Le paradoxe du logement à Béziers : de plus en plus de logements vacants, de plus en plus de mal logés ! C’est tout le problème de Béziers. Un centre ville où les logements indignes sont légions. Un centre ville où les logements vides foisonnent…

Par Abdelslam Gaudoneix

 

 Béziers 2ème ville de France pour les logements vacants !


Dans un article du 23 février 2015, Le Monde aborde le problème des logements vacants en France. Et Béziers se distingue, encore une fois ! Avec 16.7% de logements vacants, elle est la deuxième ville de France pour le nombre de logements vacants. Si Vichy est « championne de France » de la vacance, avec 22% de son parc vacant, à Vichy, toutes les demandes de logement social sont satisfaites dans les 15 jours ! C’est loin d’être le cas à Béziers, où le nombre de logements vacants ne cesse d’augmenter :

En 2007, l’INSEE dénombrait 5514 logements vides, soit 13% du parc.
En 2009, c’est 14.93% de logements vides.
En 2014, c’est 6301 logements vides, soit 15.25% du parc de logements.
En 2015, c’est 7000 logements vides, soit 16.7% du parc biterrois !



Et à Béziers, on ne peut pas dire que cette pléthore de logements vides permette de satisfaire les demandes de  logements. Il y a des listes d’attente pour les logements sociaux. Certains en ont fait la demande depuis plus de dix ans et attendent toujours…


Les logements vacants représentent un gisement extraordinaire pour la création de logements locatifs.



A Béziers, les marchands de sommeil offrant des logements indignes occupent la ville.
Depuis 2012, « on » leur a déclaré la guerre (dixit Raymond Couderc). En octobre 2012, la municipalité savait que 87 immeubles étaient vides, que 843 logements étaient vacants dans le « centre ville ». Et rien n'a été fait ou très peu.

La crise du logement est une des conséquences de la montée de l’exclusion et de la précarité. Ce n’est pas le manque de logements qui est en cause ! Il s’agit d’un problème exclusivement politique, qui relève d’un débat sur le choix de société dans laquelle nous voulons vivre ! Ce n’est pas en s’appuyant sur l’inapplicable « droit au logement opposable » que le problème sera résolu, car nous sommes dans une société qui protège avant tout le droit de propriété, et qui criminalise les sans-logis et ceux qui les défendent : 12 000€ d’amende au DAL - Droit au Logement - pour installation de tentes dans la rue de la Banque, à Paris.

Il serait normal que le droit de propriété cesse de prévaloir sur le fait de pouvoir vivre



Il existe pourtant des lois qui permettent aux maires, en vertu de leurs pouvoirs de police, de réquisitionner des logements vacants. Les articles 131-2 et suite du Code des communes accordent les pouvoirs de police au maire, et comprend notamment « le soin de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours » afin de prévenir tout risque de trouble à l'ordre public. Ces dernières années, plusieurs maires ont fait usage de ce pouvoir pour des familles se retrouvant brutalement à la rue.

Mais pour beaucoup de municipalités, envisager de recourir à des réquisitions, apparaît comme un viol de la propriété privée. Il serait normal que le droit de propriété cesse de prévaloir sur le fait de pouvoir vivre. C’est vrai que ce droit « naturel et imprescriptible » figure en bonne place dans l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, à côté de la liberté, de la sûreté mais aussi de la résistance à l’oppression….

Une société ne posant pas le problème du logement comme une priorité absolue ne sait plus discerner l’essentiel de l’accessoire, elle n’assume plus le rôle protecteur que mêmes les sociétés primitives savaient garantir.

Le JDB d’août nous parle des 40 millions d’euros que l’Etat injecte dans les quartiers prioritaires (centre-ville et Devèze)



Cette aide sera la bienvenue si elle est bien utilisée. Quant aux « deux priorités de la mairie » (dixit le JDB), « lutter fermement contre le logement indigne et revitaliser le centre-ville », espérons que ce ne soit pas encore des incantations comme celles de la municipalité Couderc, qui déclarait la guerre aux marchands de sommeil déjà en 2012. Il aura fallu ce contrat de ville et ses 40 millions d’euros, pour que la municipalité fasse du logement sa priorité… Mais déjà, dans le JDB, cette priorité arrive en page 21 sur 32 : curieuse position pour une priorité….

Sans négliger cette aide financière, des moyens juridiques existent pour une municipalité qui voudrait s’emparer du problème, et donner à tous les biterrois des conditions de vie décentes. Mais ce travail de longue haleine, ce travail quotidien, ne passe pas par les feux de la rampe médiatique. Il n’intéresse pas Ménard et son équipe, plus occupés à attiser la haine entre les biterrois qu’à s’intéresser à leurs conditions de vie. Pourtant le travail d’une équipe municipale est de se coller à ce quotidien, de tout faire pour l’améliorer. Un centre ville réhabilité, une population dignement logée, voilà qui réenchanterait la ville.

Pour conclure, je citerai Clémenceau : « Développer le bien-être, accroître la liberté, le droit ; vous ne trouvez pas que tout cela puisse suffire à l’activité d’un homme politique ? » Que ces paroles inspirent nos édiles et qu’ils en fassent leur credo.