Dans cette ville livrée aux affres de notre communicant en chef, j'ai nommé el pequeno caudillo Robert Ménardo, nous sommes exposés par une propagande d'un autre âge à une longue litanie de chiffres tous plus incertains et sujets à caution les uns que les autres.

par DGRojoyVerde,

Dans cette ville livrée aux affres de notre communicant en chef, j'ai nommé el pequeno caudillo Robert Ménardo, nous sommes exposés par une propagande d'un autre âge à une longue litanie de chiffres tous plus incertains et sujets à caution les uns que les autres.

Dans cette avalanche de chiffres il y en a certains dont notre premier édile ne parle jamais.

Ce sont ceux de l'INSEE, pour Institut national de la statistique et des études économiques, qui donnent un panorama non exhaustif de la réalité biterroise en 2013 pour l'essentiel, c'est-à-dire un an avant la victoire électorale de Monsieur le Maire.

Voyons ce qu'ils nous disent :

Un premier point très noir, ce sont ceux du chômage couplés au niveau de pauvreté et d'éducation des actifs.

L'INSEE nous donne plusieurs indications précieuses à ces propos. Tout d'abord le chiffre brut du chômage qui est de 13,7% parmi les actifs, sensiblement plus élevés que la moyenne nationale qui se situe autour de 10% environ. Ce chiffre n'est pas à lui seul suffisant et en affinant davantage, on constate que pour la tranche des 15-64 ans il est de 21,9% avec un taux de 16% pour les 15-54ans, la tranche la plus active. Ces chiffres sont à affiner encore et si on regarde du côté des femmes, elles représentent près de la moitié des chômeurs et lorsqu'elles sont salariées, 35% d'entre elles occupent des temps partiels. Nous avons bien une situation critique quant à l'emploi des jeunes et des femmes sur le secteur biterrois, qui compte des familles monoparentales avec des femmes seules en grand nombre et en grande précarité.

La précarité et la pauvreté, particulièrement des jeunes en manque de qualification, est l'autre point noir de Béziers.

En effet, à Béziers en 2013, 32% de la population est en dessous du seuil de pauvreté. Chez les moins de 30 ans ce taux s'élève à 50% ! Seuls 40,1% des ménages sont imposables avec une forte pression fiscale due aux trois mandatures précédentes de Raymond Couderc, également associées à celles de Georges Fontès et Alain Barrau qui ont inauguré de grands travaux particulièrement onéreux avec le pont de l'Occitanie (prémonitoire) et surtout le Stade de la Méditerranée à la charge des contribuables biterrois pour des résultats plus que mitigés.

Béziers est la 9ème commune la plus pauvre de France d'après le dernier rapport très complet de l'étude Compas commandé par l'INSEE (Un nouveau regard sur la pauvreté et les inégalités en France, INSEE juin 2015) et souligné par l'Observatoire des inégalités et le Centre d'observation de la société, Béziers se classant même 4ème ville la plus pauvre parmi les 230 grandes aires urbaines françaises.

Notons encore que le manque d'emplois et la pauvreté sont en corrélation avec un chiffre désastreux, celui du manque de qualification des actifs et notamment des jeunes.

Ainsi, 60% d'entre eux n'ont aucun diplôme ou juste un niveau CAP-BEP ! C'est très élevé et aberrant dans un désert économique comme celui du Biterrois.
Toutes ces données font peser un lourd poids sur la question des inégalités et on retrouve un chiffre très alarmant, celui des pauvres parmi les locataires et les propriétaires. Là où les propriétaires sont relativement épargnés avec environ 12% de pauvres, notamment des personnes âgées seules, propriétaires certes mais vivant de la redistribution par le minimum vieillesse notamment, les locataires représentent 50% des ménages pauvres de la ville.
Enfin deux chiffres qui en disent long aussi, à la fois sur l'accessibilité des actifs à un emploi et une formation et sur l'offre économique anémique de Béziers. Nous comptons 26% de majeurs ne disposant pas d'un véhicule personnel quand la moyenne nationale oscille entre 16% et 19% et le taux de vacances commerciales est de 24,4%, le plus élevé de France.

Certes, me direz-vous, notre caudillo local n'est pas responsable et en capacité à lui seul de répondre à ces données. Oui, objectons alors que pas une seule fois ces chiffres n'ont figuré à l'aune de ses préoccupations, trop occupé qu'il est à vilipender justement le pauvre dont il ne s'occupe nullement, l'Arabe et le Gitan qui lui déplaisent tout autant.

Monsieur le Maire, nous attendons que vous nous parliez de cette réalité biterroise et que vous vous en saisissiez car il est fort à parier que lors des prochaines élections, d'autres données seront disponibles auprès de l'INSEE et là Monsieur le Maire, vous serez comptable comme tous les autres acteurs des collectivités territoriales en charge de ce bassin de population, du résultat de votre passion pour les chiffres mais sûrement pas pour les bons.