Rafale de perquisitions, portes forcées au pied-de-biche, fenêtres de caravanes brisées, de très nombreuses saisies de matériels informatiques, de tracts et même du manuscrit d'un livre en cours : les gendarmes ont mené une opération de grande ampleur contre...

par Robert Martin

des malfrats, des criminels, des terroristes, des personnes recherchées par la police et la justice... non, pas du tout. Cette opération grandiose, cet état de guerre pour semble-t-il des personnes qui menacent la sécurité du pays, je suppose, je veux parler des opposant.es au centre de déchets nucléaires Cigéo à Bure. Cela s'est passé le mercredi 20 septembre dernier.

sigeovFaut-il rajouter une personne embarquée pour "rébellion", habitants intimidés, contrôles filtrants, domiciles privés éloignés de Bure perquisitionnés avec petites questions sur la vie familiale de la personne. Bref, tout ça nous rappelle de grandes et touchantes heures de coups de filet sur les mouvements de lutte, même si le gouvernement ne fera pas l'erreur de sortir cette fois-ci le qualificatif terroriste. Une couche supplémentaire car le quotidien, c'était déjà des flics partout qui débarquent au cœur des lieux de vies, des intimités, qui fouillent les chambres, les caravanes, camions, bureaux, qui déplacent les objets et fouinent partout.

Avant de devenir ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot avait publiquement déclaré son opposition au projet Cigéo. Son cabinet n'a pas réagi après cette opération. On finit par se demander s'il n'y a pas une volonté de construire des coupables, alors que le projet Cigéo est sous le feu des critiques.

Le risque pourtant, c'est ce projet de méga-poubelle nucléaire, pas les opposants.

Et le risque en particulier d'incendie liés aux résidus de combustible nucléaire n'est pas anodin et l'avenir de ces déchets reste surtout inconnu. Car enfouir 100 000 m3 des pires déchets radioactifs, soit 99,9% de la radioactivité française, dans 300 km de galeries creusées à 500 m sous terre, pendant plus de 100 000 ans, pour 130 ans de mise en œuvre industrielle, ça s'appelle "faire un trou pour cacher la poussière sous le tapis" et laisser les générations futures s'en démerder! Vu l'ampleur de la stratégie de tension déployée pour isoler et épuiser ce qui se joue à Bure, les opposants attendent un soutien de notre part qui devient plus que jamais crucial et décisif.