En juillet, nous avons pris connaissance, d'une part de l'attribution à Suez de la gestion de l'eau dans l'agglo et, d'autre part, des gesticulations du maire de Béziers sur cette attribution.

Par Jean-François Gaudoneix,


Il faut dire qu'après les articles du Midi Libre des 23 et 24 juillet, qui ne nous donnent même pas les résultats du vote sur le choix du délégataire, nous avons eu droit dans Midi Libre à deux grandes pages de PUBLICITE du président de l'agglo pour vanter le choix de Suez. Comme si un élu devait passer par la publicité pour expliquer aux citoyens le choix de l'agglo ! Espérons que ce n'est pas avec nos impôts qu'ont été payées ces pages de pub !


Et puis dans le Journal De Béziers n°39, ce sont 9 pages consacrées à cette délégation de l'eau. Ou plutôt, 9 pages consacrées à batailler contre le président de l'agglo. Et toujours dans un style vulgaire, agressif, tape à l'œil, qui nous éloigne du vrai débat démocratique.


Fait aussi curieux : c'est le vote à bulletin secret qui a été choisi. Quelle signification donner à ce choix ? Les citoyens ne savent donc pas ce que leurs élus ont voté ! Belle illustration de transparence ! Et c'est M. Ménard qui fut demandeur d'un tel vote, lui qui dénonçait le manque de transparence dans les débats !


Depuis le début du transfert de compétence de la gestion de l'eau à l'agglo, le Collectif d'Animation pour une Régie Publique de l'Eau (CARPE), a défendu une gestion publique de l'eau, qui ne serait pas source de profit pour une quelconque multinationale. Notre voix n'a pu être entendue, étouffée par l'agglo qui n'a jamais voulu se pencher sérieusement sur cette option. Elle était dès le premier audit, la solution la moins chère. Dès le début, M. Lacas, président de la Communauté d'agglomération, a annoncé qu'il demandait une baisse de 30% du prix de l'eau, chose facile à demander quand l'eau à Béziers était une des plus chères de France... Dès le début, le CARPE prédisait que Suez serait l'heureux gagnant : ce qui a offusqué un maire qui nous a dit : « Je ne vous permets pas de dire que c'est Suez qui remportera la délégation ! » Maintenant, on peut le dire... c'est fait.


Oui, la gestion de l'eau est juteuse, les sommes en jeu sont énormes et les grands groupes se disputent les contrats. Lors du conseil de l'agglo, alors que M. Lacas vantait les 30% de baisse du prix de l'eau, un élu imaginait « les choux gras qui ont dû être réalisés jusqu'à aujourd'hui ». Rappelons aussi, qu'à Montpellier, Veolia proposait une baisse de 50% du prix de l'eau. Ce qui n'a pas empêché Montpellier de choisir la régie publique...


Peu d'élus - un seul, Aimé Couquet a pris position pour la régie publique - peu de médias développent le fait que l'eau devrait être un bien commun et non pas une source de profit pour de grands groupes et leurs actionnaires.


Une régie publique de l'eau gèrerait sérieusement la ressource de ce bien si précieux surtout dans notre région et ferait payer le juste prix de l'eau. Mais les multinationales de l'eau (Suez, Veolia, la Saur) qui ont déjà perdu la gestion de l'eau dans une centaine de villes en France (dont Paris) ne veulent pas en entendre parler. Et à Béziers, tout le débat s'est résumé en une confrontation de personnes : M. Lacas contre M. Ménard. Chacun ayant ses propres moyens de communication. Ajoutons à cela, le lobbying que savent faire ces multinationales pour remporter les juteux contrats. Les citoyens, dont M. Lacas et M. Ménard se réclament, avaient peu de chances d'être informés sur cette autre gestion, plus juste et sans profit.


Oui, c'est un grand cirque auquel nous avons eu droit. Mais la chose ne choque plus, nous sommes dans une économie de marché où tout se vend. Et peut-être qu'un jour nous aurons des compteurs à air. Après l'eau... pourquoi pas... Le dessinateur de BD Cardon l'a déjà imaginé...