Loin de Jeanne d'Arc et du nationalisme, l'histoire du 1er mai commence à Chicago en mai 1886. Les événements, qui vont se conclure par le massacre de Haymarket square, s'inscrivent dans le contexte de l'essor rapide de la grande industrie à partir des années 1860 aux Etats-­Unis d'Amérique.

Cette industrialisation a eu pour conséquence un accroissement considérable de la main d'œuvre ouvrière peu qualifiée et généralement immigrée. Le mouvement revendicatif prit la forme de grèves et d'émeutes au cours desquelles plusieurs dizaines de salariés furent tués.

 

mass meeting

La journée de travail de huit heures constituait une revendication centrale depuis les années 1840. Le mouvement ouvrier américain prit son essor autour de la question des huit heures travaillées payées dix. L'idée d'une grande manifestation nationale décentralisée dans les grandes villes, recueillit l'assentiment général. La date du 1er mai 1886 fut choisie par les syndicalistes américains.

 

Les jours suivants, manifestations et grèves se succèdent un peu partout et la question de la grève générale est posée. Le 3 mai devant l'usine de machines agricoles Mac Cormick la police ouvre le feu sur les manifestants tuant deux ouvriers. Le 4 mai une manifestation de protestation est organisée sur la place de Haymarket à Chicago à mi­distance des sites industriels du nord et du sud de la ville.

A la fin du rassemblement, des provocateurs, sûrement membres de milices patronales, lancent une bombe artisanale sur un groupe de policiers. 8 policiers et 4 manifestants sont tués, on compte plusieurs dizaines de blessés, plusieurs centaines de manifestants sont arrêtés, 8 sont inculpés de la mort des policiers. La provocation joue pleinement son rôle. Le mouvement des 8 heures est brisé en plein élan. Sept des huit condamnés sont pendus le huitième se suicide en prison.

En 1889, lors de son congrès de Paris la Seconde Internationale fait du premier mai une manifestation internationale pour la journée des huit heures. A partir de 1890, la manifestation du premier mai devient un événement annuel, associé aux revendications du monde du travail, en hommage à ceux qui sont morts pour elles.

Loin, très loin de Jeanne d'Arc le premier mai à une histoire : c'est celle de l'internationalisme, pas celle du nationalisme !