Il est loin le temps des années 1990 ou le F.N essayait péniblement d'implanter un syndicat croupion dans la police. Ces derniers mois, les mobilisations de policiers ont repris à plein poumons les slogans de la maison mère. Avec 66 % de la profession qui pourrait voter Le Pen en 2017 aux présidentielles et aux législatives, la greffe du F.N dans la police est réussie.

Par Didier,

Dans les années 1990 le F.N tente de créer un syndicat croupion dans la police. Sans supercherie le parti du père appelle ce syndicat "F.N POLICE". En 1998 pourtant reconnu par J.L.Debré alors ministre de l'intérieur de J.Chirac il est invalidé par la cour de cassation car il diffusait une idéologie de parti politique.
Comme toujours avec l'extrême droite quand une structure est condamnée elle se reforme sous une autre appellation. Le syndicat croupion du F.N devient donc "France POLICE". Vous remarquerez que seul le N disparaît dans le nouveau nom, ce qui pose la question de la légalisation de la nouvelle appellation dans les années 2000.


Quelques années plus tard, dans une sorte de session de rattrapage, les fins limiers du ministère auraient pu être aidés par le fait que le secrétaire général de ce syndicat (Michel Thooris) était aussi le conseiller spécial de M. Le Pen aux élections présidentielles de 2012. Mais sans doute pensaient-ils que ce syndicat croupion qui ne faisait que 0,95 % aux élections professionnelles (dans une profession qui est syndiquée à 49 %) n'était pas un danger.


1VmanifcontrePourtant même avec 0,95 % de mise de fond un syndicat / parti qui distille ses idées nauséabondes depuis près de 30 ans peut rafler la mise.
C'est ce qui va se passer dans une alchimie qui en dit long sur les possibles mutations / adaptations du F.N.
Ce qui va faire bascule, c'est la culture du chiffre et les effectifs détruits par celui pour qui la profession avait massivement voté en 2012 : Sarko.
Ce qui va faire détonateur c'est l'utilisation continue de la profession : depuis les attentats contre Charlie Hebdo jusqu'à contrer / casser les mobilisations contre la loi travail.


L'agression contre deux policiers dans leur véhicule de service va totalement modifier le paysage politico syndical interne.
Des manifestations soi-disant spontanées et improvisées marquées par le rejet de tout l'establishment politique et syndical vont déferler tout l'automne dans les villes de France.


A Béziers, à quasiment dix reprises, les policiers se mêlent le soir ou la nuit à une population conquise à leurs revendications, dans des manifestations publiques qui regroupent jusqu'à 200 / 300 personnes.
Si, à Béziers, l'extrême droite et la droite extrême (le maire et le député) n'ont pas fait mystère de leur soutien aux policiers mobilisés, le F.N national s'est montré plus discret.
Officiellement via le numéro deux Florian Philippot le 18 octobre 2016 il affiche un soutien sans faille, mais il dit n'avoir aucun lien avec ce mouvement.
Il n'en est bien sûr rien.

In fine, après des mois de radicalisation 66 % des policiers s'apprêtent à voter pour la fille Le Pen aux prochaines élections présidentielles et législatives. C'est 20 % de plus qu'en 2012 !

Le porte-parole auto proclamé des manifestations policières au niveau national : Rodolphe Schwartz est bien militant au F.N : lors des dernières élections régionales il figurait sur la liste de Wallerand de Saint Just en Ile de France. A l'époque il n'était pas policier mais agent de sécurité dans une grande surface locale.


Les slogans entendus dans ces manifestations traduisent si besoin était la consanguinité avec le F.N : "Français réveille toi, tu es ici chez toi", "on est chez nous", "faites le ménage dans nos banlieues", " autorisation de la légitime défense", "stoppez le laxisme judiciaire".
In fine, après des mois de radicalisation 66 % des policiers s'apprêtent à voter pour la fille Le Pen aux prochaines élections présidentielles et législatives. C'est 20 % de plus qu'en 2012 !


Comme pour la question de l'interdiction du F.N dans la société civile, la question de l'interdiction de l'implantation de syndicats croupions est posée. On peut y rajouter l'aberration que le leader auto proclamé du mouvement de cet automne n'a pas été désigné comme militant manipulateur du F.N.
Face à un mouvement d'obédience factieuse et anti républicain le gouvernement Hollande/Valls avait l'occasion de démasquer l'anti républicanisme congénital du F.N. Il ne l'a pas fait.


Il ne l'a pas fait car il a utilisé cette police contre la mobilisation, contre la loi travail, allant même jusqu'à la manipuler lors de la "casse" de l'hôpital Necker, l'utiliser pour des tirs de grenades qui ont gravement blessé des militants, l'utiliser pour taper sur les lycéens, l'utiliser pour casser, fractionner, encercler les manifestations.


On ne peut pas défendre la république sociale quand comme Valls et Hollande on ne l'incarne pas et quand on la combat.
On ne peut pas protéger toute la population quand comme les Le Pen et assimilés on distille de la haine contre la moitié d'entre elle.
La greffe réussie du F.N dans la police pose la question de la défense des valeurs républicaines.


Ce n'est pas l'affichage de la fin janvier 2017 à Béziers qui vante la progression exponentielle en effectif d'une police municipale formée par les cadres du F.N venus d'Orange et de Bollène, ce n'est pas la volonté du maire de Béziers de créer une milice locale qui vont rassurer les biterrois sur l'utilisation de la police par l'extrême droite pour ses propres objectifs politiques.