Nous sommes arrivés au mi-mandat de Ménard, et il est peut-être temps de s'éloigner de son activisme propagandiste, de ses sorties médiatiques, de son coûteux budget de communication (« son » JDB, ses multiples campagnes d'affiches, ses invités qui distillent tous la même parole « libérée » (?)...) et d'analyser certaines de ses initiatives qui illustrent bien son orientation antisociale.

Par Jean-François Gaudoneix,

Dès avril 2015, sous prétexte d'une déclaration dans la presse du président de l'association « Arc en Ciel », jugée « politique », Ménard décide de couper les subventions à cette association qui travaillait dans le quartier sensible de La Devèze. Privé des 44 000€ de la ville de Béziers, le centre social a dû fermer... privant toute une population plutôt défavorisée d'activités éducatives et culturelles.

Mais « Arc en Ciel » n'est qu'une des initiatives antisociales de la mairie de Béziers. Le centre communal d'action sociale (CCAS) a vu sa subvention diminuer de 365 000€ !
L'épicerie sociale dépendant du CCAS a réduit ses services en éliminant de nombreux ayants droit.
Une autre épicerie sociale située en centre ville a dû déménager sous la pression de la municipalité.
Cette politique anti-pauvres, Ménard l'avait annoncée :

Je viderai le centre ville des pauvres, des maghrébins et des gitans 

Une autre décision à l'encontre des chômeurs a été de refuser leurs enfants à l'étude du matin dans les écoles primaires de la ville : l'accès à ce service est réservé aux seuls enfants dont les deux parents travaillent...

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Pour poursuivre sa politique anti-pauvres, anti-étrangers, Ménard s'en est pris à une association, l'ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme). Cela a commencé par la suppression de sa boîte aux lettres à la maison de la Vie Associative, puis le refus d'y prêter à l'association une salle de réunion et enfin, en décembre 2015, Ménard annonce sa décision d'expulser l'ABCR de la MVA, « tout simplement parce que ces gens violent la loi et font du mal à notre ville comme à notre pays ». Apporter une aide administrative à des personnes en difficulté est mal, illégal, pour le bonhomme !
Lors de l'extension du Centre d'Accueil de Demandeurs d'Asile (CADA) de la CIMADE, de 40 places - soit 0.05% de la population biterroise - Ménard a mené une campagne odieuse et honteuse. Ne pouvant rien faire, il a donc décidé de s'en prendre au CADA de l'Oasis, dont il est président : il exige son déménagement ! Il a même refusé une possible implantation du CADA à Colombiers, sous prétexte que c'était trop près de Béziers. Cet homme a de la haine contre ces populations en grande difficulté.
Toujours dans le domaine social, Ménard s'en prend à la Bourse du Travail, cette maison des syndicats, appelée aussi « Maison du Peuple ». Depuis toujours, ces locaux municipaux étaient entretenus par la ville. Maintenant, Ménard ne veut plus payer les frais d'accueil, de ménage, de chauffage, d'eau et d'électricité. Il met ainsi en difficulté les organisations syndicales dont le but est la défense des travailleurs.
Les employés municipaux de la mairie de Béziers ont pu très vite mesurer la fibre sociale de Ménard, lors de son discours de septembre 2014 dans la salle Zinga Zanga. Et la suite a montré combien ce personnel est mis à mal. Récemment deux manifestations des agents municipaux expriment leur mécontentement. Un élu de l'opposition soulignait lors d'un conseil municipal combien le nombre d'arrêts maladie avait explosé, signe d'un mal-être évident au travail. Mal-être que l'on retrouve parmi les cadres municipaux avec leurs démissions en cascade... jusqu'à des conseillers municipaux de la liste Ménard qui abandonnent...
Ménard s'attaque aussi à la culture, en décidant de supprimer la subvention au Centre Interrégional de Documentation Occitane : 200 000€ qui feront défaut à sa jeune équipe.
Pour terminer ce tour d'horizon des décisions de Ménard, d'autres associations aussi ont du souci à se faire. On apprend que la MVA va devenir un Espace Municipal d'Animation (EMA), que la municipalité y met en place un tarif de location des boîtes aux lettres et des locaux. De plus, elle fait désormais payer aux associations et structures politiques le prêt des espaces publics (la Plantade par exemple en septembre), du matériel municipal...
Il y a dans tout cela une logique. Rappelons-nous comment Ménard parle du vivre ensemble, et nous comprendrons alors ce rejet du social, de la solidarité, de l'associatif.
Pour lui, c'est tantôt : « Le vivre ensemble c'est une invention », tantôt, « Le vivre ensemble est une espèce de rite vaudou ».
Ce mépris n'est pas digne d'un élu qui a en charge de fait, le vivre ensemble de ses administrés. De tous ses administrés.