Bonne nouvelle pour EN VIE À BÉZIERS,  Robert Ménard a trouvé un nouvel angle de propagande pour sa communication dans le journal municipal de Béziers.

Il faut dire qu'avec plus de 700 000 € de budget en communication pour la ville, autant d'argent donne le tournis. Il lui faut puiser l'inspiration dans sa foi et ses croyances identitaires pour lancer de nouvelles croisades tous les 15 jours.

Le maire de Béziers commence à avoir épuisé et lassé ses administrés avec la multiplication des sujets polémiques : la lutte contre l'immigration, les listes des enfants étrangers fichés selon les consonances linguistiques de leurs prénoms, les règlements de comptes avec des élus, anciens ou nouveaux, les conflits avec le groupe d'opposition au conseil municipal, les différends avec la presse locale et nationale, l'apologie des armes, la réécriture de l'histoire locale, l'évangélisation des Biterrois le dimanche matin pour qu'ils aillent à la messe...

Le « missionnaire sans frontières » de la messe en latin, si emblématique de la religion catholique sacralisée, part aussi en croisade contre le choix de supprimer le latin des nouveaux programmes du collège pour tous, opéré par la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem que Robert Ménard ne cesse de dénigrer.

La disparition programmée du latin ébranle les piliers de sa conception du sacré et de ses rites tel qu’il les a pratiqués récemment dans un château du Biterrois loué pour réunir une large assemblée communiant dans la sacralisation des valeurs chrétiennes autour de leur icône religieuse et politique (le deux en un) antirépublicaine, Robert Ménard. Pour cette occasion une messe en latin aurait été célébrée par un éminent personnage de l'Opus Dei qui aurait fait le voyage depuis Rome. L'information émane d'un journaliste, Jacques Molénat, auteur d'un livre où le maire de Béziers figure en bonne place, Notables, trublions et filous.  La sacro-sainte messe en latin ouvre aussi les festivités de la Féria depuis l'investiture de Robert Ménard.

 

ni blondes, ni soumises

 

Autre tête de turc, Christine Taubira. Les deux femmes ministres représentent pour lui un pouvoir illégitime : étrangères de souche, ni blondes, ni soumises. Le slogan Anti-Taubira accolé au nom d'un auteur a envahi la ville sur les affiches publicitaires du cycle de conférences ouvertes aux sympathisants FN : « Béziers libère la parole ». Le slogan recyclé réapparaît régulièrement chez d'autres auteurs (choisis pour cette thématique ?) avec titres et sous-titres particulièrement agressifs, pour ceux ou celles qui ne partagent pas les opinions de Robert Ménard liées à l'identité nationale.

Sur le N° 13 du 15 mai 2015 le buste de Marianne apparaît au premier plan de la couverture du Journal de Béziers, superposé au fameux pourcentage des 64 % calculé avec la liste des enfants aux prénoms étrangers dans les écoles maternelles et primaires de Béziers. Les fichiers n'ont pas été retrouvés, Ménard pratique parfaitement le calcul mental qui ne laisse pas de traces sauf dans les esprits chagrinés par ses pratiques.

Dans le Panthéon ménaryen des femmes du Journal de Béziers figure donc en première place le buste de sa Marianne biterroise, coiffée d'un bonnet phrygien, aux attributs mammaires parfaitement proportionnés, au port de tête droit et fixe, le regard figé.

Des femmes pantheon

 

Malheureusement cette poitrine parfaitement galbée rappelle à Robert Ménard le coup médiatique des trois « Femen ».

Elles sont apparues les seins nus peints avec des slogans, mimant le salut nazi au balcon d'une chambre d’hôtel, tandis que Marine Le Pen tentait, malgré leur intervention, de commencer son discours tout en honorant, devant sa statue, une héroïne vénérée par le Front National, comme chaque 1er mai, Jeanne d'Arc (1412-1431), la petite paysanne Lorraine qui a entendu des voix célestes lui commander d'aller bouter nos ennemis, les Anglais hors du pays. Cette femme, dite la Pucelle d'Orléans, est l'emblématique figure de la défense de l’identité française.

Même si le buste de la Marianne biterroise est similaire physiquement aux autres statues exposées dans les mairies de France et les bâtiments officiels de la République française, la Marianne de Robert Ménard ne représente pas du tout les mêmes valeurs, sauf dans les fiefs du FN. À Béziers, ne sont pas respectés l'égalité, la fraternité, la liberté et tout ce qui représente la démocratie, à commencer par la laïcité (la crèche dans le hall de la mairie à Noël).

Des voix, Robert Ménard en a entendu aussi, des rumeurs couraient depuis plusieurs mois, concernant des « citoyens choisis, triés, parmi des listes » d'hommes choisis par le Président de la République pour entrer au Panthéon de Paris, ce monument national où reposent ceux qui ont illustré glorieusement la patrie.

Mercredi 27 mai 2015  

Les cercueils de deux grandes figures féminines de la Résistance Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz entrent au Panthéon. Il n'accueillait jusqu'à présent que deux femmes sur 71 personnalités, la physicienne Marie Curie et Sophie Berthelot. François Hollande, dans un esprit de parité décide que la Résistance sera honorée aussi par l'entrée de Jean Zay et Pierre Brossolette qui vont rejoindre le héros biterrois « de souche » Jean Moulin, la plus grande figure de la résistance française.

Les cendres de Jean Moulin ont été transférées au Panthéon le 19 décembre 1964, lors d'une cérémonie inoubliable à la gloire de ce grand homme courageux célébré particulièrement par le discours lyrique, émouvant d'André Malraux alors ministre des Affaires culturelles de l'époque, en présence du Général de Gaulle.

Jean Moulin ne semble pas bénéficier des honneurs des nouveaux élus de Béziers. Raymond Couderc, sous son mandat de maire, lui avait fait ériger une superbe statue lors d'une cérémonie le 19 décembre 2004, en présence de Jean-Louis Debré, président de l’Assemblée nationale. Ce monument est situé sur la Place du 14 juillet presque en face de la maison natale de Jean Moulin, devant la statue, une urne est remplie de la terre issue de camps de concentration.

Robert Ménard dans son journal municipal opte plutôt pour un panthéon de figures féminines de notre ville. Qui sont-elles ? Quelles images de Biterroises veut-il transmettre à ses administrés ?

Il aurait pu choisir Laure Moulin confidente de son frère, auteure d'une biographie complète du premier résistant de France. Elle a eu des conversations décisives avec son frère qui lui expliqua pourquoi son action était indispensable en France plutôt qu'à Londres. Elle fut sa secrétaire, déchiffrant des codes secrets, remplissant des missions pour lui, en même temps qu'elle gardait ses manuscrits et ses dessins de caricatures. Laure Moulin a fait une enquête sur les derniers moments de son frère. Elle a témoigné pour défendre, préserver, ou honorer la mémoire de son frère jusqu’à sa propre mort, en janvier 1975. C’est à elle le plus souvent que l’on s’adressait pour l’informer de la création d’une plaque ou d’un monument.

Dans le Panthéon des Ménaryennes biterroises, les femmes sont toujours jeunes, blondes, glamour, quelques brunes parfois, mais peut-être de souche blonde ?

Page 11 du N° 7 du 15 février du JDB, une jeune fille aux cheveux blonds sagement attachés et les yeux bleus pétillants lève sagement la main pour annoncer qu'elle mérite « un bon point » pour « NOS CHÈRES TÊTES BLONDES ». Le bon point est conséquent, il s'agit du budget en hausse pour les écoles. Dans ce même numéro un scoop est annoncé : « Exclusif volley : les filles sous la douche ! » Cinq photographies de l'équipe de volley biterroise « Les Angels »  sur une double page, mais quelle déception ! Elles sont habillées, semblent effrayées, avec des mines grimaçantes, ridiculisées. Heureusement il y le photographe sur le cliché, un jeune homme certainement très convaincant. Il a réussi un double exploit, se photographier lui-même avec elles et les inciter à se déshabiller. Dans la quatrième photographie, elles sont nues sous une serviette blanche, les mains sur leurs hanches, leur bassin en avant,

 Prêtes à en découdre avec quoi ? Ou plutôt avec qui ?

Mais on ne mélange pas les torchons et les serviettes, les blondes sexy sont toujours ensemble, regroupées face à leurs camarades plus colorées, métissées, placées de l'autre côté. Un simple commentaire de leur part ? NON ! Il ne sera pas question de les faire parler de leur passion pour le volley, de leur parcours sportif ou de leur palmarès. Le journal municipal commente : « Cool mouillées », presque « poules mouillées ». Les Angels sont là d'abord pour séduire le Biterrois de souche. L'homme, le vrai celui qui sait apprécier les valeurs combattives du rugby, la féria, la corrida et la viticulture locale. C'est dans le numéro 9 du 15 mars, que le Panthéon des Ménaryennes est le plus convaincant.

 

La femme est l'avenir de l'homme

 

Avait dit le poète Aragon. La couverture du JDB représente un lit blanc, dans la partie droite une jeune femme blonde les yeux baissés (certainement bleus) est assise sur son bord partiellement vêtue d'une robe dénudant son épaule. L'autre bras couvert de bijoux et de parures dorées soutient sa nuque. Elle est prête à quoi ? Une légende mystérieuse sur la page nous tient en haleine : « LE LUXE EST DE RETOUR À BÉZIERS ». Ses tarifs doivent être hors de prix ? Pas très accessible pour les 22 % de chômeurs biterrois. Robert aime les pourcentages ! Dans la double page suivante elle se livre, plus alanguie, presque allongée sur une chauffeuse jaune, l'autre bras est relevé. ELLE ATTEND QUOI ? Devant le lit ? Page suivante, changement de décor : la salle de bains. Elle va tout simplement prendre un bain, le peignoir blanc ouvert sur ses jambes parfaites, une main effleurant  la mousse. Un léger sourire s'esquisse au coin de sa jolie bouche. Son avenir est tout tracé, si elle est fournie avec la chambre. On rêve des retombées économiques sur Béziers si Dominique Strauss K. saturé de Lille et du Carlton devenait un habitué de notre ville. Il faut lui envoyer cet exemplaire du  Journal de Béziers où on atteint le top modèle du  Panthéon des Ménaryennes version LUXE. La propriétaire de l'hôtel remercie le maire : « Tous nos problèmes ont été réglés d'un coup de baguette magique ». Ménard a lui aussi une baguette magique ? Notre chère tête blonde l'a attendue pendant quatre pages, espérons pour elle qu'elle sera à la hauteur.

Face à elle sur l'autre page une annonce pour un CONCOURS. Une jeune femme brune est assise sur un trône dont l'immense dossier capitonné semble monter jusqu'au ciel. Cette jolie brune est revêtue d'une robe longue à bustier dénudant ses épaules, sa taille fine mise en valeur par une ceinture dorée, les yeux fermés rêvant au paradis qui l'attend ? Pourquoi une brune ? Il s'agit d'une annonce adressée aux Biterroises. Statistiquement dans le Sud elles sont plutôt de type méditerranéen

Quel est l'enjeu du concours ? UNE REINE POUR BÉZIERS !

Puis une question « Vous êtes jeune, belle et biterroise ? » et bien cela ne suffira pas !!! Il faudra être domiciliée à Béziers, défendre l'identité biterroise, être de nationalité française et connaître l'histoire de Béziers et du patrimoine local sur le bout des ongles... Elle peut rêver la brune, le jury sera composé d'élus et de personnalités de la ville FN. Ils vont élire une blonde comme dans la dynastie féminine des « Le Pen », il y avait pourtant un indice la couleur bleu marine devant la photographie de la brune !

Des créateurs locaux travaillent sur l'élaboration d'un costume traditionnel biterrois, mais NON pas avec une peau de chameau, l'animal emblématique de Béziers !

Trop connoté vous voyez ce que je veux dire côté Maghreb…

Autre figure du Panthéon des Ménaryennes, page 15 du N° 9, une jeune femme de 21 ans jeune, blonde, « une plume sur une masse de chair » quelle métaphore ! Et quel fantasme ! Surtout quand on sait que l'étalon pèse 600 kilos ! Mais NON ! Béziers ne libère pas le rêve. Il s'agit d'une jeune cavalière de la police montée version western, il aime cela Robert, et il a vu tous les John Wayne dans son enfance.

 

Des femmes pantheon2

Décidément ce N° 9 est très chaud : « Trois femmes mille possibilités ». La cote de Béziers va remonter avec des annonces comme celle-là et parmi elles une mystérieuse vestale, une fringante génitrice dirigée par une petite jeune propriétaire d'un lieu d'évanescence, mais vous n'y êtes pas du tout, rien d'illégal, il s'agit de masseuses « où tous les soins de corps sont “dispensés” sans arrière-pensée.

Je termine ce petit tour du Panthéon des Ménaryennes avec le numéro du 1er juin du JDB. C'est ma préférée. Une jeune et jolie brune qui semble prise en faute sur la photographie. Comme une élève devant sa maîtresse, elle montre les paumes de ses mains qui sont souillées. Franchement, d'après la couleur et la texture, on dirait des excréments de chiens. Les crottes sont interdites sur le sol de Béziers sous peine d'amendes, peut-être que les propriétaires de chiens s'amusent à en badigeonner les barres de cette « aventurière du Pole ». Cette évangéliste du Pole Dance veut en finir avec la connotation sexuelle de son activité. Sur une double page, rien ne nous est épargné....

" Pour le commun des mortels, le « pole dance » évoque les ambiances sirupeuses des rues de Bangkok, là où se trémoussent de frêles femmes-enfants sur des pylônes d'acier. Ça, c'est le côté obscur de la force. Dans le camp du bien, le pole dance est aussi un sport de plus en plus pratiqué." 1

Je me trompe où il est question de Star wars et de Dark Vador ? Manon, Biterroise de souche, est une championne de « ce sport » et, dans son école ; ses 300 élèves de 7 à 63 ans ne viennent absolument pas se servir de cette barre phallique pour trémousser leur derrière. J'espère que Robert Ménard va faire faire de la Pole dance à sa fille et à son épouse pour le plus grand plaisir des Biterrois. Ce Panthéon des  ménaryennes ne pourrait atteindre de plus grands sommets.

 

1) Journal de Béziers juin 2015