Dans cette énième séquence temporelle où les caciques des grands partis politiques appellent au rassemblement derrière un seul, où l'Union est sacrée et l'unité nationale et syndicale, essayons de comprendre ce qui unit et différencie ces termes si galvaudés.

par DGRojoyVerde

Et observons en ces temps de rémanence religieuse, ce qu'un troisième terme a de plus pour parler du culte majoritaire, le culte monothéiste.D'ailleurs nous commencerons par ce dernier, Unicité, le moins usité des trois.
Usuellement, l'Unicité fait référence au Dieu unique et contient l'unité de Dieu en un tout, qui ne peut être scindé, avec tous les éléments terrestres, à commencer par la Nature et l'Homme. Ce terme appartient donc par essence au champ lexical de la théologie et de la métaphysique et ne rencontre que peu d'échos parmi les néophytes du verbe. Peut-être est-il pensé, ardemment souhaité par des égos déconnectés d'un réel qui leur échappe et qui retiendrait le temps d'une monarchie républicaine qui ne serait plus bancale parce que le monarque, la Nation en danger du terroriste aux aguets et le territoire qui fleure bon le terroir aux pesticides, seraient unis en tout indissociable. Le rêve fou d'oligarques perclus de certitudes.


A présent, réfléchissons à ces deux adages, " l'Union fait la force " et " l'Unité est un combat ". Pourquoi, ce qui à priori est plus imbriqué, plus interdépendant est une lutte de chaque instant quand le simple fait de se rapprocher serait une force ? La réponse est dans la question. Aussi, voici ce que nous disent ces deux mots en se définissant eux-mêmes : L'Union est une force du fait qu'elle est hétérogène, qu'elle est une entente cordiale conforme à des buts communs, sans se préoccuper des divergences. Elle implique donc une conformité de pensées à la réalisation de volontés communes. En niant les différences, elle rassemble sur les plus petits dénominateurs communs qui sont à la fois les objectifs visés et les moyens de les atteindre, puisque seule compte la réalisation de ces buts.

 

Nous pourrions dire, Unité j'écris ton nom

 


En droit international public, l'Union administrative est assurée par une organisation internationale qui n'a de politique que le nom, puisqu'il ne peut s'agir que d'une forme contractuelle entre deux parties dont les termes peuvent être dénoncés à tout moment, surtout par celui qui impose le rapport de force. C'est une des explications de l'échec du Fédéralisme européen.


Il nous reste enfin à interroger le troisième et dernier de notre triptyque, Unité. Nous pourrions dire, Unité j'écris ton nom, tant il s'inscrirait bien phonétiquement avec Liberté, Egalité, Fraternité et Laïcité. Et d'une certaine manière, il s'y inscrit. L'Unité est une harmonie, une cohérence de buts et de moyens d'action pour les atteindre. L'Unité ne se fait pas au détriment de, elle cherche l'unanimité d'un ensemble pour tendre vers une homogénéité, comme un corps sain dans un esprit sain. Un tout substantiel ou consubstantiel d'une intention. C'est l'Unité du genre humain, de l'espèce et en tout cela l'Unité est un combat pour parvenir à tendre vers cette cohésion entre toutes les parties à parts égales, en respectant la liberté des uns et des autres, en assurant une solidarité interdépendante pour rendre indivisible l'entité issue de cette unité. Nous pourrions résumer ainsi, l'Unité c'est l'affirmation d'une identité qui peut être multiple et n'est pas à géométrie variable.


Un autre triptyque rend bien compte de cette adhésion, celle du théâtre ou la métaphore de la vie, où s'applique cette règle quasi immuable de l'unité de temps et de lieu d'une action simple comme une règle de vie, une ascèse qui comprend une insécabilité de la séquence. Cette unité, cette simplicité, ce rythme, cette harmonie, cette cohésion des parties dans un corps est ce qui est si difficile à atteindre pour chacun individuellement et pour tous collectivement. Le chemin qui y mène est un combat, noble, pour affirmer la survie de l'espèce et par la même la vie de chaque individu.