Au moment où s'affichent chaque jour les acronymes des centrales syndicales dans les médias, intéressons-nous à ces deux termes si proches et si dissemblables, qui nous renvoient à notre histoire et celle, passée comme présente, du continent européen. Car ces deux termes ont évoqué différents types d'organisations et sont au cœur des débats politiques qui traversent notre pays, comme ailleurs en Europe.

par DGRojoyVerde


Une fédération est une alliance politique, une union d'états membres qui conservent une partie de leur souveraineté interne et en abandonne une partie dans certaines compétences comme ils abandonnent leur souveraineté externe à une entité tierce. Ce pacte d'intérêts est réalisé dans un but commun des entités préexistantes qui continuent d'exister.
Fédération est un mot qui a fait sens dans une France révolutionnaire résolument jacobine qui a fédéré les départements dans une entité centrale, la Nation.
Nous retrouvons également cette union au Royaume-Uni qui tend à se transformer, pour aller vers une confédération avec l'affirmation du mouvement indépendantiste écossais. C'est aussi le cas de la Belgique et de l'Espagne pour lesquelles la forme fédérale trouve une limite première, l'unité linguistique qui n'a jamais été réalisée. Au point que la langue gaélique écossaise, comme le catalan et le flamand belge sont reconnues comme langues officielles. Et de nous interroger également sur l'Union européenne qui n'a pas d'unité linguistique et qui conjugue mal, dans cette forme d'organisation fédérale, l'affirmation de principes et de valeurs sur les plus petits dénominateurs communs et en premier lieu l'intérêt mercantile.
Ce fonctionnement au consensus est mis à mal par la réaffirmation du désir populaire de souveraineté forgée sur la construction de nations longue d'au moins 1500 ans. Dans ces conditions, comment des états fédéraux dont l'union est très fragile et d'autres états peuvent-ils continuer à se fédérer en s'unissant pour des buts communs qui contrarient des unités fortes, culturelles, historiques et surtout linguistiques ?

Ainsi, ne serait-il pas plus pertinent de réfléchir au modèle confédéral?


Ainsi, ne serait-il pas plus pertinent de réfléchir au modèle confédéral , que nous pouvons trouver en Europe dans la confédération helvétique, communément appelée la Suisse ?
La confédération se traduit par une association d'états membres ou d'entités qui conservent leurs indépendances et se soumettent à la coordination d'un pouvoir central dont les décisions doivent être prises à l'unanimité, cet organisme de coordination devenant une personne internationale. Nous sommes ici davantage dans une unité d'entités, engagées dans une démarche commune sans nier leurs propres identités.
Avec les revendications indépendantistes écossaises, flamandes, catalanes et celles des peuples à retrouver leur légitime souveraineté, nous avons ici un débat sémantique fondamental sur ce que nous souhaitons être, tant nationalement qu'au sein de l'Union européenne.
Ce débat n'est pas qu'un simple débat sémantique, il a déchiré les jeunes Etats-Unis d'Amérique entre 1861 et 1865, dans une guerre civile qui a fait 500 000 morts au moins. Ce débat ne peut pas être éludé car il est d'essence démocratique et doit être abordé sans délai par tous les acteurs de son expression au sein de l'Union européenne.
Ndlr : La confédération est la forme par essence du syndicalisme latin, issu de l'anarcho-syndicalisme et qui se traduit par une réunion horizontale des unions locales au niveau départemental, elles-mêmes fédérées au niveau national par métiers ou corps de métiers.

 

Ndlr : La confédération est la forme par essence du syndicalisme latin, issu de l'anarcho-syndicalisme et qui se traduit par une réunion horizontale des unions locales au niveau départemental, elles-mêmes fédérées au niveau national par métiers ou corps de métiers.