Après les associations, les droits de l'hommistes, l'opposition de droite et de gauche, les employés municipaux, les ex soutiens politiques . . . le clergé, nouvelle cible de R. Ménard ?

Par Didier

Dans une sorte de fuite en avant où se mêlent violence et pathologie, le maire de Béziers tire sur tout ce qui bouge. Ces derniers jours les cibles de cette nouvelle attaque sont ceux qu'il accuse, ni plus ni moins, de gauchisme : l'Archiprêtre et le Pape.L'Archiprêtre a répondu dans le Midi libre du 16 décembre au grand ayatollah biterrois qui édicte ses fatwas depuis l'Hôtel de Ville de Béziers. Cette réponse méritait un autre dialogue imaginé, tant elle pose la question de la différence.

Le père L. Jourdan pour ceux qui ne le connaissent pas est l'ancien Archiprêtre de Béziers. Il a été nommé à Montpellier en septembre 2015 suite à sa prise de position sur la messe de la Féria en août 2014. Pour mémoire il avait alors critiqué le choix du maire d'organiser une messe dans les arènes en pleine féria. Pour l'expatrié de Montpellier les choses auraient pu s'en tenir là, mais ce n'est pas connaître R. Ménard et sa rancune maladive. Dans un « Abécédaire de la France qui ne veut pas mourir », il règle, plus de deux ans après, ses comptes avec l'Archiprêtre. L. Jourdan se retrouve accusé : d'être hostile politiquement, d'être de gauche, de saborder la messe dominicale. À la lecture de ces pages qui suintent la haine et le vitriol, le père Jourdan a lui aussi pris sa plume, pas la même !

Je retrouve ce drôle de paroissien dans sa stratégie victimaire


L. Jourdan : « Je retrouve ce drôle de paroissien dans sa stratégie victimaire habituelle : tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui sont contre lui. Il a du mal à accepter qu'un prêtre ne soit pas inféodé à sa personne et encore moins à sa politique d'instrumentalisation systématique de la religion . . . »
Constat partagé, les exemples abondent des crises à répétition du maire contre tout ce qui n'est pas lui. La violence, verbale et physique, qui ponctue ses prises de position n'organise pas le vivre ensemble dans sa commune. Pour celui qui aspire à devenir le champion du monde de la chrétienté, cette violence devrait poser problème. Ce n'est pas le cas ! Sur le fond idéologique, R. Ménard rejoint la fraction la plus droitière du clergé, celle qu'il fréquente avec son épouse : l'Opus Dei.

La séparation de l'Eglise et de l'Etat, de la paroisse et de la mairie, est la garantie d'une parole libre

L. Jourdan : « La séparation de l'Église et de l'État, de la paroisse et de la mairie, est la garantie d'une parole libre du clergé pour annoncer l'Évangile. La mission d'un prêtre n'est pas de rouler pour la droite ou pour la gauche, mais d'annoncer les exigences de l'Évangile sans se soucier des sondages d'opinion . . . »
D'accord sur la séparation de l'Église et de l'État, de la paroisse et de la mairie. Affirmer cette séparation c'est œuvrer pour une coexistence respectueuse des différences. Chercher à instituer un culte d'état c'est rejeter ou minorer les autres cultes, mais aussi et par extension rejeter ou minorer toutes les autres croyances. En s'attaquant à la séparation de l'Église et de l'État R. Ménard indique sa direction, c'est celle du totalitarisme !
L. Jourdan : « Monsieur le maire se permet de porter un jugement négatif sur les prêtres de sa génération. Personnellement, cela ne me concerne pas puisque j'étais à l'école primaire et au collège dans ces années-là. Il porte une vision politicienne, polémique et idéologique de l'Église. Pour moi, l'Église c'est la famille spirituelle des catholiques. On apprend à y vivre en son sein avec nos diversités, nos opinions idéologiques différentes, nos engagements. C'est un peu comme dans nos familles naturelles . . . »
Quand R. Ménard parle des années 1970, sa mémoire se brouille. Il oublie qu'il fréquentait les prêtres de gauche, qu'il était un militant d'extrême gauche surnommé « djellaba » parce qu'il portait en permanence ce vêtement dans les manifestations auxquelles il participait, les manifestations contre la droite extrême et l'extrême-droite qu'il idolâtre aujourd'hui. Il y a quelque chose de pathétique à brûler aujourd'hui, ce que l'on a aimé hier. R. Ménard tente de se faire passer pour un martien qui serait venu d'une autre planète en 2014 à Béziers. C'est faire l'impasse sur tous ceux qui l'ont connu dans son autre vie. Une vie différente, cette différence qu'il exècre aujourd'hui.

L. Jourdan : « J'encourage les croyants engagés auprès du maire à ne pas succomber à la tentation d'être un facteur de division de la communion croyante à Béziers. Le message de l'Église vaut mieux que les ambitions politiques d'un homme. Servir l'Évangile et non pas se servir de l'Évangile, c'est l'éthique des croyants. Sur les questions religieuses il vaut mieux faire confiance au curé qu'au maire ! »

Servir et ne pas se servir, ça devrait aussi être l'éthique d'un homme politique. Visiblement R. Ménard est étranger à cette éthique. Il s'est servi d'une radio libre pour créer Reporter Sans Frontière, pour accéder à sa présidence, pour se faire un nom et une rente. Il s'est servi de Béziers et du Front National comme d'un tremplin pour sa carrière. Il se sert de l'Église pour une croisade idéologique. Il se sert des Biterrois pour passer sur les plateaux télés et pour vendre des livres. Cumulée dans le temps et sur différents sujets, cette propension à se servir commence à inquiéter et c'est tant mieux !