VISA ( Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) est une association syndicale qui se veut être un outil d'information et de réflexion pour toutes les forces syndicales qui le souhaitent afin de lutter collectivement contre l'implantation et l'audience de l'extrême droite dans le monde du travail.

Vous trouverez dans cette nouvelle rubrique, tenue et signée par Visa, une chronologie des actions intentées par l'extrême droite localement pour les lois de mars et avril 2018.

MARS 2018

2 mars

Le maire de Béziers Robert Ménard, a été malheureusement relaxé dans le procès contre le journal Midi Libre pour une campagne d'affiche de 2016 accusant les reporters du quotidien d'être tenu « en laisse », tout cela suite au refus des journalistes de relayer le discours de haine du maire prononcé après l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. A l'appui de sa décision, le tribunal de grande instance de Béziers produit des motifs que nous ne partageons pas ; ce qui est bien dommage car la liberté de la presse nous paraît remise en cause dans cette affaire...

3 mars

C'est la ville de Montpellier et non pas Béziers qui a été retenue pour tester la nouvelle « police de sécurité du quotidien » (PSQ). Un des arguments invoqué a été l'absence de collaboration entre la police municipale et la police nationale. Pourtant le directeur de la police municipale de Béziers, Fabrice Cantèle. l'affirme : « Depuis que les policiers de Béziers sont armés, ils s'entraînent avec les policiers nationaux. Ils échangent des informations au quotidien et des réunions de travail permettent d'avancer dans le même sens », « Grâce à tout cela, nous sommes sortis d'un carcan administratif, tout en restant sur une base légale ». Encore heureux pour nous !! Et d'ajouter « Intégrer la PSQ nous aurait permis d'augmenter le nombre de policiers sur le terrain ». Voilà la vraie raison de la volonté de la municipalité de Ménard. Ce n'est pas une police de proximité qu'elle cherche mais une augmentation du nombre de policiers et en plus payés par l'État.

5 mars

Un nouveau centre social agréé par la Caf va bientôt ouvrir dans le quartier populaire de la Devèze. Il comble un vide laissé par la fermeture de l'ancien centre social géré par l'association Arc-en-Ciel, suite à l'annulation de la subvention municipale de 44 000 €. Thierry Mathieu, directeur de la Caf de l'Hérault, qui est l'origine du projet, estime "qu'il est capital, aujourd'hui, d'offrir aux gamins de la Devèze des activités le mercredi et pendant les petites vacances. Cela fait partie des missions de la Caisse dans le cadre de la Politique de la ville, dans un quartier prioritaire, et il est important pour nous qu'il y ait une animation de la vie sociale, que les générations puissent se rencontrer, les parents avec les enfants." C'est l'Adages (Association de développement d'animation et de gestion d'établissements spécialisés), qui s'occupe déjà de 17 structures sur l'Hérault, qui a été sollicitée pour animer le lieu. Le maire, lui, ne s'est pas opposé au projet car au niveau du financement la ville n'intervient pas. C'est la Caf, l'État et l'Agglo qui se sont engagés dans ce projet et le Département et la Région ont donné un accord de principe.

7 mars

Le maire de Béziers, Robert Ménard, envisage de regrouper les musées de la ville après un audit de la Drac et du ministère de la Culture constatant divers dysfonctionnements et des « des conditions de conservation et de présentation inacceptables» au musée Fayet. A plus long terme, le maire projette de rassembler l'ensemble des musées au Palais des Évêques qui deviendrait ainsi Le musée de Béziers. Pascal Resplandy, conseiller municipal d'opposition LR, déclare : « C'est une très bonne chose que M. Ménard révise sa copie sur son projet au Palais des Évêques. C'est une victoire mais il va falloir voir les conditions dans lesquelles cela a été monté. Son annonce ne nous dit pas si la vente est annulée, ni les conditions dans lesquelles il veut faire ça ». Aimé Couquet, élu d'opposition communiste, regrette, lui, que la politique culturelle de la ville soit loin d'être élaborée démocratiquement : « Regrouper les musées biterrois sur l'Acropole pourquoi pas ? Ce serait certainement mieux qu'un musée croupion d'art sacré prévu dans le projet du promoteur immobilier ». De son côté, Jean-Michel Du Plaa, élu d'opposition socialiste indique « Pendant la campagne des Municipales, Robert Ménard avait, lui aussi, lancé l'idée d'un grand centre d'art contemporain, alimenté par son carnet d'adresses. Un peu plus de deux ans plus tard, il a fait voter par sa majorité municipale la vente du Palais des Évêques... Aujourd'hui, grâce à l'audit de la Drac et du ministère Robert Ménard révise son projet. C'est trois ans de perdus »...

8 mars

Du changement à la Mairie de Béziers !! Au mois de mai 2015, Robert Ménard a nommé Jean-Luc Montès à la Direction des ressources humaines de la mairie. Deux ans et demi plus tard, il quitte ce poste. L'homme arrivait de Narbonne où il avait eu quelques démêlées avec la justice pour favoritisme en tant que directeur général de l'office des HLM. Pour mémoire, Jean-Luc Montès avait remplacé Rachel Greff, poursuivie par la municipalité au Tribunal administratif (comme son adjointe Séverine Arriau), pour avoir soi-disant perçu des sommes à tort. Le jugement est tombé récemment et la mairie a été déboutée et condamnée à payer les frais de justice. Et voilà, encore des dépenses supplémentaires pour les Biterrois ! Quand à Jean-Luc Montès, il s'est vu confié une mission sur les personnes âgées au CCAS.

10 mars

Interview dans le Midi Libre des Chevaliers du Fiel dans le cadre de la promotion de leur film Les Municipaux, ces héros ». Extraits : «Depuis qu'il y a Ménard à Béziers, nous ne jouons plus ici. Nous ne pensons pas qu'il en soit réduit à compter, comme dans notre film, les feuilles de papier toilettes du personnel pour faire des économies... Non, il a mieux à faire avec ses affiches sur les flics municipaux où les revolvers sont des amis. Notre pouvoir d'artistes est de ne jamais donner de leçons à personne, mais cela ne nous oblige pas de faire quelque chose que l'on ne veut pas. Je ne veux pas monter sur scène, ici, pour dire ce que je pense de ce monsieur. Je préfère dire, je suis désolé pour les Biterrois, mais venez nous voir à Narbonne ou ailleurs ». Réflexion : Voilà où mène la politique culturelle de la ville lorsque son maire semble tout heureux de nous annoncer que grâce à lui « maintenant, toute la France sait où se trouve Béziers ».

13 mars

Justement, à entendre Robert Ménard, Béziers est en train de renaître de ses cendres et la ville est mieux gérée qu'avant. Ainsi, lors du conseil municipal sur le vote du compte administratif 2017, il n'a pas hésité à dire que les impôts des Biterrois avaient baissé et que la dette de la collectivité avait été assainie. Pourtant tous les opposants (de droite comme de gauche) ont une nouvelle fois contesté les chiffres avancés par la mairie. C'est l'élu communiste Aimé Couquet qui a entamé les critiques. Pour lui, « la propagande municipale est une véritable imposture » : « Dans le courant du mois de février, vous avez apposé des affiches auto-promotionnelles indiquant : "Impôts locaux, 0 % d'augmentation depuis 2014 ». Or, la pression fiscale augmente et les impôts acquittés par les Biterrois seront dès cette année plus élevés qu'en 2013. » Puis Aimé Couquet est revenu sur une autre affirmation du Journal de Béziers concernant la dette de la commune : « Depuis 2014, l'endettement par habitant est certes passé de 1558 à 1476 €, mais en ce qui concerne l'encours, il se situe peu ou prou au même niveau qu'en 2014, et ce, malgré l'absence d'investissement ». Enfin, il a fait remarquer qu'il y avait des manques dans ces comptes administratifs « Comme les 3,8 millions d'euros qui aurait dû être versés à l'Agglo avant le 31 décembre ».

Lui emboîtant le pas, Pascal Resplandy s'étonne que dans ces comptes « il y a des erreurs flagrantes que je peux considérer, comme intentionnelles et malhonnêtes ». Et d'enfoncer le clou sur le ratio de solvabilité de la commune, (qui définit le nombre d'années que la commune mettrait à rembourser sa dette si elle y consacrait toute son épargne brute) : « le calcul de ce ratio est fait sur la base d'un chiffre minoré de 1 M€. Je soupçonne fortement que cette erreur soit volontaire dans le but de présenter un ratio à 7,9 années, juste en dessous de la zone orange, alors que le bon calcul est à 8,04, clairement dans la zone orange ». Enfin, l'élu de droite s' interroge « sur les raisons de l'augmentation de la masse salariale. Notamment sur ces frais de personnel qui sont passés de 59,9 à 61,2 millions d'euros alors que la Ville a perdu 72 fonctionnaires sans parler des frais d'avocat, hors procédures juridiques qui atteignent 619 000 euros... » Ce jour-là, aucun responsable de la municipalité n'apportera le moindre argument concernant la disparition de 1 M€ manquant pour calculer le solde de solvabilité. C'est seulement deux jours plus tard que la mairie publiera un communiqué pour expliquer que la loi permettait jusqu'en 2018 de ne pas « prendre en compte le montant que l'État verse à la Ville au titre des "fonds de soutien" qui viendrait en déduction de l'encours de la dette. » Voilà comment Béziers, est passé en zone verte...

14 mars

Stupeur, la Cour d'Appel de Paris a relaxé Robert Ménard, pourtant condamné en première instance pour provocation à la haine raciale pour avoir indiqué dans deux tweets qu'il y avait trop d'enfants musulmans dans les écoles de sa ville (91% dans le centre de Béziers), et qu'ils étaient en train de remplacer les Français... L'argument de la Cour est de dire que « les propos incriminés ne contiennent pas une exhortation éventuellement implicite à la haine ou à la discrimination ». Ah Bon ? Cela n'est pas discriminant ? Cette décision intervient au moment même où le gouvernement d'Édouard Philippe affirme « vouloir renforcer les lois contre le racisme et l'antisémitisme ». Nous, on attend de voir ! Évidemment, de son côté Ménard exulte. Voilà ce qu'il dit juste après sa relaxe « traîné devant les tribunaux par un aréopage d'idéologues dits "anti"-racistes pour avoir oser décrire la réalité de l'immigration en France et du changement de population dans un certain nombre de quartiers de Béziers... Ce jugement est une déconvenue supplémentaire pour les officines politiques subventionnées, professionnelles du harcèlement judiciaire, qui hystérisent le débat.... » Et pour défendre encore un peu plus le pauvre Ménard, « injustement » attaqué, le site internet Hérault tribune très favorable au maire, remet la Une du Journal de Béziers sur les migrants qui arrivèrent soi-disant en masse à Béziers (ils étaient 40 personnes)... Une qui avait été pourtant condamnée par la justice...

15 mars

A l'appel des syndicats, les retraités sont venus devant la sous-préfecture pour protester contre le gel de leur pension de retraite et l'augmentation de 1,7 % de la CSG décidés par le gouvernement. La participation a été évaluée à cinq cents personnes. A noter que le couple Ménard était présent à cette manifestation et que personne ne les a priés de dégager comme ce fut le cas pour le député Sébastien Chenu (FN) et le dirigeant des Patriotes, Florian Philippot dans d'autres villes.

16 mars

Le couple Ménard, fait dans le « social » !! ? A la suite du président de l'Agglo, ils se sont adressés à la direction d'EDF Énergies Nouvelles (mais aussi à Nicolas Hulot et Bruno Lemaire) suite au déménagement prévu à l'horizon 2022 de cette filiale d'EDF (150 emplois à Béziers / Colombiers) pour concentrer toutes les activités de ce pôle sur Montpellier. Ils s'inquiètent « de la disparition d'une activité créatrice d'emplois et porteuse d'avenir » alors que « notre territoire multiplie les initiatives et les efforts pour combattre un chômage supérieur à la moyenne nationale », disent-ils pour nous faire croire qu'ils se préoccupent vraiment des intérêts des travailleurs... Et de relancer une nouvelle campagne d'affichage nominative pour dénoncer le responsable d'EDF -Énergies Nouvelles Antoine Cahuzac : « Pour vous Béziers cela ne compte pas ! », « Un homme qui ne daigne pas recevoir ces « provinciaux » qui ont l'audace de lui demander des comptes »... Pour ne pas en rester là, quelques jours plus tard, le président de l'Agglo, Frédéric Lacas écrit une lettre ouverte au maire de Montpellier, lui demandant de refuser officiellement et publiquement l'implantation du futur site d'EDF Énergies Nouvelles. Le maire de Montpellier lui a fait remarquer qu'il avait un téléphone et qu'il n'était pas obligé de faire une lettre ouverte et que « la clef de la répartition des personnels EDF sur le territoire national n'est certainement pas de la compétence du maire de Montpellier ou de celui d'une autre ville ». Ce qui a fait dire à un lecteur du journal local « Sérieusement, si Béziers s'effondre, c'est bien à cause de personnes qui au lieu de se poser les vraies questions sur les difficultés de leur ville accusent les autres ! ». Enfin signalons qu'à la question du pourquoi la concentration à venir ne se ferait pas sur le site de Béziers / Colombiers, les syndicats se sont vu répondre : « L'environnement et l'image dégradée du territoire biterrois rendent difficile une telle hypothèse » Cherchez l'erreur !!!

17 mars

Dans l'Hérault Tribune, journal en ligne soutenant inconditionnellement la mairie de Béziers, on apprend que Mme Ménard a écrit une lettre au Ministre de la culture au sujet d'un arrêté interdisant la participation d'amateurs, dans des pièces de théâtre par exemple , lorsque les entrées sont payantes. Pour Mme Ménard, cette mesure voulant protéger les « artistes salariés », est loin de protéger ces amateurs et les spectacles qu'ils contribuent à animer. Et de citer, « les quinze reproductions estivales de la bataille de Castillon (dernière bataille de la guerre de Cent ans) avec ses 400 bénévoles en Gironde » ou des spectacles dans le château de Saint-Fargeau ou encore le Puy du Fou. Pour Mme Ménard, l'utilisation de bénévoles dans des spectacles culturels est un bon exemple car « ces amateurs participent à la vitalité économique des territoires, à la sauvegarde du patrimoine et à la renommée de la France ». Et de développer que le spectacle du Puy du Fou (de leur ami, anti-républicain et complotiste Philippe de Villiers) «voit son existence conditionnée à la présence de ses bénévoles amateurs ». Pour Mme Ménard, « les amateurs qui participent à ces spectacles ne sont pas des travailleurs clandestins ou exploités. Ils acceptent librement les contraintes qui leur sont imposées» sauf qu'elle oublie juste un petit détail : une grande majorité d'entre eux aimeraient sûrement être payés car au fond, ils participent au développement économique d'une entreprise privée qui elle, fait des bénéfices assez importants.

18 mars

Une dizaine de militants se sont réunis à l'entrée de la Rue du 19 mars 1962 (date de l'anniversaire de la signature des Accords d'Evian) débaptisée le 14 mars 2015 par le maire de Béziers qui a préféré lui donner le nom d'un officier ayant participé au putsch des généraux factieux en avril 1961, le commandant Elie Denoix de St Marc. Après avoir superposé à la nouvelle plaque une imitation en carton de l'ancienne, Raymond Cubells de l'appel des Cent, s'appuyant sur un texte d'Aimé Césaire, a rappelé ce qu'était le colonialisme avec le code de l'indigénat qui s'appuyait sur un racisme banalisé. Aujourd'hui, le maire de Béziers tente de nous faire passer l'OAS pour une organisation défendant tout simplement la France. Or il s'agit d'une organisation terroriste qui exécutait tout ceux qui voulaient en finir avec cette guerre d'Algérie. Ainsi, Jean-Philippe Ould Aoudia (fils d'une des victimes de l'OAS) a rappelé cette violence dans un texte paru sur Internet : Dès le 4 mars 1962, Paris et Tunis publient un communiqué annonçant l'ouverture de négociations... Immédiatement, l'OAS manifeste sa criminelle détermination à empêcher tout accord et, dans la nuit du 4 au 5 mars, 130 explosions de plastic résonnent dans la nuit d'Alger causant d'importants dégâts. « Le 15 mars, l'OAS se livre toujours à une série d'attentats individuels et collectifs dans Alger. Ainsi sur les hauteurs de la ville, un commando de tueurs investissent des locaux appartenant à l'Éducation nationale où se déroule une réunion de responsables venus de plusieurs départements. Les assassins font l'appel des noms inscrits sur une petite feuille de papier et conduisent les six enseignants appelés à l'extérieur, les alignent dos au mur où ils seront abattus au fusil- mitrailleur. Les six victimes sont les principaux dirigeants des Centres sociaux éducatifs, créés en 1955 et s'appellent Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould Aoudia. Pour Jean-Philippe Ould Aoudia, c'est bien « la responsabilité de l'OAS et de sa politique de la terre brûlée » avec ses crimes innombrables, ininterrompus, qui aura finalement pour seul résultat tangible le douloureux départ des Pieds-Noirs d'une Algérie qu'ils aimaient, et le chagrin des descendants des victimes d'assassinats aussi abjects qu'inutiles ».

19 mars

Contrairement au maire de la ville, le sous-préfet de Béziers, Christian Pouget a rendu hommage aux combattants morts en Algérie, Maroc et Tunisie à l'occasion de la fin officielle de la guerre d'Algérie. Ceci dit, au même moment quelques militants du Mouvement national de la résistance harki et l'association « les harkis et la République » se sont rassemblés pour que « l'État Français reconnaisse officiellement l'abandon des harkis à la fin du conflit.

23 mars

Robert Ménard annonce et ce n'est un secret pour personne qu'il briguera un deuxième mandat à l'hôtel de ville en 2020. Mais petit détail, il veut être un candidat sans le soutien « d'aucun parti ». Dans le communiqué envoyé à l'AFP, il met en avant les défaites du FN à la présidentielle et aux législatives de 2017, qu'il a ressenti comme un « désaveu des Français ». « J'ai de vrais désaccords avec le FN, comme leurs « positions folles furieuses » sur l'Europe ou leur « discours gauchisant » sur les questions sociales (Ah Bon, nous, on n'avait pas remarqué...) et d'estimer que « Marine Le Pen à la tête du FN et Laurent Wauquiez à la tête des Républicains défendent tous les deux leurs intérêts de boutique au mépris de leurs électeurs ». Et de marteler sa nouvelle «stratégie » : « Pourquoi on gagne les élections ici ? Parce que les électeurs de droite votent pour nous sans hésiter ». Sauf que pour ce recentrage vers la droite, le maire oublie un peu vite qu'à Béziers, la Droite est méprisée par lui et qu'il a été élu avec le soutien actif du FN. Pour mémoire, on se souvient qu'un grand nombre de militants du FN étaient déjà contre la désignation de Mme Ménard comme candidate aux législatives de 2017. Alors, on est en droit de se demander s'il n'a pas pris les devants, supportant mal l'idée que le FN puisse désigner un autre candidat que lui dans les prochains mois ?

27 mars

Tiens re-voilà André-Yves Beck, l'ancien directeur de cabinet du maire de Béziers, très proche des identitaires et qui est maintenant dans le Vaucluse auprès du Front national. Cette fois-ci, c'est sur la page Facebook de Bruno Lerognon, responsable du FN sur Béziers (très critique envers le maire de la ville) qu'il livre une appréciation sur Robert Ménard : « D'un point de vue du sens politique et de la pensée doctrinale, il a la cervelle d'un colibri », écrit-il !!Ambiance chez les extrémistes !!

27 mars

Curieusement, au même moment, les Ménard relance leur idée de « doubler » le FN en espérant unir la droite extrême à l'extrême droite... Ainsi leur petit monde d'extrémistes catholiques et réactionnaires a lancé un appel à Angers suite à une réunion organisée par le Cercle Anjou Conférences... Pour information, le siège social de ce cercle est situé au domicile d'un certain Gaëtan Dirand, ancien secrétaire départemental du FN, d'obédience catholique traditionaliste, qui a quitté le parti de Marine Le Pen, bien trop dédiabolisé à ses yeux. Parmi les conférences que ce cercle organisent régulièrement citons celles de Jean-Yves Le Gallou, militant à l'extrême droite depuis les années 60 et aujourd'hui proche de la mouvance identitaire avec sa fondation Polémia ou celles de négationnistes comme leur ami Henri Roques. Mais revenons à cet appel qui regroupe tous les groupuscules plutôt intégristes, catholiques, anti-avortement ou anti-féministes qui naviguent entre la droite tendance supporters de la « Manif pour tous » et l'extrême droite déçue ou écartée par le FN... Parmi les présents on a pu noter Guillaume de Thieulloy, l'animateur du Salon beige, un blog de laïcs catholiques (sic), les deux députés Marie France Lorho (Ligue du Sud, ancien suppléante de Jacques Bompard) et Emmanuelle Ménard, Pascal Gannat, vice-président du groupe FN-RBM au conseil régional des Pays de la Loire et Karim Ouchikh, président du SIEL ainsi que Jean Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate. Thierry Mariani (LR) ancien député et ancien ministre des Transports est intervenu lui aussi mais par vidéo. Il hésite sûrement sur son avenir politique entre le FN et ce regroupement hétéroclite. En effet, la marge de manœuvre de cet appel semble un peu compliquée dans l'avenir immédiat d'autant plus qu'il fait un peu concurrence à l'initiative de Nicolas Dupont-Aignan et de sa plateforme des "Amoureux de la France" en vue d'une liste européenne. Cela n'a pas empêché Robert Ménard de dire ce jour-là « qu'il faut faire exploser les partis politiques ». Avis qui n'était pas partagé par tous les intervenants. Histoire à suivre....

28 mars

Robert Ménard rend lui aussi, hommage à Arnaud Beltrame victime d'un terroriste à Trèves dans l'Aude, en donnant le nom du gendarme à une allée d'un parc de la ville. Comme par hasard, lors de son discours, il insiste pour développer sa vision du grand remplacement... version plutôt mystique. Extrait : « À Trèbes, il s'est passé quelque chose de l'ordre du symbolique, je dirais presque de l'ordre du sacré : la rencontre, le face à face entre un Français de cœur et un Français de papier, un Français d'honneur, de fidélité et de foi, et un Français de haine, de barbarie et de mort. Arnaud Beltrame est une leçon de morale dans un monde, dans une époque qui en manquent cruellement.... Du geste de son fils, la mère d'Arnaud Beltrame a dit qu'il devait « réveiller les Français ». Elle a raison... ». Puis Ménard développe de manière étonnante « Arnaud Beltrame n'est pas une victime du terrorisme mais de l'intégrisme islamiste » avant de terminer son discours en comparant le geste d'Arnaud Beltrame à celui de Jean Moulin. Belle récupération !! A propos du courage d'Arnaud Beltrame, on peut relire un article toujours en ligne paru dans la rubrique « Place aux lecteurs » d'EVAB.

29 mars

Le quotidien Midi Libre revient sur le projet du site de l'Acropole qui a évolué depuis novembre 2016, date à laquelle ce marché a été négocié avec le promoteur immobilier Jean-Luc Estournet du groupement Les Villages d'Or/Thoulouze. A l'origine, il comprenait un complexe hôtelier avec vinothèque dans l'ancienne maison d'arrêt et une résidence de luxe défiscalisée dans le Palais des Évêques et l'aile Champeau. Suite au dépôt d'un recours au tribunal administratif par l'association « Béziers, notre patrimoine », et à la difficulté d'avoir un permis de construire d'État et non municipal pour le Palais des Évêques, Robert Ménard a changé de tactique et a annulé ce projet pour en faire voter trois autres toujours avec le même promoteur. Et puis, quelques mois plus tard, en janvier 2018, un permis de construire est déposé pour la transformation de l'aile Champeau en douze appartements de grand standing et enfin le 7 mars dernier, le maire annonce un regroupement des musées municipaux dans le Palais des Évêques. Du coup, la résidence grand luxe prévue au départ semble passée aux oubliettes, tout comme le cahier des charges auquel s'étaient conformés d'autres candidats. Ce qui fait dire à l'architecte François Gauthier (ancien candidat au projet) que Robert Ménard : « pique les idées à droite, à gauche, dans les dossiers rendus et il invente autre chose ». Et de dénoncer « cette tendance à l'appropriation d'idées et de sujets que notre société et ses partenaires ont développés à l'occasion de l'appel à projets sur le Palais des Évêques et la prison ». Avant de conclure : « Béziers est une grande dame dont le charme s'étiole depuis quelques années. Elle a besoin d'un médecin qui la serve et peut-être pas d'un médecin qui se sert d'elle pour exister. » Bref, la gestion Ménardienne semble très très fluctuante... Surtout que François Thoulouze, l'architecte associé à l'équipe lauréate explique que « c'est une bonne chose de regrouper les musées, mais la structure initiale n'est pas, au départ, adaptée pour faire un musée ». Et de développer son idée : « Il faut des grandes pièces, des grands volumes. Là, vous avez un grand volume dans la salle des pas perdus, mais le reste ce sont des salles qui ne font pas 80 ou 100 m2... Je crois qu'il y aura des travaux importants qui doivent être soumis à la Drac. Donc, il faut étudier le projet. »

Fin Mars

Diffusion d'un numéro spécial UL CGT Béziers. Le document rappelle que élection de Robert Ménard en 2014 a été gagnée grâce à une triangulaire. Il avait obtenu au deuxième tour 46,98 % (14 867 voix) soit 31,36% des inscrits et 37 sièges au conseil municipal et 22 sièges au conseil communautaire, les autres candidats n'ayant en tout que 12 sièges au conseil municipal et 8 sièges au conseil communautaire malgré leur 16 754 voix (53,02%). Le document rappelle ensuite que « les investissements dans la ville, pourtant un des premiers leviers économique dans les mains des mairies afin de dynamiser l'économie locale, ne sont que de 16 millions en 2016 (ils étaient 40 millions en 2014) » que le maire de Béziers s'est adjugé l'entière paternité dans les médias de la rénovation des Neuf écluses de Fonséranes alors que la ville n'a mis que 4% dans le budget final (36 millions d'Euros de l'Agglo, 18% de la région, 19% du département, l'État et l'Europe 22%). Autres informations, nous apprenons que le personnel municipal est passé « de 1631 à 1542 agents soit une baisse de 89 agents et ce malgré le recrutement de plus de 50 policiers municipaux ». Que le « recrutement de contractuels à fort salaire viennent occuper des postes de direction (une manière d'avoir des cadres aux ordres) » alors que « les autres services municipaux voient leur effectifs diminués et qu'ils ont de plus en plus de mal à fonctionner (budget en baisse incessante, départ à la retraite non remplacés.. Et que les services à la population sont abandonnés ». On apprend également que « le centre médico-sportif a été fermé (ce service permettait aux usagers de faire des tests sportifs pour la pratique du sport. Ils étaient assurés pas des médecins, (cardiologues, pneumologues) ) et le matériel de pointe a été vendu à un médecin privé qui assure ces prestations (bien entendues payantes) » Que « le service d'animation sportive a lui aussi fermé ses portes : il assurait des stages sportifs pas chers (en fonction du quotient familial) les mercredis et durant les périodes scolaires (classe rugby notamment), que le nettoiement et l'entretien ne sont qu'à moitié assurés dans les quartiers qui n'ont pas la chance d'être dans l'hyper-centre de Béziers (la moitié des effectifs y est mobilisée ). Le document précise aussi que « le maire a stoppé en décembre 2014, la création de 300 emplois directs et indirects avec le refus de signer un permis de construire à la chaîne de vêtements Orchestra » et que le rachat des murs des Galeries Lafayette au profit du propriétaire du polygone M. Chambon, est qualifié par certains de « bombe à retardement financière » et qu'en août 2015, suite au rachat par Schlumberger de son concurrent américain Cameron (plus grosse entreprise privée de la ville avec 750 emplois), le maire n'a pas vraiment cherché d'autre solution en déclarant « ce n'est la première fois que la société voit ses effectifs diminuer drastiquement en fonction des aléas de la production pétrolière. A plusieurs reprises la société a pu, a su rebondir embauchant de de nouveaux plusieurs centaines d'employés »... En revanche, les attaques contre les syndicats se sont multipliés, notamment en menaçant directement la Bourse du travail.

 

AVRIL 2018

 

1er avril.

Humour révélateur à la mairie de Béziers. Pour le premier avril, la mairie a fait paraître un faux arrêté signé Robert Ménard, interdisant la lecture du journal Le Midi Libre sur l'ensemble du territoire de la commune. L'arrêté indiquait : « considérant qu'il convient d'assurer l'ordre public, l'hygiène mentale et la sécurité des personnes et des biens sur l'Espace public... il convient de prendre des mesures nécessaires en ce sens »... L'humour révélateur de la liberté de la presse de ce maire qui ose encore se vanter d'avoir créé « Reporter sans frontière »...

9 avril

L'annonce de la transformation du statut de délégation de Béziers en établissement de la CCI Hérault ne plaît pas du tout à Ménard. Pour lui : « Cette décision va à l'encontre des promesses maintes fois renouvelées par son président. C'est tout simplement la mort de la chambre de commerce dans le Biterrois qui a été ratifiée. Par ce vote, la CCI se dégage, en effet, de toutes obligations en termes de locaux, de personnel et de nombre d'élus du Biterrois dans les instances départementales. » Pour le président de la CCI, il s'agit seulement « de rapatrier les services installés sur les Allées (l'immeuble a été vendu à la Ville par la CCI) vers des locaux situés près du centre de formation des apprentis (Montpellier) tout en maintenant une "vitrine" en centre-ville. Le lendemain, lors du conseil municipal, où le maire a fait voter un vœu demandant le maintien de la CCI à Béziers, Aimé Couquet (élu PCF) expliqua alors qu'il «était le seul, avec Brice Blazy à l'époque, à s'abstenir lors du vote de l'achat de l'immeuble de la CCI, sachant que derrière, nous allions arriver où nous sommes actuellement ». De son côté, Jean-Michel Du Plaa (élu PS) se disait gêné par ce texte « C'est quand même compliqué de nous présenter un vœu qui est la copie conforme d'un communiqué que vous avez diffusé la veille. C'est un copié collé à deux mots près. Je sais votre passion inouïe et votre maîtrise pour la communication, mais qu'est-ce qui vous empêchait d'attendre le conseil municipal pour qu'on ait cette discussion. Nous nous couvrons de ridicule pour valider simplement, vous nous prenez pour une chambre d'enregistrement. Enfin, Pascal Resplandy, l'opposant de droite relevait, « Nous leur avons donné 1,5 M€ et maintenant vous criez : "Je suis trahi" ! Moi, je dénonce votre soutien réciproque, votre mauvaise stratégie. »

10 avril

A ce même conseil municipal, Robert Ménard a annoncé « deux bonnes nouvelles » : « La Ville vient de percevoir, comme tous les actionnaires du Pech bleu (funérarium) une part des dividendes. » Soit 257 000 € pour Béziers, actionnaire à 85 %. Même système pour l'Occitane de restauration : la Ville a perçu, là, 905 000 € ». Sur ces deux structures, le maire précisait : « Elles dégagent des bénéfices qui étaient en banque et je trouve que ce n'est pas la place dans une SEM (société d'économie mixte) de garder un bas de laine qui ne profite à personne et ne rapporte rien » Aimé Couquet (élu PCF) a quand même fait remarquer que « cet argent aurait pu servir à faire baisser les prestations dans le domaine de la mort. Plutôt que de distribuer les dividendes, il faudrait en faire profiter l'ensemble de la population. Pareil pour le restaurant scolaire où là, on aurait pu baisser les tarifs. ». Dans ce conseil municipal, on a appris également que le nombre de caméras de vidéo-surveillance a encore augmenté à Béziers.

13 avril 

Dans le Midi libre, on a appris que la communauté d'agglomération a décidé de construire un palais des sports pour l'équipe des volleyeuses de Béziers. Et c'est à cette occasion que Robert Ménard, probablement pour se vanter, a confirmé que la Ville donnait 1,5 M€ pour les trois clubs pro (Volleyeuse, foot et rugby) alors qu'elle donne seulement 180 000 € pour tous les autres clubs amateurs. Ce que l'on appelle, nous, la conception du sport élitiste à l'inverse du sport pour le plus grand nombre. Ceci dit, le responsable du club de rugby affirme quand même que « "L'inflation des salaires est de 15 % par an en Pro D2, c'est pour cela que nous allons chercher des joueurs Fidjiens, Argentins ou autres car ils sont moins chers. » Bref, l'ultra-libéralisme version sportive...

13 avril

Récemment Ménard s'est glorifié dans son journal que Béziers soit la plus ancienne ville de France. Effectivement, suite aux fouilles archéologiques du quartier Saint-Jacques, la ville serait bien née entre -640 et -625 de notre ère. Une belle aubaine pour le maire, sauf que, petite précision, un peu moins chauvine, selon Elian Gomez, docteur en archéologie : « le phénomène urbain dans ces périodes-là est totalement étranger aux civilisations celtiques de l'Europe de l'Ouest et il arrive par les colonisateurs grecs, étrusques, phéniciens... En Gaule, jusqu'à preuve du contraire, à cette époque-là, il n'y a que deux colonies grecques, celle de Béziers et celle de Marseille. Bref, des étrangers qui sont arrivés et qui sont restés... Pas très Français tout ça !!

 

DEBUT MAI 2018

1er mai

Manifestation du 1er mai à Béziers et diffusion du 1er 4 pages de Visa 34. Le document décortique trois aspects de la gestion municipale : les impôts locaux, la police municipale, et la situation des employés de la mairie.

5 mai

Ménard poursuit sa tentative de trouver place au niveau de la politique nationale. Malheureusement pour lui sa venue à Saint-André-de-Cubzac, commune de Gironde, liée au collectif « Pour la France-La France unie » dont le but est d'unir la droite et l'extrême-droite, n'a pas du tout été appréciée par les habitants. Toute la gauche, l'extrême gauche ainsi que « La République en Marche de Gironde » et le MODEM avait appelé les citoyens à se mobiliser contre lui. Il a ainsi eu droit à un comité d'accueil qui l'a un peu bousculé. Il est tombé au sol avant d'accéder à la salle... Homme fragile, (et victimaire) il a eu droit à 4 jours d'ITT et a décidé de porter plainte. Ces quatre jours d'ITT ne l'ont pas empêché de sautiller de joie le lendemain, lors de la réception des Biterroises, championnes de France de volley-ball.