Enquête sur un crash environnemental, parallèle avec le traitement du nouveau crash économique de Béziers, ou Jules Védrines et Robert Ménard sur le toit des galeries Lafayette.

Pourquoi le Védrines ? Jules Védrines ouvrier mécanicien devient pilote en 1910. A-t-il survolé Béziers, après avoir été promu premier aviateur de l'Aude ? Ou peut-être est-il passé au-dessus de la ville lors de la course Paris-Madrid qu'il gagne en 1911 ?

crash

Non, vraiment il ne peut pas être tenu responsable du crash, il n'y a pas de lien particulier entre l'aviateur et le petit immeuble du 21 rue Jules Védrines qui porte son nom. Car même s'il avait lancé des fleurs sur Béziers comme à Paris lors de son passage à la mi-carême 1911, c'est un bouquet d'antennes relais de téléphonie mobile1 qui fleurit actuellement sur le toit-terrasse de cette résidence. En plus à cette époque le coteau qui monte vers les arènes n'était pas urbanisé comme maintenant.
Et si le téléphone fixe existait, il n'était pas question de téléphonie mobile. Pourtant il s'agit bien d'un Crash, un crash environnemental !

 

Un crash environnemental !

 

Dans ce quartier agréable et calme de Béziers, appelé communément « quartier des aviateurs », l'habitat est composé essentiellement de petits pavillons, acquis au cours d'une vie de travail par une classe moyenne, dont c'est souvent le seul patrimoine. Puisque Jules Védrines est hors de cause, alors qui sont les coupables ?

Un déni tenace et criminel

Les copropriétaires de cette petite résidence ? Il faut savoir qu'actuellement un opérateur verse un loyer autour de 10 000€/an pour installer ses antennes et ils sont trois à présent sur ce bâtiment. Cela peut permettre à chacun de régler les taxes foncières et quelques travaux d'entretien. Une manne qui d'une certaine façon tombe du ciel. De plus, l'immeuble élevé sur quatre niveaux, avec en toit-terrasse, une dalle en béton armé, protège relativement bien les locataires des ondes électromagnétiques. Si l'on ne pense qu'à soi, pourquoi se sentir coupable ? Surtout que les opérateurs ne les ont pas informés des risques qu'ils pouvaient faire subir à leurs voisins et de leur responsabilité dans ce domaine, sachant qu'aucune compagnie d'assurance ne couvre les dommages liés aux ondes électromagnétiques.

Le mal est cependant certain depuis 2011, date à laquelle l'OMS a déclaré les fréquences de la téléphonie mobile comme « cancérogènes possibles ». Les opérateurs sont dans le déni de la réalité sanitaire et environnementale. Mais ces sociétés minimisent toujours l'impact sanitaire. Si l'information, pourtant obligatoire, était relayée scrupuleusement, ils pourraient s'ils en avaient la volonté, dénoncer ces contrats, la jurisprudence est en leur faveur, ne pas les renouveler et ne pas en signer de nouveau. Seulement il faudrait avoir un peu d'empathie pour ses semblables ! Car outre les dommages sur la santé, à cause de la proximité de l'antenne, le bien immobilier des riverains va perdre 40% de sa valeur.

Bien sûr, ils ne sont pas les seuls responsables. Les vrais dealers sont les opérateurs.

Des normes devenues obsolètes, un protocole de mesure qui semble dicté par le lobby industriel

Ce sont eux qui ont choisi le lieu d'implantation, le type d'antennes, leur puissance, leurs orientations2.
Leur seul critère est économique. Ils nient formellement tout impact sur la santé malgré les nombreuses études publiées au niveau mondial et jamais contredites. D'après eux les personnes souffrant d'EHS3 doivent être traitées en psychiatrie4. Ils se retranchent derrière le fameux décret de 20025, qui nous protège contre la cuisson.

Le constat est affligeant autour du Védrines. Les puissances cumulées par les 2 premiers opérateurs génèrent un champ électrique total, mesuré officiellement par l'ANFR, égal à : 7,011V/m. Il faut noter en plus que lors de cette mesure la 4G d'Orange était muette. Comme par hasard ! C'est légèrement troublant... À croire que cet opérateur installe des antennes pour décorer ? Le réseau d'Orange n'est-il pas opérationnel sur Béziers ? Pourtant sur son site commercial, dans le quartier du Védrines, il certifie que la 4G est disponible ! Serait-ce de la publicité mensongère ? Ou renoue-t-il avec des méthodes, que l'on pensait dépassées, c'est à dire couper les émissions de certaines fréquences au moment des mesures ?

Mais l'aberration de ce site ne s'arrête pas là. Si l'on regarde les orientations des antennes et surtout dans le plan vertical, on s'aperçoit qu'elles ne tiennent absolument pas compte de la topographie du terrain. En effet le Védrines est construit à flanc de colline et les antennes sont orientées, sans se soucier de cela, suivant le même angle qu'en terrain plat. Le flux principal frappant directement les proches habitations dès 100m, alors que son atténuation n'est pas encore acceptable. Est-ce de la négligence ou de l'incompétence ?

Simulation du champ électromagnétique généré par les antennes présentes sur le Védrines6

 

vedrines

 


Maintenant fixons-nous vers les autorités municipales.

Une information muselée, un mépris des textes réglementaires

Car si les opérateurs sont coupables, ils ne le sont qu'avec la complicité de la mairie. En effet à chaque nouvelle implantation ou modification, l'opérateur de téléphonie mobile doit présenter un dossier technique d'information à Monsieur le maire, et celui-ci doit le valider, voire négocier certains éléments. Mais à Béziers on ne négocie pas, on accepte tout. Même des dossiers incomplets où ne figurent même pas les autorisations administratives. Il n'est pas possible de savoir ce que l'opérateur va installer et quand nous posons la question tout le monde semble étonné.

Pourtant ce n'est pas la règle. Dans d'autres villes comme Tours7, Blois, Bayonne, Grenoble, les élus s'impliquent aux côtés de leurs concitoyens et les résultats sont là. Sur le territoire français 50% des mesures sont égales à 0,7V/m. Dix fois moins qu'aux Védrines ! À Béziers, on n'est pas champion que pour le prix de l'eau !

 

À Béziers, on n'est pas champion que pour le prix de l'eau !

Et le nouveau maire ne s'arrête pas là ! Deux opérateurs sur le Védrines ce n'est pas suffisant. Il accorde une autorisation à Free, sachant très bien que le niveau d'exposition des riverains va forcément augmenter de 50%.

Quand nous interpellons Monsieur Robert Ménard sur les mesures indiquant plus de 7V/m, lui rappelant qu'au dessus de 6 V/m le gouvernement les classe comme valeur atypique8, celui-ci nous rétorque : « les résultats ne sont pas atypiques et bien en deçà des seuils réglementaires... ». Est-ce encore de l'incompétence ? Sommes-nous dans le déni des lois ? Un maire soucieux du bien-être de ces concitoyens aurait enclenché la procédure visant à alerter l'ANFR. Là, la complicité est établie !

Et quand les riverains ripostent, il dénonce l'autorisation précédemment donnée. Un simple coup de "com" pour embobiner les électeurs potentiels. La jurisprudence dans ce domaine est toujours favorable à l'opérateur, nous l'avions précisé auparavant à son conseiller en environnement. Il aurait fallu négocier avant de donner l'autorisation, c'est ce que font les villes responsables.

Donc voici les trois coupables : les copropriétaires, les opérateurs, la mairie. L'ordre est-il croissant ou décroissant dans la culpabilité ? À vous d'en juger. L'association Robin des Toits9 va saisir l'ANFR car nous nous trouvons devant "une exposition atypique". L'exposition atypique selon l'ANFR se situe à 6 V/m et plus. L'ANFR a pour mission selon la loi de "traiter et résorber" ces points.

La " COM " pour toute réponse aux crashs environnementeux et économiques

Pour revenir à Jules Védrines, en 1919, il se pose sur le toit des galeries Lafayette du boulevard Haussmann, malgré l'interdiction de la préfecture de Paris. Il empoche ainsi le prix de 25 000 francs offert pour cet exploit. Mais rien à voir avec les Galeries Lafayette de Béziers. Les employés de l'entreprise n'ont pas gagné le gros lot. Car à Béziers le départ des galeries c'est un crash économique, l'atterrissage annoncé par Robert Ménard par le rachat des murs n'a pas eu lieu.

Par contre le traitement de ces deux crashs, environnemental et économique, semble similaire. Dans un premier temps on laisse la puissante société faire ce qu'elle veut, en ne lui opposant aucune contrainte, en l'aidant même et puis lorsque les Biterrois s'offusquent, qu'ils soient salariés ou riverains, alors Robert Ménard semble s'émouvoir et pour toute réponse lance sa " COM " en dénonçant, soit au Tribunal Administratif ou sur les panneaux d'affichage, l'attitude de ses amis du grand patronat. Car le Front National a toujours été un serviteur zélé de celui-ci, même si depuis quelques temps par pure démagogie, il essaye de flatter le bon peuple français.

 

Jules Védrines10 comme Robert Ménard était un homme qui savait réaliser des coups de " COM ". Il utilisait sa notoriété de pionnier et de champion de l'aviation, le second s'est présenté aux Biterrois comme l'ancien président de « Reporters sans frontières », le champion des droits de l'Homme. Le parallèle ne s'arrête pas là, l'aviateur a même pensé conquérir un siège de député dans l'Aude, en s'affichant dans des meetings aériens. À la veille de la grande guerre, l'aviation était présentée comme la quatrième arme qui permettrait de retrouver la grandeur nationale en répondant aux exigences de la sécurité du pays. On l'appelait dans la Dépêche le « nouveau Boulanger ». Mais deux ans après, même s'il se présentait comme « socialiste indépendant », seule la droite était à ses cotés, après avoir soutenu, sous couvert de défendre les contribuables, le maintien des privilèges fiscaux. En 1912 et 1914, il perdra les élections face aux radicaux. À cette époque à Limoux les électeurs ont été plus clairvoyants qu'à Béziers ...

 

1) Elles sont de deux natures : sur le plan horizontal (Azimut), sur le plan vertical (Tilt).

2) Elles sont de deux natures : sur le plan horizontal (Azimut), sur le plan vertical (Tilt).

3) EHS : ElectroHyperSensible. Voir aussi Syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM). : http://www.ehs-mcs.org/fr/liens-utiles_47.html

4) http://www.ehs-mcs.org/fr/patients-psychiatriques_81.html

5) Les normes issues de ce décret fixent un maximum d'exposition à 61V/m. Le conseil de l'Europe reconnaît en mai 2011 le danger et recommande l'abaissement des seuils d'exposition des antennes-relais à 0,6V/m puis 0,2V/m.

6) Les lobes de couleur rougeâtre représentent les surfaces où le niveau d'exposition des riverains est supérieur au seuil sanitaire de 0,6V/m. Plus l'on s 'approche du Védrines plus la couleur est intense et le niveau élevé. A l'intérieur de ces lobes les scientifiques indépendants déclarent que votre santé peut-être altérée. Ce document est la propriété de la Coordination Biterroise, il ne peut être considéré comme contractuel.

7) La charte sur la téléphonie mobile de la ville de Tours : http://www.tours.fr/270-telephonie-mobile.html

8) Le blog des grandes villes : http://blog.grandesvilles.org/3316/telephonie-mobile/antennes-relais-lanfr-va-recenser-les-points-dexposition-superieurs-a-6vm/

9) Robin des Toits : http://www.robindestoits.org/

10) L'aviateur Jules Védrines candidat à la députation (1912 1914) : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1970_num_20_1_393212