Le Réseau Citoyen Solidaire de Béziers, formation citoyenne et associative de vigilance et de vivre-ensemble, a organisé le 11 mai à la Cimade une conférence sur l'extrême droite, précédant le grand show ménardien de la fin mai.

par Khan Did

150 personnes environ ont assisté à cette réunion, tenue dans une bonne ambiance studieuse et solidaire.

Dans un premier temps, après la présentation du Réseau par Sarra Barek, Jean-Paul Gautier, professeur d'histoire parisien spécialisé dans l'extrême droite a successivement tenté de la définir. Il préfère parler des extrême droites, fondées sur l'identité nationale (la France aux français), les racines chrétiennes, le principe de fusion immigration-islam, plus ou moins l'antisémitisme et la recherche d'un Ordre Nouveau. Dans cette complexité, les nationalistes, les royalistes sont relégués en marge, « on ne sait pas où ça commence, mais on sait jusqu'où ça peut aller... »
A ce jour, le FN, avec ses excroissances, Rassemblement Bleu Marine et le SIEL (souveraineté, Identité Et Liberté) est la formation institutionnelle. Autour de lui, gravitent la Ligue du Sud, les Identitaires, les laïques (Riposte laïque), le GUD (Groupe Union Défense), étudiants aux méthodes violentes, comme le meurtre de Clément Méric en 2013, les skins de Serge Ayoub, les nostalgériques, les maisons d'édition et les groupes de presse unifiés par Valeurs Actuelles.
L'organigramme est disponible sur le site de la Horde (1).
Ensuite Jean-Jacques Petiteau, membre de VISA 83 (Vigilance, Initiatives Syndicales Antifascistes) et de CODEX 83 (Coordination, Organisation contre la Droite Extrême) a présenté le tableau des 3 villes du Var tenues par l'extrême droite, Fréjus, Cogolin et Le Luc.
Les mairies ont tiré les leçons des échecs de la famille Mégret en 1995 et de la gestion de la ville d'Orange.
Comme à Béziers, l'extrême droite a succédé à des élus UMP. Les promesses sont les mêmes : tourisme, artisans, petits commerçants, embellissement et relèvement du standing municipal. Au nationalisme, on ajoute le régionalisme occitan, la promesse d'austérité pour les pauvres par le biais des subventions aux organismes publics et aux associations et surtout, le tout-sécuritaire. On gentrifie les centres-villes, on privatise les transports publics, on promet de ne pas augmenter les impôts locaux, on vend le patrimoine et on endette la ville.
Le FN est arrivé en tête au premier tour des municipales dans 135 sur 140 communes du Var. Il a siphonné les militants de l'UMP. Il faut dire qu'il y a peu de militants opposants sur le terrain. Cependant il y a eu depuis 2 ans, 13 à 14 % de démissions de conseillers municipaux.
Il pense que le visage du FN du XXIème siècle est différend de celui du XXème.

Un sympathique buffet a servi d'intermède avec la deuxième partie : La Riposte.

David Garcia a présenté les initiatives biterroises : le contre-journal depuis février 2015, les deux journées VISA, la constitution du CAID (Collectif Anti Ingérence et Discrimination à l'Ecole) suite à l'affaire des prénoms « manifestement musulmans » dénoncés par Ménard, la constitution du RCSB, les conférences sur la laïcité après l'histoire de la crèche en mairie et de la messe de la féria, la conférence sur la Nostalgérie avec Pierre Daum organisée par le Réseau suite à la « débaptisation » de la rue du 19 mars 1962, les réunions intersyndicales, la lutte contre la destruction programmée de l'école Gaveau-Macé, la plus belle de Béziers, l'aide aux réfugiés...

JJ Petiteau a rappelé les initiatives de VISA national et la taille des différents groupes. Il conseille localement l'élargissement maximum des forces anti-fascistes, l'utilisation intensive de tracts anti-FN, un blog, des marches, des fêtes de quartier...Il n'envisage pas de miracle à Béziers et incite à la patience. Il fait état d'une grève de 3 semaines des éboueurs de Vitrolles qui a empêché la privatisation de la voirie.

Malheureusement, le temps a manqué aux biterrois militants présents pour discuter en particulier de la riposte au week-end du 27-29 mai et les leçons doivent en être tirées.

En résumé, une réunion à la fois inquiétante sur le pouvoir de nuisance du discours extrême droitier et son impact populaire en sud de France, et encourageant à la résistance parce qu'il n'y a pas le choix...