Nous ne cessons de faire le constat de la dérive idéologique et autoritaire dangereuse du maire de Béziers, même ses anciennes colistières le disent! Dans une interview fracassante parue dans Midi Libre le 18 novembre dernier, Valérie Gonthier ex conseillère municipale donne les raisons de sa démission.

Par Didier

Nous y trouvons les explications d'une désenchantée du ménardisme et les éléments d'un constat presque partagé. Il était dès lors tentant d'imaginer un dialogue avec cette déçue du mi-mandat.
V.Gonthier : « J'ai choisi de rejoindre l'équipe de R.Ménard avant les élections municipales de 2014. Il s'agissait de mon premier engagement politique. J'ai été convaincue par son message de tout mettre en œuvre pour sauver une ville qui me tient à cœur. J'ai partagé et porté auprès des Biterrois les espoirs qu'a suscitésR.Ménard d'une ville où la population pourrait vivre en sécurité au quotidien et dont l'économie, dévastée par le chômage, allait reprendre toute sa vigueur ».

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On devine dans les propos de V.Gonthier le fond de commerce initial du maire et de l'extrême-droite sur la sécurité. À Béziers plus qu'ailleurs l'insécurité est avant tout sociale et économique. Il faut le dire et le répéter, nous vivons dans le troisième bassin économique le plus sinistré de France. Ne pas partir de cette évidence c'est refuser de voir les coupables au niveau macroéconomique et les chercher au niveau microsocial. L'autre attrape-mouche de R.Ménard était son supposé carnet d'adresses hérité de ses relations à Reporter sans Frontières et au Qatar. Ces relations devaient déverser sur la ville une manne financière providentielle. Cette manne financière personne ne l'a vue et ne la verra car elle n'existe pas. Le maire de Béziers a vendu du vent à ses administrés.

Aujourd'hui, j'ai pris la décison de démissionner

De ce point de vue, il est logique que Mme Gonthier comme de nombreux Biterrois se sentent trahis et regrettentleur choix initial.
V.Gonthier : « Aujourd'hui un peu plus de deux ans après mon élection, j'ai pris la décision en liberté et en conscience de démissionner. Cette décision est le fruit d'un triple constat :le premierrepose sur l'instauration d'un pouvoir personnel et l'incapacité à manager une équipe.J'ai très vite constaté que la dynamique que R.Ménard avait mise en place pendant la campagne devenait une concentration du pouvoir dans quelques mains et dans un cercle rapproché autour du maire dans lequel les élus avaient finalement peu de place. Avec par exemple le rôle joué par certaines personnes dont la femme de R.Ménard qui ne dispose d'aucun titre ou fonction officielle à la mairie, ce qui pose aujourd'hui de véritables questions sur le respect des choix des Biterrois. J'ai aussi été heurtée par le manque de respect et l'attitude dont fait preuve R.Ménard vis-à-vis des élus de sa majorité, au-delà de son cercle restreint. R.Ménard ne souffre pas que l'on puisse exprimer une opinion différente de la sienne, que l'on débatte et qu'on lui tienne tête. »
Sur la question de l'instauration d'un pouvoir personnel, le constat est totalement partagé avec Mme Gonthier. On peut même dire que R.Ménard est un récidiviste (Prise de pouvoir à Reporter sans Frontières, tentative de prise de pouvoir dans un pseudo centre de journalisme au Qatar) doublé d'un opportuniste. Comme opportuniste R.Ménard tente d'être au bon endroit au bon moment. La place de maire à prendre à Béziers c'était la possibilité de rebondir après une série d'échecs professionnels. De ce point de vue on pourrait s'amuser à dire que depuis qu'il est élu R.Ménard fait du trampoline pour décrocher d'autres pompons que celui de maire deBéziers. Ce qui relativise l'intérêt porté à « sa » ville. Particularité locale, ces pompons il tente de les décrocher pour lui et pour sa femme, ce qui fait effectivement de Mme Duverger une égérie.Pour ce qui est du manque de respect vis-à-vis des élus de sa majorité il y a eu les insultes adressées à M.Blazy, le jet de chaise contre M.Vassalo, les licenciements ou mises au placard ou départs de ses collaborateurs. A ce niveau ce n'est plus du manque de respect, ça ressemble à de la pathologie. Pour ce qui la concerne, en tant qu'ex élue en charge des relations avec les associations Mme Gonthier doit savoir de quoi elle parle puisqu'elle a été en première ligne sur toutes les attaques menées par le maire concernant les associations : Arc en ciel, Cultures solidaires, Esprit libre, l'A.B.C.R ...

Un dysfonctionnement inquiétant des services municipaux

V.Gonthier : « Le deuxième constat réside dans un dysfonctionnement inquiétant des services municipaux. Absence d'un directeur général des services depuis près d'un an, départ de la responsable du service communication, démission fracassante du directeur de cabinet, éviction d'un autre membre du cabinet, réorganisation incessante des services sous la houlette d'une DGS par intérim... L'ensemble du personnel municipal souffre et les congés maladie se multiplient. »
Là aussi constat partagé avec Mme Gonthier, il suffit de lire dans ce numéro l'interview d'Yvan Vialettes,délégué syndical CGT des municipaux de Béziers pour se rendre compte que le service municipal est un service en souffrance victime du « fonctionnaire bashing » de son employeur. Sur l'impossibilité à stabiliser des postes, un organigramme, il faut se rendre à l'évidence R.Ménard ne fait confiance à personne. C'est le syndrome du caporal qui se vit entouré de nuls et qui traite ses subalternes comme tels. Dans la fuite en avant qui s'annonce, il est à prévoir que d'autres prises de distances entraîneront d'autres oukases, d'autres colères, d'autres vindictes. Face à cela nous savons par anticipation que les élus restants de la majorité municipale seront soit obligés de se soumettre, soit obligés de se démettre. D'ici la fin de la mandature la majorité municipale dirigée par R.Ménard sera en aussi piteux état que les services municipaux. Tout simplement parce qu'il est le patron des deux, et qu'il se comporte de la même manière vis-à-vis de ceux qu'il considère comme « sa propriété ». R.Ménard croit ne faire qu'un avec Béziers dans une sorte de tout uniforme, au début c'était son problème, il ne faut pas que ça devienne le problème de tous les Biterrois.
V.Gonthier : « Le troisième constat dénonce une dérive idéologique dangereuse éloignée des intérêts de Béziers et des Biterrois. Je n'ai pas rejoint R.Ménard pour libérer la parole et offrir avec les impôts des Biterrois des tribunes à tous les théoriciens sulfureux de la droite extrême, réactionnaires, royalistes et j'en passe. Pour moi, les impôts des Biterrois doivent servir à créer de l'emploi et non à lancer des croisades. »
Ce troisième constat est largement partagé par de nombreux Biterrois. Nous sommes nombreux à nous poser les mêmes questions :
- Qui paye la venue des libérateurs ?
- La résidence (le déplacement le gite et le couvert) est-elle offerte par la municipalité ?
- Sur quel budget ?
- Quel coût pour la location des salles, l'utilisation du personnel municipal, les petits fours ?
- La vente de livres à ces occasions est-elle légale ?
On pourrait rajouter que question croisade la dernière subie en 1210 par la ville était déjà menée au nom de la chrétienté et qu'elle a laissé la ville détruite, pillée, à feu et à sang.
Pour éviter d'être embarqué dans la croisade du maire de Béziers contre tout ce qui n'est pas lui. Pour éviter d'être entraîné dans une fuite en avant avec pour seule boussole la bêtise, la peur, la haine, la différence. Merci de votre prise de position publique, Mme Gonthier, il était bon de la lire et de l'entendre.