Ondes, flotte, collaboration et servilité des politiques, opacité, maquillage et manipulation de l'information ou comment le fabuleux trio[1] installe la télérelève des compteurs d'eau sur Béziers et prépare la venue des compteurs GASPAR.

L'affaire commence au printemps 2014. La Coordination Biterroise[2] est interpelée par le Collectif Vigilance Compteurs Sans Fil créé autour de l'école de La Chevalière où une antenne vient d'être en catimini installée sur le toit.

Avant les élections de mars, le conseil municipal du 27 janvier 2014, présidé par MonsieurRaymond COUDERC adopte une convention entre la Ville de Béziers et Dolce Ô Service (filialede groupe GDF Suez Lyonnaise des Eaux) pour la pose de récepteurs de télérelève sur les bâtiments municipaux. Le déploiement se fait dans le cadre de la modernisation du système de relève des compteurs d'eau. La CABM a confié à la Lyonnaise des eaux (DSP), la mise au point d'un dispositif de relève automatisé des compteurs à distance.

 

La recherche du dossier technique ou comment noyer le poisson[3].

 

Nous allons rencontrer nos trois interlocuteurs et leurs comportements valent le détour. Nous devons obtenir d'eux le dossier technique complet de la télérelève afin de déterminer s' il y a ou non nocivité, concernant ces installations et plus particulièrement celles présentes sur les quatre écoles et les deux gymnases accueillant des enfants.

Nous décidons de contacter les trois interlocuteurs, ne sachant pas qui nous répondra et surtout comment.

Avec la Lyonnaise des eaux, quand nous lui téléphonons en tant qu'abonnés, la réponse est claire et sans détour : « Pourquoi voulez­-vous ces renseignements ? C'est confidentiel ! Le contrat a été signé entre les élus de la CABM, de la Ville de Béziers et notre société, cela ne vous regarde pas ! ».

 

Comment ? Cette multinationale ne sait pas que nous vivons en démocratie même à Béziers...

 

Quand nous nous adressons à la CABM par courrier puis en réunion, nous nous  apercevons que le dossier technique n'existe pas, aucune archive sur le sujet. Comme nous insistons, Monsieur Bernard AURIOL[4] devient méprisant, il ne supporte pas la confrontation des idées. Il essaie de noyer le poisson dans un flot de paroles où la pseudo­science côtoie les lieux communs.

Peut-­on croire qu'il n'y a pas de dossier télérelève à la CABM ? Que le Vice Président Chargé de cette affaire ne le détient pas ? Alors, nos élus de la précédente mandature à l'agglo ont-­ils voté les yeux fermés ? La grande Lyonnaise est-­elle si puissante ? On pourrait quand même se poser la question : comment la multinationale fait-­elle pour convaincre si facilement autant d'élus ? Bien sûr on comprend aisément pourquoi aucun d'entre eux n'est venu à notre conférence débat [5]! En mairie, même chose ou presque, juste un feuillet[6] écrit en tout petit ; il n'est plus question simplement d'antennes radio réceptrices mais d'antennes GSM classées par l'OMS comme « cancérogènes possibles ». On pourrait croire que les choses ont été légèrement maquillées ?

Enfin tout le monde nous promet un véritable dossier technique[7]. Les mesures ou comment mesurer l'inexistant et en déduire pas grand chose[8]. Nous ne lâchons rien. En juin 2014, nous exigeons directement auprès du Président de la CABM, des mesures du niveau d'exposition concernant les antennes GSM et les données techniques précises de celles-­ci (la fiche constructeur). Nous réalisons des mesures[9] sur un site, elle sont en contradiction avec les affirmations du Délégataire de Service Public[10]. Nous les publions dans la presse[11].

Puis en janvier 2015, (tout arrive), le Président LACAS nous transmet les mesures que nous avions demandées et que la Lyonnaise a fait réaliser en octobre 2014. Les résultats[12] sont stupéfiants, c'est de l'enfumage complet. Il est mesuré entre autre un niveau d'exposition de 0,1V/m à 50cm d'une antenne qui ne fonctionne pas. En conclusion, il n'y a donc aucun danger à proximité des antennes. Le pire c'est que l'Agglo n'émet aucune réserve.

 

Les négociations avec la mairie ou comment travailler avec la girouette biterroise.

 

En été 2014, nous obtenons de la Lyonnaise des eaux après deux réunions et quelques courriers, les fiches techniques des installations[13]. Nous sommes reçus en automne à la Mairie[14]. Nous obtenons satisfaction sur le démontage des boîtiers contenant les antennes GSM installées dans les bâtiments concernés. Puis premier volte face de la Mairie, il ne serait plus question de démontage. Nous apprenons que l'élue chargée des écoles[15], colporte l'idée qu'il n'y aurait pas d'antenne GSM dans les établissements mais seulement une antenne radio que la Coordination Biterroise reconnaît comme inoffensive. Nous voilà revenus au discours de Monsieur Raymond COUDERC : le déni.

A croire que la multinationale GDF Suez et sa filiale doivent avoir des arguments très convaincants pour réussir à détourner autant d'élus de leur mission d'intérêt général... Nous décidons de poser la question du démontage des ces antennes directement au Conseil Municipal du 11 décembre 2014. Aimé Couquet interpelle le maire pour nous. En réponse, les antennes seront bien déplacées en dehors des écoles et des gymnases, la Mairie s'engage dans un bref délai à trouver d'autres lieux pour le compte du délégataire.

 

Trois mois s'écoulent, nous voici en mars 2015, les antennes ne sont toujours pas démontées.

 

Il nous faut de nouveau aller au Conseil Municipal questionner[16] Monsieur Robert MENARD. Mais trois jours avant le CM, nous apprenons par Monsieur Aimé COUQUET, que deux conventions[17] N° 64 et 65, vont être examinées au CM du 24 mars 2015. Elles nous concernent directement et semblent être de véritables provocations. Il s'agit pour la convention 64 de revenir sur la télérelève des compteurs d'eau de la Lyonnaise, en remettant en cause la décision du 11/12/2014 au CM, concernant le démontage des antennes dans les deux gymnases. Pour la convention 65, il s'agit de mettre en place de nouveaux compteurs communicants "GASPAR" fonctionnant avec des ondes électromagnétiques (cancérogènes possibles).

Lors de cette séance au CM, Monsieur Aimé COUQUET intervient sur ces deux conventions. Pour la première[18], Monsieur le Maire semble ne pas comprendre quand il est rappelé, que les deux gymnases sont toujours présents dans les deux conventions, contrairement à son engagement du 11 décembre 2014.

Quand Monsieur Aimé COUQUET précise : « Est-­ce une modification de votre position ? » Il répond : « On va le noter, on va voir ce que l'on peut faire ». Toujours est­-il que ce que nous exigeons, c'est le retrait pur et simple de ces antennes GSM qui sont maintenant dénommées « téléphone portable » et cela depuis plus de trois mois.

Quand enfin Monsieur le Maire prendra-­t­-il acte de ses paroles ? Au sujet de la convention sur les compteurs GASPAR[19] le débat est refusé. Pas de réponse à notre questionnement et précipitamment, on passe au vote[20]. Encore une fois comme Monsieur Raymond COUDERC, Monsieur Robert MENARD tronque l'information, la manipule au détriment de la santé des Biterrois. Et pour quel profit ?

Pour eux, peu importe si le dossier technique est vide. Nous, simples citoyens, n'avons droit qu'à une l'information tronquée, ne permettant pas de se faire une opinion objective sur des installations ayant un impact potentiel sur notre santé et notre vie privée ! La bataille des compteurs d'eau n'est pas tout à fait terminée... Celle des compteurs GASPAR ne vient que de commencer !

Il reste aussi une question : qui va remplir la future piscine de Sauvian ? La Lyonnaise des eaux ?

 

[1] Il se compose de : la Lyonnaise des eaux délégataire du service public de l'eau et de l'assainissement sur la ville de Béziers (DSP), la CABM (Communauté d'Agglomération Béziers Méditerranée), la Mairie de Béziers.

[2] Coordination Biterroise : Coordination des Collectifs ou Comités Biterrois Pour une téléphonie mobile respectueuse de la santé publique, représentant l'association nationale Robin des Toits sur le département de l'Hérault.

[3] Une spécialité biterroise à la sauce Lyonnaise des eaux.

[4] Vice­ Président chargé de l'eau et de l'assainissement à la CABM sous la présidence de Monsieur Raymond COUDERC puis sous celle de Monsieur Frédéric LACAS.

[5] Conférence débat : voir les détails sur notre page facebook Coordination Biterroise du 26 mai 2014 et le commentaire du 6 juin 2014.

[6] Ce document se présente sous la forme d'une attestation de conformité des récepteurs de télérelève. Il est certifié ISO 9001 en 2008 mais laisse apparaître des informations sur la tension des appareils qui n'est plus valable depuis 1986. L'équipement est appelé récepteur alors que d'après le schéma de l'annexe1 on trouve une antenne GSM c'est à dire de téléphonie mobile, qui émet en 900 et 1800 MHz. Aucun renseignement sur la puissance d'émission. Concernant la tête émettrice qui sera placée chez nous , il est seulement indiqué qu'elle fonctionne à une fréquence radio de 169 MHz, mais rien sur la puissance. Il est évident que ce feuillet a été réalisé par de multiples copier/coller sans réelle cohérence.

[7] Celui de la CABM, nous l'attendons toujours. Le délai devait­ être de huit jours d'après Monsieur Bernard AURIOL.

[8] Une autre spécialité biterroise présentée par l'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) avec un accompagnement de la Lyonnaise et de la CABM.

[9] Les mesures sont effectuées avec une sonde TES92, à une distance d'1,50m de l'antenne émettrice GSM 900 et 1800 MHz. On mesure des pulsations toutes les 10 secondes de l'ordre de 0,7V/m à 1,5V/m.

[10] la Lyonnaise nous indiquait seulement une transmission toutes les heures. Soit 360 fois moins souvent, par rapport à la mesure. Ce qui n'est plus du tout anodin.

[11] Midi Libre du 27 juin 2014.

[12] Concernant le détail des mesures, voir les courriers de la CABM et de la Lyonnaise des eaux sur notre page facebook Coordination Biterroise du 15 janvier 2015 ainsi que notre commentaire.

[13] La puissance nominale de 2W à l'entrée de l'antenne est augmentée de 1dB pour obtenir 2,5W. Soit 25 fois plus puissant que le Wifi domestique. Il faut s'éloigner de 14,50m pour atteindre le seuil sanitaire de 0,6V/m. Nos enfants ne sont pas épargnés dans leur salle de classe ni dans les gymnases.

[14] Monsieur Laurent VASSALLO attaché au cabinet du Maire pour l'environnement nous recevait. La délégation se composait de : Parents d'élèves, enseignants, riverains, Bruno GOUPILLE et Monsieur Wasyl LAPSZYNSKY de la Coordination Biterroise. Aimé Couquet, Conseiller Municipal d'opposition de la liste "Béziers Résistance" , s'était joint à nous.

[15] Madame FREY élue de la liste "Choisir Béziers" chargée de la famille, de la jeunesse, de la petite enfance et de l'école.

[16] La question posée par Monsieur Aimé Couquet, Conseiller Municipal d'opposition de la liste « Béziers Résistance »porte à nouveau sur le démontage des antennes GSM de la télérelève installées dans les 4 écoles et les 2 gymnases. Le détail de celles-­ci est affiché sur notre page facebook Coordination Biterroise du 19 mars 2015 (événement : Conseil Municipal STOP IRRADIATION nos enfants ne sont pas des cobayes)

[17] Nos commentaires sont affichés sur notre page facebook Coordination Biterroise du 21 mars 2015

[18] Voir notre analyse sur la page facebook Coordination Biterroise du 26 mars 2015

[19] Voir notre analyse sur la page facebook Coordination Biterroise du 26 mars 2015

[20] Pour : La majorité et l'opposition de droite. Contre : Monsieur Aimé COUQUET. Abstention : Mesdames Françoise ARNAUD­ROSSIGNOL et Dolores ROQUE, Monsieur Jean Michel DUPLAA.