Le 24 mai 2015 dans une ambiance de liesse populaire généralisée, les électeurs de Valence et de la communauté autonome mettent fin à 24 années de règne sans partage de l'aile droite affairiste du Parti Populaire sur la ville, et à 20 ans de gouvernance de droite sur la généralité.

par Didier

A Béziers comme à Valence, battre la droite extrême après 24 ans de défaites électorales, c'est possible! A Valence le Parti Populaire a laissé une situation proche de la faillite et une ardoise de 1,2 milliard d'euros. Dans Valence et sa communauté l'éviction des « Yonquis del dinero » , les accros du fric, est le fruit d'un long processus avec d'un côté : le discrédit des dirigeants affairistes du Parti Populaire, leurs dépenses somptuaires, la corruption généralisée, l'éventration des quartiers populaires pour le tout béton, la comparution devant le tribunal suprême de Madrid de l'ex maire Rita Barbera pour blanchiment et extorsion de fonds publics...

Et d'un autre côté l'émergence d'un fort mouvement citoyen qui culmine par le regroupement de 90 associations, syndicats, mouvements ou partis qui se réunissent autour d'un programme de gouvernance collective. Au niveau de la ville de Valence c'est : "Le pacto de la Nau", au niveau de la généralité c'est : "L'acord del Botanic". Dans le pacto de la Nau des engagements programmatiques sont déclinés en 35 points tous élaborés en amont, de manière participative.

- Lutte contre la pauvreté infantile
- Lutte contre la hausse des loyers et l'écrasement hypothécaire
- Mesures en faveur du droit au logement
- Accès à l'eau et au gaz
- Éducation élémentaire gratuite
- Mise en place de commissions de contrôle populaire extra municipales
- Lutte contre la corruption
- Égalité des genres
- Développement urbain écologiquement soutenable
- Participation citoyenne via des consultations par quartier . . .

A Valence les engagements municipaux sont soumis à des contrôles permanents par la consultation des citoyens dans les quartiers. Parallèlement à cette démocratie directe, la coalition en place mobilise contre les choix budgétaires fait par le gouvernement central Madrilène qui fait obstacle aux politiques de redistribution locales.

Qu'est ce qui empêche aujourd'hui de se diriger vers un Pacto de la Nau biterrois qui associe partis, mouvements, associations...

Cet été la coalition électorale en place (Coalicio Compromis et Valencia en Comu pour les mouvements citoyens, PSPV, PSOE, Esquerra Unida, Podemos, Els Verds, Bloc i Païs pour les partis politiques, plus 83 associations ou syndicats) ont fêté " L' Ecuador" la fête du mi-mandat. L'Ecuador ou l'occasion de défendre ou promouvoir les réalisations effectuées, en cours ou à venir avec la population Valencienne. A Valence l'objectif est et reste de réaliser à la fin du mandat toutes les mesures du Pacto de la Nau, comme par exemple en 2018, la municipalisation des garderies d'enfants entre 0 et 3 ans.

Cette expérience valencienne fait forcément écho à la situation biterroise où depuis plus de 20 ans règne la droite extrême et l'extrême droite. Qu'est ce qui empêche aujourd'hui de se diriger vers un Pacto de la Nau biterrois qui associe partis, mouvements, associations, syndicats et citoyens si ce n'est des logiques d'appareils partisanes qui priment sur l'élan collectif ? Et si à Béziers comme à Valence une coalition, comme Compromis, ou un regroupement, comme Valencia en Comu, engageait cette dynamique ?