De Gaulle, en 1961, redoutait que « si, par malheur, nous laissions le tracassin, le tumulte, l'incohérence que l'on connaît, s'emparer de nos affaires », ce soit « l'abaissement... »

Par Khan Did,

Toujours prompt à souffler sa haine, notre nain Tracassin biterrois, cher Rumpelstilzchen du folklore allemand, a dégainé ses puantes affiches niant toute vraisemblance, et désignant -c'est sa spécialité- les hordes ennemies de la France.
« Ils arrivent dans notre (mon ?) centre-ville... »

Puis il a jugé plus prudent -compte tenu de l'importance du dérapage- de les faire enlever, les remplaçant par une Marianne bâillonnée à laquelle le vaillant héros allait « libérer la parole », comme il sait si bien le faire, par un référendum municipal. Rappelons qu'il avait déclaré en 2015 qu'il avait renoncé à sa promesse de campagne de consultation des Biterrois par référendum sur des sujets qui en relèvent parce que c'était « trop coûteux ».

La gravité du sujet méritait sans doute qu'on sacrifie encore notre argent à un caprice de plus, mais le problème initial ne relevait pas de ses attributions. Notre argent qui part en une communication dont nous apprécions tous la hauteur et la pertinence, en procès : 47 actuellement en cours, dont un recours en Conseil d'État contre cette malheureuse ABCR qui pallie les manques au devoir municipal de scolariser les enfants résidant sur le territoire de la ville, même avec un titre de séjour, dans les conditions que l'on sait pour les Roms. Sans parler du quasi-doublement des effectifs et de l'armement de la police dont on sait qu'elle a transformé le Chicago qu'était Béziers avant 2014.
Le sujet causal ? « On a imposé dans MA ville sans même m'en avertir 40 places supplémentaires pour le CADA de la Cimade » Ciel ! Le CADA (Centre d'accueil de demandeurs d'asile) de la Cimade étant surchargé, une extension dans un nouveau bâtiment permettra d'accueillir dans des conditions parfaitement légales les dits demandeurs. Oh, comme c'est ballot, nous avons signé la Convention de Genève qui oblige à cette démarche. Informons Tracassin sans délai !

Roulé dans la farine impitoyablement et sans bavure par le très gauchiste Alain Juppé lorsqu'il a évoqué ce scandale dans une émission télévisée, Tracassin a une fois de plus fait honneur à notre ville, pardon, à SA ville.

Peut-être pourrait-on porter à sa connaissance que les réfugiés demandeurs d'asile viennent d'Alep martyrisée interminablement, d'Afghanistan en guerre depuis 30 ans, de Somalie et d'Erythrée en proie à la famine climatique et à des dictatures implacables. Vite ! Et lui rappeler, lui qui expose en mairie une crèche de la nativité que, d'après Matthieu, ses parents et Jésus nourrisson auraient été obligés de fuir les massacres pour se rendre en Egypte. Fuir les massacres ? Ces gens étaient des clandos eux aussi, et les arabes ne les ont pas déclarés indésirables...

Et puis, quand on va en grande pompe chaque dimanche honorer ce même Jésus, on pourrait se rappeler que sa parole n'était pas celle de l'exclusion, la peur et la haine, c'est du moins ce que l'on dit dans les catéchismes. On ne peut croire que Tracassin l'ait déjà oublié...

Tout faux, tout méchant, Rumpelstilzchen.