

http://ourecycler.fr/point­collecte/34500/B%C3%A9ziers

http://www.toutes­les­villes.com/villes­population.html