Les médias ont longuement couvert les drames des réfugiés en Méditerranée, mer qui est devenue le plus grand cimetière marin du monde... En 2016, ce sont plus de 5 000 migrants qui ont péri noyés. Il y a pourtant une autre tragédie qui concerne aussi les réfugiés et dont on ne parle pas. Du moins jusqu'à aujourd'hui. Au Sahara, en Libye, il y a plus de migrants qui meurent qu'en Méditerranée.

De Jean-François Gaudoneix

Ces réfugiés qui viennent de l'Afrique subsaharienne ont, avant de traverser la Méditerranée, un long et périlleux chemin à parcourir...
C'est d'abord la grande traversée du Sahara : 3 ou 4 jours dans des camions où les réfugiés sont ballottés, risquant d'étouffer au centre, ou de tomber s'ils sont sur les bords du camion. La déshydratation est aussi un danger, comme les violences qu'ils peuvent subir. On retrouve des corps abandonnés le long de ces itinéraires. Aucun comptage n'est fait.
Régulièrement l'OIM (Organisation Internationale des Migrants) annonce « 18 morts de soif », « 30 corps en décomposition », « 34 morts près d'une oasis », « 50 corps inanimés retrouvés au nord-ouest du Niger » etc... Entre janvier et avril, l'OIM a pris en charge 5 100 personnes. Pour Paloma Casaseca, chargée de communication au bureau nigérien de l'OIM, ces chiffres ne sont qu'un « petit bout de l'iceberg » !

On estime qu'il y a plus de migrants qui meurent à terre qu'en Méditerranée.

Cet automne, un reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères comme des esclaves a réveillé les médias. Pourtant l'OIM avait déjà signalé cela en avril.


L'Union européenne est en grande partie responsable de ces événements. En bloquant les migrants en Libye, elle les laisse en pâture à tous les trafics inimaginables. L'UE paye même l'État libyen pour cela. Elle payait pour construire des prisons du temps de Kadhafi, elle paie aujourd'hui pour la « gestion des migrations en amont des traversées méditerranéennes ».

Dans la Libye post-Kadhafi, les migrants endurent dans les centres de la Lutte contre les Migrations un calvaire : entassement, sous-alimentation, traitements indignes, corrections à la matraque électrique, racket, viols des femmes par les gardes ou des trafiquants. Le Haut-commissaire aux Droits de l'homme de l'ONU estime à au moins 20 000 le nombre de ces réfugiés dans les centres de Tripoli. Et le vocabulaire employé par ce Haut-commissaire de l'ONU est sans ambiguïté : « outrage à la conscience humaine » « catastrophe », « horreurs inimaginables » et il dénonce la « coopération inhumaine » de l'Union européenne avec la Libye. Il dénonce l'inaction de l'UE pour lutter contre les abus subis par les migrants.

Pour conclure, les paroles de Pietro Bartoli, directeur de l'hôpital de Lampedusa (île entre la Tunisie et la Sicile qui a vu passer plus de 400 000 migrants depuis les années 1990) montrent la marche à suivre : « Il y a ceux qui construisent des murs, d'autres qui posent des barbelés, mais ce ne sont ni les murs, ni les barbelés qui stopperont ces migrants. Le seul moyen de les arrêter est de les aider dans leur pays d'origine, mais tant que nous n'arriverons pas à régler le problème, il est du devoir de chacun de les assister, de les accueillir. »

470 associations lancent les États généraux des migrations !

Un collectif rassemblant 470 associations a lancé les "états généraux des migrations". Le but de cette initiative est de dénoncer la politique menée par le gouvernement. En s'appuyant sur des concertations décentralisées et une mobilisation citoyenne, le collectif va établir une liste de propositions soumise au printemps. Nous sommes des dizaines de milliers de citoyens et notre voix doit être entendue. Cette initiative se veut "un contre-pouvoir pour dénoncer la situation inacceptable sur le terrain, exiger en urgence le respect des droits fondamentaux et l'inconditionnalité de l'accueil.

Assemblée générale de l'ABCR

Le mercredi 24 janvier, à 20h, se tient l'assemblée générale de l'ABCR, à la MVA, salle 4.
Si vous désirez participer au travail que mène l'ABCR sur Béziers, vous êtes les bienvenus.
Un pot clôturera cette AG.