A deux ans d'extrême droite, un budget "de combat". Situation évolutive et place de Béziers dans les villes de France 
par Khan Did


Béziers a vu son budget évoluer sensiblement entre 2005 et 2014 (source : Journal du Net d'après les données du ministère de l'Economie). La dette est passée de 80 millions d'euros en 2005 à 120 en 2009 et s'est stabilisée jusqu' en 2014. Le nombre d'années nécessaire pour la rembourser est passé de 4 à 10 à partir de 2009. En 2014, les emprunts et la dette étaient de 193 euros par habitant contre 91 en moyenne nationale. Les charges de personnel étaient de 822 euros par habitant, comparables aux villes de population équivalente contre 545 en moyenne nationale. C'est la 66ème ville en matière de population, elle couvre 95,5km2 et la densité de population est de 764 habitants au km². Le chômage est à 22 % contre 10 % en moyenne nationale. Les salaires sont de 25 % moins élevés qu'en moyenne et surtout pour les hommes, mais les femmes gagnent tout de même 200 euros mensuels de moins que les hommes. Le revenu moyen des ménages est de 1546 euros par mois contre 2130 en moyenne nationale. Les revenus soumis à l'impôt sur la fortune sont de 2,6 millions d'euros contre 2,450. Les inégalités sont donc plus flagrantes qu'en moyenne française : 38,7 % des foyers fiscaux gagnent moins de 10000 euros par an et 5,5 % plus de 50 000. Seuls 32,3 % des foyers sont imposables contre 62,7 % en moyenne nationale.


C'est cependant une des villes de France où la fiscalité locale est la plus élevée, et pour cause... La délinquance en 2014 est comparable à celle de l'ensemble de la région LR, un peu supérieure à la moyenne française. Elle est pour 1,4 % liée à l'immigration, pour 4,8 % à la drogue et pour 1,25 % au port ou à la détention d'armes.

Budget primitif 2016

Le budget de la ville est de 170 millions d'euros. Les recettes sont pour 70 % assurées par l'impôt local, écrasant et probablement surévalué.
Les dépenses :

Le personnel municipal (61 %), en augmentation absolue faible, avec embauches de policiers et d'agents de nettoiement.

Les recettes sont pour 70 % assurées par l'impôt local, écrasant et probablement surévalué.

 

enseignement et formation (personnel des cantines et des écoles hors enseignants), 21 %
sécurité, police, vidéo-surveillance, pompiers, 21 %, en forte augmentation
sports, 15 %
culture ,12 %
social, santé, 12 %
famille, 8 %
action économique, 6 %

L'investissement :

Recettes : 57,540 000
Dépenses : 21,459 000 donc moins de 50 %

Communication 476 000 euros, en forte augmentation, dont Le Journal de Béziers (JDB) 200 000 euros, avec recrutement de distributeurs du journal par la mairie.

L'évolution se fait donc vers un effondrement de l'investissement (50 % par rapport aux villes de population comparable);  une forte augmentation du budget police : 17 %, avec doublement en 2 ans; et une baisse de 15 % du budget de la culture. Social, santé et action économique sont les parents pauvres de ce budget.

Social, santé et action économique sont les parents pauvres de ce budget.
 

La mairie se vante d'avoir renégocié 2 emprunts sur les 3 emprunts toxiques contractés par la municipalité précédente et de lutter contre l'habitat insalubre (couverture du JDB du 1° mars 2016) mais on voit surtout un ravalement des façades, certes avenant, mais de rentabilité et d'utilité incertaines pour l'insalubrité, alors que chômage et précarité s'aggravent. Enfin, les opérations immobilières comme le rachat des Galeries Lafayette sont à perte (tribune libre de JM Duplaa du dernier JDB). Le même JM Duplaa regrettait au conseil municipal sur le budget que le Palais des Evêques, cédé à la ville pour un euro symbolique avec mission d'en faire un centre d'exposition artistique, lui gardant ainsi son caractère public, soit l'objet de négociations avec un promoteur immobilier pour en faire un hôtel de luxe.On pourrait aussi parler de la maison natale de Jean Moulin. Et que dire des projets sur l'école Gaveau-Macé ???
Le but de la mairie est de faire principalement reposer l'économie sur le tourisme, ce qui est la tendance des villes gérées par le FN, et qui est dépourvu de vision en profondeur et d'action économique et sociale dans cette ville maltraitée depuis tant d'années. Budget « de combat », surtout contre les pauvres, les immigrés, et le biterrois moyen...