Le F.N progresse partout . . .  sauf à Béziers ! Avec 6 820 147 voix (soit 15,23 % des inscrits) au second tour des élections régionales, l’extrême droite fait mieux qu’à la présidentielle de 2012 où elle avait recueilli 6 421 426 voix (soit 13,29 % des inscrits). 
Par Didier

Avec 6 820 147 voix (soit 15,23 % des inscrits) au second tour des élections régionales, l’extrême droite fait mieux qu’à la présidentielle de 2012 où elle avait recueilli 6 421 426 voix (soit 13,29 % des inscrits). Résultat aux présidentielles qui était le vote de référence en France. Dans la nouvelle région Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées, Louis Alliot a recueilli 653 573 suffrages quand sa compagne en avait eu 644 965 en 2012. De plus, entre le premier et le deuxième tour des régionales, le FN gagne des voix dans toutes les régions hormis l’Ile de France et la Corse (172 450 suffrages en plus dans notre nouvelle région).


Si tout semble profiter à l’extrême droite française : une économie en berne, un chômage au plus haut, la peur d’être déclassé socialement, le repoussoir européen, les attentats aveugles, un parti socialiste au pouvoir qui partage les mêmes politiques néolibérales que la droite . . . tout ne semble pas profiter à l’extrême droite biterroise.
Loin de voir l’embellie nationale se reporter sur Béziers, le FN régresse sur la ville depuis le résultat électoral de Robert Ménard aux municipales de 2014. (Voir sur les élections régionales l’article de Khan Did « Amère victoire »).

Nous vous proposons de mesurer ce différentiel et de tenter de l’expliquer. Au deuxième tour des municipales de 2014, R. Ménard obtient 14 867 voix. Ce score n’avait jamais été atteint par une liste électorale récente sur Béziers. Son ampleur est quasi comparable aux 14 113 voix obtenues par Raymond Couderc au premier tour des élections municipales en 2001 (il avait alors été élu au premier tour). Depuis ce vote référence de 2014, le FN a perdu 3000 voix sur Béziers aux élections départementales et obtenu 9540 suffrages au premier tour des régionales pour 12 111 au second.  

                                                                                            
Si l’on compare ces chiffres aux 14 867 voix des élections municipales, le FN  perd donc plus de 5000 voix au premier tour des régionales et plus de 3000 voix au second. Une question se pose : pourquoi un tel différentiel sur Béziers ?                   
Pourquoi le FN ne progresse pas linéairement ici comme partout ailleurs ?
Pour tenter de répondre à cette question, il faut bien sûr revenir sur la politique municipale et sur la résistance qui commence à s’organiser dans la ville occupée.

Une politique municipale à mi-chemin entre Rambo et retour vers le passé.

 

La politique municipale, c’est du buzz à outrance pour masquer le vide des réalisations. Un buzz qui peut atteindre un rythme bi-hebdomadaire dans le pire des cas. Nous n’égrènerons pas ici la longue liste qui scande la vie des biterrois, elle fait malheureusement la une de l’actualité.  

Pour nous la politique municipale c’est :
Des clivages à outrance, sur le vivre ensemble bien sûr, mais aussi avec toute la galaxie institutionnelle biterroise, départementale, régionale et nationale.
Une rhétorique moitié Rambo / moitié Bigeard, dont le fil conducteur est : « ceux qui ont des couilles (lui) et ceux qui n’en ont pas (tous les autres) ».
Le culte du chef qui ordonne, décide, tranche, coupe : un numéro permanent du seul maître à bord.
C’est un mélange des genres permanent entre laïque et religieux.
C’est un isolement et un retour en arrière économique, culturel et cultuel.
C’est enfin et surtout une volonté de faire de Béziers un "revival" des thèses de l’OAS.

Une résistance qui commence à s’organiser


Passé le choc de l’élection et l’ampleur de la défaite aux municipales de 2014, la résistance à commencé à s’organiser sur la ville :
Il y a une résistance institutionnelle incarnée par les membres de l’opposition de gauche au conseil municipal. Les séances du conseil municipal sont ainsi devenues un des lieux où s’exprime la résistance.
Il y a une résistance cultuelle qui, à maintes reprises, a pris ses distances avec les oukases de R. Ménard.
Il y a une résistance personnifiée par les attaques subies par des militants qui sont littéralement traînés dans la boue des bulletins municipaux.
Il y a une résistance citoyenne diverse et variée qui émerge au rythme des attaques de la municipalité. "Envie à Béziers" fait partie de cette résistance. Ni plus ni moins, nous jouons notre rôle dans un registre particulier : celui de parier sur l’intelligence humaine pour que les thèses du FN ne passent pas ou ne passent plus.
En conclusion,  nous formulons l’hypothèse que la baisse des résultats électoraux du F.N sur Béziers est induite par le double effet de la politique municipale et de la résistance qui s’organise.
Nous laissons le soin à R.Ménard de s’enfoncer tout seul. Nous comptons bien participer à la résistance qui s’organise au travers de ce journal en ligne, du projet de journal papier, de notre association et des activités culturelles qui seront organisées comme celle qui a réuni 260 personnes autour de la projection d’un film à la Colonie espagnole.
Car comme le dessine un grapheur biterrois : résister, c’est créer !