L’homophobie est de ces sentiments haineux qui traversent clivages religieux, fascismes et totalitarismes pourtant parfois antagonistes. Petit tour d’horizon multiscalaire.

Par Didier

 

Les fascistes religieux de l'état islamique cassent du pédé

Nous connaissons la propension des fascistes religieux de l’état islamique à couper la tête de toutes les différences. À la longue liste des victimes de Daech (les Yézidis, la culture, les temples, les femmes…), nous pouvons rajouter les homosexuels. Neuf hommes et un adolescent accusés publiquement d'être homosexuels viennent d'être exécutés en Syrie dans les territoires contrôlés par cette organisation. Si le fascisme vert de l'état islamique donne sur l’homosexualité dans le grandiose dans le rayon de l'horreur, on ne peut oublier que tous les fascismes, qu'ils soient noir comme le FN ou rouge comme en Corée du Nord, chassent, traquent ou persécutent les homosexuels.

 

Au FN, quand on est octogénaire, on ne dit pas « pédé » on dit « mignon »

 

HomophobieL'octogénaire Biterrois André Troise, fervent supporteur de Jean Marie Le Pen et « nostalgérique » affiché sur la ville, s'est porté volontaire pour faire le coup de poing lors de l'université d'été du FN contre les « mignons » qui envahissent le parti. « On va arriver et les mignons, qui sont devenus les patrons au Front, qui ont transformé le bureau exécutif du parti en tribunal cagébiste-stalinien-bolchevique, on leur bottera le cul ».

Comme Dédé-la-menace, ils étaient tous là, les bannis du FN : ceux de la ligue du Sud de J. Bompard, ceux du Parti de la France de C. Lang, ceux de la ligue du Midi, ceux du service d'ordre maison, le DPS. Plusieurs centaines qui attendaient un mot de leur chef Jean-Marie pour faire de l'université d'été du FN leur marche sur Rome. Le chef est venu, mais n'a pas donné l'ordre d'envahir l'université d'été. Il s'est contenté d'apprécier les propos « typiquement jeanmariniste » contre « les hordes de migrants » servis par sa fille à la tribune. Dédé-la-menace est revenu dépité à Béziers : lui qui pensait que la haine des « mignons » allait l'emporter et fédérer la galaxie des bannis du FN en a été pour ses frais. Chez les Le Pen on n’aime certes pas les « pédés », mais on fait de la politique. Ce qui comptait visiblement pour Jean-Marie c'était que ses thèses soient reprises publiquement par sa fille. C'est ce qui a été fait ! Dédé-la-menace, lui, est plus binaire : les migrants c'est grave, mais les « mignons » c'est pire. Pas de bol Dédé Troise, il réside à Béziers et sévit jusque dans les conférences publiques comme celle sur les « nostalgériques ». Peut-être que l'on pourrait demander à Menard, avec la délicatesse qui le caractérise, de lui signifier qu'il n'est pas le bienvenu !

 

Fermeture d’un bar gay à Béziers : l’homophobie, l’autre racisme quotidien.

Les unes du journal de Béziers n'en parlent jamais directement. Dans la municipalité Menard on tente encore de faire du politiquement correct sur l’homosexualité. Pas encore de titre ravageur du style « ils arrivent » avec un photomontage truqué qui montreraient une gay pride avec des pancartes : « Béziers 70 km » , « bars et lupanars gratuits » … , 
mais des pages du JDB qui dégoulinent de policiers bodybuildés et armés jusqu'aux dents, de fessées, de sportives qui rigolent sous la douche et d'un maire qui à longueur de pages tente de se convaincre qu'il est le seul couillu dans un monde d'eunuques. Dans un tel contexte, et dans une ville où le culte du rugby et de la tauromachie profile des hommes politiques gonflés à la testostérone, il n'y aurait pas de place pour un bar gay ? Le patron du bar gay « L'apocalypse » à Béziers a repris l'enseigne il y a un an et demi, soit quelque temps avant l'élection de Menard à la mairie. Depuis lors, et après avoir travaillé à Paris, Perpignan, Narbonne sans problèmes majeurs, ce patron vit l’apocalypse dans son bar de nuit.

 

ce patron vit l’apocalypse dans son bar de nuit

 

Les agressions et les insultes sont constantes depuis l'ouverture. Les insultes sont proférées à l'intérieur et l'extérieur du bar par des imbéciles qui viennent « insulter les pédés ». Les agressions, bris de vitres, pneus crevés, tags, dégradations diverses sont faites par des fascistes qui veulent « casser du pédé ». Ironie biterroise, le bar « L'apocalypse » de Béziers est situé près des caméras de vidéosurveillance municipale. Une plainte ayant été déposée, les vidéos vont-elles livrer des visages connus de la municipalité, vont-elles livrer les identitaires de tout poil qui affichent dans et autour du bar leur « virilité » ? Laisser fermer le bar gay « L'apocalypse » à Béziers, c'est laisser partir une part de différence.

Pour nous au contre journal il n’y a pas de différences entre le rejet municipal des réfugiés Syriens et le rejet des homosexuels, le fascisme est une machine à broyer toutes les différences pour promouvoir une seule norme. Il ne faut pas laisser cette norme se mettre en place. À Béziers dans l'immédiat la solidarité passe par des messages de solidarité à adresser à Yohan dans son bar « L'apocalypse ». Il est encore ouvert, mais il ne sait pas pour combien de temps.