Un film courageux que le Front  National trouve absolument inadmissible.

Par Emma


9VBELVAUXLucas BELVAUX, réalisateur belge, sort un film « Chez nous » en collaboration avec un coscénariste, Jérôme Leroy, auteur d'un polar paru en 2011 : « Le bloc », dont le film s'inspire largement.

Rien ne laissait présager qu'elle se lance dans une telle entreprise


Il met en scène un personnage de femme, infirmière de son métier, qui va se trouver engagée (et qui va s'engager) dans une élection municipale comme maire au sein d'un parti d'extrême droite, le bloc patriotique. Rien ne laissait présager qu'elle se lance dans une telle entreprise, puisque qu'elle dit ne pas faire de politique tout en ayant un père communiste et ex cégétiste.

Ce film s'inscrit dans un décor de ville du Nord où le chômage et la précarité font le record des statistiques et où l'on trouve encore des obus dans les champs. Le personnage, joué par Emilie Duquesne, est tout en complexité, menant sa vie au mieux entre ses patients qu'elle traite avec bienveillance, ses enfants et son père malade de l'amiante dont elle s'occupe. Un médecin qu'elle connaît va lui proposer de se présenter, en tant que maire dans sa commune, aux cotés d'un personnage emblématique Agnés Dorgelle, chef du parti patriotique.

Finalement le personnage, après bien des situations problématiques, va se retrouver piégé

Le film décrit l'itinéraire de Pauline Duhez, qui, au début ne se sent pas à la hauteur de la tâche, mais qui, après un meeting d'Agnés Dorgelle auquel elle assiste, se laisse convaincre par son discours. Face à elle, puis à côté d'elle, des personnages sûrs d'eux et qui représentent les courants de l'extrême droite jusqu'au groupe néo-nazi dont le bloc patriotique dit se désolidariser.


Les messages extrémistes sont clairs et s'inspirent de certains discours entendus pendant la campagne présidentielle actuelle. Les électeurs ne constituent que des cibles à atteindre avec des typologies bien nettes. Finalement le personnage, après bien des situations problématiques, va se retrouver piégé, piège dont il va, au fur et à mesure, tout faire pour se sortir.


Si ce film, au niveau cinématographique, s'inscrit dans un type de film démonstratif, c'est parce que Lucas Belvaux veut provoquer le débat sur ce sujet. Et que l'on se demande, avant qu'il ne soit trop tard, « comment on en arrive là ». Il décrit, sans complaisance et beaucoup de précision, la façon dont certains peuvent s'engager comme candidat ou voter pour un parti d'extrême droite. A ce sujet, Lucas Belvaux a pris une position politique claire, en mars dernier, en dénonçant les discours populistes.