Dans un de nos articles précédents, nous pointions les chiffres vrais d'un Béziers en déshérence économique et sociale. Robert Ménard dans son créneau propagandiste essaie de camoufler cette réalité acerbe, soit en occultant volontairement des faits, soit en les maquillant de sorte que la situation lui soit favorable.

Par DGRojoyVerde,

Il en va ainsi en particulier de tout ce qui touche à la réalité de notre bassin d'emploi, et des dessous électoralistes peu reluisants sur les ventes du foncier biterrois.

Notons au préalable que Robert Ménard a eu beau jeu de dénoncer le fonctionnement de la SEBLI (société mixte d'exploitation en charge du foncier de l'Agglo Béziers-Méditerranée) quand il n'en a, à aucun moment, modifié les règles pour introduire de la transparence citoyenne.

Notons encore que notre Maire s'est bien gardé de prendre à partie la Loi Travail, la Loi Santé, le CICE ou la Loi Macron.

Non, notre Maire a une conception très poujadiste et corporatiste de l'Économie.

Il vend les biens fonciers au plus offrant sans aucun discernement.

Il vient ainsi de favoriser une OPA immobilière du tout privé lucratif sur l'Acropole, poumon historique et touristique de Béziers. Il a vendu au très monopoliste Angelotti le parking attenant à la Poste de l'avenue Clémenceau : l'argent de la vente ira au groupe VINCI (pour payer les dédommagements dus à la fin de l'exploitation du parking avant échéance de la délégation), le même groupe pointé par la Cour des Comptes pour sa tarification désavantageuse pour les usagers des concessions autoroutières.

Robert Ménard a choisi d'écarter des enseignes importantes de Béziers comme Orchestra de Pierre Mestre au seul motif que celui-ci ruinerait davantage le centre ville, alors qu'il venait avec un projet incluant 300 emplois, une base logistique sur un terrain déjà existant, en l'occurrence la zone de Mercorent et un apport de 500 000 euros pour quatre commerçants du centre ville. Pierre Mestre s'en est allé devant l'attitude outrancière et méprisante de notre premier édile se fichant réellement des chiffres écrasants du chômage sur Béziers. Pour rappel : en 2013 13,7% parmi les actifs, 21,9% chez les 15-64 ans et plus de 16% chez les 25-54 ans.

Robert Ménard n'en a cure. Il flatte les commerçants du centre ville mais leur fait un enfant dans le dos en autorisant le rachat des Galeries Lafayette par un consortium privé dont fait partie l'exploitant du Polygone, ou comment introduire le poison jusque dans le cœur de la Cité.

Enfin, il se vante d'être préoccupé par le sort de nos anciens quant il perd 15 lits dont les crédits avaient initialement étaient accordés par l'Agence Régionale de Santé (ARS) et le Conseil départemental. En effet, au départ 75 lits avaient été octroyés à Béziers mais devant les reculs incessants du Maire à prendre en charge le dossier, ce chiffre est tombé à 60. Et encore, Robert Ménard n'a autorisé la construction d'une troisième maison de retraite qu'en dernière instance. Il le confie tout entier au privé, comme c'est devenu son habitude. La construction a été décidée sur un bout de terrain restant en face du Polygone, avec comme perspective de vue tout autour du béton, une voie de grande circulation, des voies de chemin de fer, aucun espace vert, du bruit et un établissement complètement inadapté puisque sur quatre étages, quand on sait que le très grand âge s'accompagne de mobilité réduite ou de dépendance totale de personnes grabataires. Dans ce dossier, bien des choses ont été occultées comme le fait que Villeneuve-les-Béziers, par l'intermédiaire de son centre communal d'action sociale gérant une maison de retraite de faible capacité et vétuste, proposait une solution de mutualisation qui a été refusée par la Mairie de Béziers.

En effet, Les Jardins du Canalet se démènent depuis des années pour continuer à exister malgré une gestion calamiteuse. Une équipe a été nommée pour remonter la maison et lorsque l'ARS a octroyé 75 lits à Béziers, l'équipe municipale de Villeneuve-les-Béziers a entrevu l'opportunité de sauver des emplois, garder les résidents près des leurs et de leur ancien cadre de vie tout en montant un dossier solide pour un fonctionnement pérenne. Ainsi, Villeneuve mettait à disposition un terrain large avec des possibilités de beaux espaces verts, ils avaient trouvé l'architecte et le constructeur. La maison de retraite aurait été faite de plain pied et pouvait accueillir entre 110 et 120 résidents, au-delà de l'effet de seuil placé à 62. Cela permettait, avec les crédits alloués par l'ARS et le Département, de parvenir à un auto fonctionnement en payant la location de l'établissement au constructeur, une location avec un bail préférentiel. Cette proposition est arrivée sur le bureau du Maire qui l'a repoussée en tergiversant.Au final, Villeneuve, qui a procédé à une rallonge budgétaire de 400 000 euros pour que les Jardins du Canalet puissent continuer à exister comme tels, doit batailler avec les services d'accréditation de l'ARS pour ne pas perdre d'autres subsides et éviter que l'établissement, avec personnel et patients, déménage à Castelnaudary !

Voilà où mène le poujadisme de Robert Ménard et sa vision à très court terme.

Dernier fait, de sources non publiques et officieuses, et qui est cohérent avec la vision obsolète du Maire de Béziers. Pendant la campagne municipale, un investisseur français fait la proposition d'ouvrir trois franchises Burger King sur Béziers, avec la création de trente emplois en Contrat à durée indéterminé-CDI  (pour mémoire les chaînes de fast-food sont celles employant le plus de salariés en CDI car ils ne sont pas soumis aux primes de précarité, les personnels quittent à plus ou moins court terme d'eux-mêmes leur emploi). Il demande une entrevue avec le candidat-futur Maire. Celui-ci lui signifie une fin de non recevoir arguant qu'il ne tient pas à ce que s'ouvrent plus de restaurants « halal ». Force est de constater que cet argument est fumeux. Des snacks ont continué à ouvrir, cela contrevient à la liberté d'installation et enfin pour des raisons d'idéologie pure, trente emplois n'ont pas vu le jour sur Béziers.

Que Robert Ménard soit courroucé par cette litanie de faits, il restera qu'il n'a absolument aucune envie de redresser cette ville, quelque soit ce que l'on puisse penser des emplois imaginés par le PDG d'Orchestra ou ceux en fast-food. Gageons que les Jardins du Canalet sauront convaincre les technocrates de l'ARS, sinon des familles de résidents et de soignants devront réorganiser leur vie sociale du seul fait du Caudillo et de son obsession de plaire et de flatter ceux qu'il reconnaît adhérer à ces belles valeurs, et ceci même au détriment de la plus élémentaire logique économique et sociale.

C'est aussi un aperçu pour ceux qui sont tentés de penser que le marinisme pourrait créer et sauver des emplois. Non, il n'en est rien. Leur vision est trop obtuse, ils préfèrent l'idéologie absurde plutôt que la raison sociale.