Paul Jorion est titulaire d’une chaire à l’Université de Bruxelles. Il est également chroniqueur au Monde-Économie et fait partie du groupe de réflexion sur l’économie positive dirigé par Jacques Attali. Il est diplômé en sociologie et en anthropologie sociale.

Il a également été fonctionnaire des Nations-Unies (FAO), participant à des projets de développement en Afrique. Paul Jorion a travaillé de 1998 à 2007 dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il avait préalablement été trader.
Il fait paraître en février 2007 La crise du capitalisme américain, où il annonce la crise des subprimes qui se révèlera au grand public effectivement quelques semaines plus tard.


miserepenseeeconomique

Pour l’auteur, il y a 3 crises :
    ⁃    écologique,
    ⁃    liée à un monde de plus en plus complexe,
    ⁃    financière et économique due en particulier à l’absence d’éthique.
Il y a dans l’histoire une alternance de périodes organiques et critiques. Dans les premières, il y a unité de pensée, de but, d’action, ce sont des périodes dominées par le religieux. Dans les secondes, c’est l’égoïsme qui domine ; elles sont caractérisées par l’instabilité, la contradiction des idées, des sentiments, l’instabilité politique et sociale. La « science » économique – courant dominant actuellement — relève de l’« individualisme méthodologique », qui refuse une vue globale, panoramique et à long terme. Il fait référence à des sociétés primitives où le « nous » a autant d’importance que le « je ». Pour expliquer ce qu’il appelle le « social intériorisé » (expression prise à Durkheim), il cite Proudhon parlant de l’érection de l’obélisque de Louxor sur la place de la Concorde à Paris, par 200 grenadiers : « Suppose-t-on qu’un seul homme en 200 jours en serait venu à bout ? ».
Pour « aider » les financiers à devenir vertueux, Jorion demande la rédaction d’une « Constitution pour l’économie » pour rétablir la finance dans son rôle conforme à sa finalité de servante de l’économie.
Il prend une image, le soliton, une onde ou un ensemble d’ondes qui se superposent et forment alors un phénomène puissant, pour expliquer ce qui se passe en ce moment. Soliton plutôt que crise, car il y a trois éléments pour former une vague d’une hauteur et d’une puissance inouïes : d’abord, la dévastation du globe, l’homme pratiquant la politique de la « terre brûlée » à grande échelle. Le second élément est l’apparition de l’ordinateur qui a augmenté de plusieurs ordres de grandeur la complexité du monde. Le troisième, la crise financière, liée à la nature particulière du système capitaliste et au partage des richesses.
Pour Jorion, la solution est le retour à des sociétés plus simples. Il fait référence à ce qu’il est advenu de l’Empire romain et de l’Empire maya. Il cite les propositions du mouvement décroissant qui préconise de vivre dans des villes de taille moyenne (65 000 habitants). Chose impossible à réaliser.
L’homme est un colonisateur opportuniste. Il fait référence à l’empreinte écologique : douze planètes nécessaires pour que l’humanité vive comme la population des États-Unis, quatre « seulement » si l’humanité vivait comme les Français. Les espèces colonisatrices sont emportées en permanence par une folle fuite en avant. Nous avons fondé notre économie sur la « croissance ». L’Allemagne l’a même inscrite dans sa Constitution. Le mot croissance n’a pas le sens positif que nous lui accordons, c’est elle qui fait pratiquer la « politique de la terre brûlée ».
Par ailleurs, la finance est devenue un magma informe sur lequel le politique n’a plus de prise.
À la Bourse, on parle de « l’effet Skynet », pour dire que les décisions majeures sont prises en réalité par une confédération d’ordinateurs. Le secteur financier est fragilisé par un crédit excessif : en 2004, chaque ménage US avait 7500 $ de crédit revolving : la crise des subprimes couvait.
Le soliton  se précise, car notre espèce colonisatrice arrive en bout de course, la complexité de notre monde nous dépasse, et enfin, la concentration excessive des richesses atteint des niveaux records. La richesse ponctionnée par le secteur financier est immense. Les gains de production vont vers les plus fortunés. Les salaires stagnent et les gains du capital augmentent. La concentration des richesses s’accompagne d’une concentration parallèle du pouvoir. Vitali, Glattfelder et Battiston  démontrent par une analyse mathématique qu’il existe véritablement des « maîtres du monde ». Le monde est détenu par un très petit nombre de firmes dont la plupart sont des banques. Cela remet en cause l’image d’un univers de concurrence non biaisée. Concentration du pouvoir encore plus marquée que dans le patrimoine. Dans les pays riches, 5 à 10 % de la population détiennent 80 % du patrimoine, alors que 731 firmes – soit 0.61 % d’entre elle – contrôlent 80 % de la valeur totale. Si rien n’est fait pour contrer cette concentration, la machine financière et économique se grippera.
Exemple : ce qui s’est passé en 2008 . Un trader - Andrew Hall -  a eu droit à un bonus de 100 millions de dollars, de la part de sa firme Citigroup : bonus qui ne représentait qu’une infime partie des gains de la société ! Comment arriver à de tels gains ? En spéculant sur le prix du pétrole qui est passé de 43 $ en janvier 2008 à 147,5 $ le 11 juillet 2008. Il ne s’agissait pas d’un accroissement de la demande puisque le monde était entré dans une brutale récession. Le prix du baril de pétrole retomba d’ailleurs très vite au niveau du début de l’année. Le spéculateur n’a que faire que le prix se crée au point de rencontre de l’offre et de la demande. Ce qui l’intéresse est de vendre plus cher qu’il n’a acheté. Et d’ailleurs, on peut même, à la Bourse, vendre d’abord pour acheter ensuite !

 

la crise des subprimes couvait.


La spéculation devrait être interdite, comme avant (en France 1885). Le moyen est simple, il s’intitule « Interdiction des paris sur la fluctuation des prix »
Le consommateur est assassiné par la spéculation à la hausse, le producteur, par la spéculation à la baisse. À mesure que la technologie progresse, le travailleur est remplacé par la machine, qui, elle, travaille uniquement au profit des actionnaires et des patrons des entreprises. Effet dénoncé, dès 1820, par Sismondi qui proposait que tout ouvrier remplacé par une machine bénéficie d’une rente indexée sur la richesse créée désormais par la machine.
Jorion dénonce l’« abusus », le droit pour le propriétaire de disposer de la chose possédée comme il l’entend : pouvant le détruire plutôt que le mettre à la disposition de la communauté. Il veut redéfinir la propriété privée. Il est nécessaire pour lutter contre la concentration du capital de briser la mécanique de l’intérêt. La création de la « personne morale » est pour lui monstrueuse. Les États contraignent les individus par leurs lois, alors les personnes morales leur échappent, par exemple dans les paradis fiscaux, mais, plus grave, ce sont elles qui dictent leurs lois aux États. D’où l’importance de créer une « Constitution pour l’économie ».


Pour Jorion, la fiscalité n’est plus suffisante pour la redistribution des richesses, il faut aussi une redistribution du patrimoine.  En 2001, aux États-Unis, le 1 % le plus riche de la population possédait 32.7 % du patrimoine, près du tiers de la richesse. En 2010, c’était plus du tiers : 34.5 %. Pendant ce temps, 80 % des Américains les moins riches dépensaient 110 % de leurs revenus (avec le crédit). La solution pacifique serait une redistribution du patrimoine pour établir une plus grande homogénéité de la richesse, la machine économique pourrait alors repartir : un immense New Deal.  Le pire des cas, ce seront des bouleversements sanglants, révolutions ou guerres. Au moment de la crise de 2007, nos économistes étaient aux abonnés absents. La « science » économique s’occupait de tout autre chose. Le modèle capitaliste ne pouvait en aucun cas faillir.


Et pourtant en septembre 2008, avec la faillite de Lehman Brothers, le système financier international s’effondra. Mille milliards de dollars seront injectés pour le sauvetage, mais une authentique refondation est nécessaire sur le long terme. Elle ne s’est pas faite. On a reconstruit le système financier à l’identique. Un banquier anglais déclara que l’on confierait aux responsables de la catastrophe le soin de rebâtir un système aux abois. Et ce fut le cas. Le monde de la finance dicta ses conditions : ce fut un long transvasement des dettes du secteur bancaire vers le secteur public, avec les résultats que l’on sait : des États exsangues imposant à leur peuple une austérité (salaires, emploi, consommation, démantèlement de l’État-providence).
Seul Marx affirmait que le capitalisme était mortel. Pour les autres économistes, il était invincible, et on bâtit une « science » à partir de ce postulat, puisque le capitalisme était devenu immortel. La crise n’était donc pas la faute du capitalisme, mais des ingérences de l’État dans l’économie et la finance !!!


Jorion donne une explication de la crise : la méchanceté d’une oligarchie, la cupidité, la fraude à grande échelle. Et surtout erreurs et ignorance de la finance et de l’économie : déni de l’existence des « bulles financières », mécompréhension de la logique qui sous-tend le principe de l’assurance, mécompréhension du phénomène de la spéculation, mécompréhension du fonctionnement de la monnaie, mécompréhension de ce qu’est le capitalisme, mécompréhension des mécanismes de la formation des prix. La fausseté de la représentation de la manière dont la monnaie fonctionne véhiculée par la «  science » économique a conduit à la crise actuelle. Confusion entre la richesse présente que constituent l’argent et la promesse d’une richesse future, ce qui est le cas d’une reconnaissance de dette. Cette dernière n’est que trace d’une richesse qui manque, et qui manquera si la somme empruntée n’est pas remboursée. Est considéré comme monnaie tout ce qui peut être envisagé comme une marchandise. Il aurait fallu que les reconnaissances de dette s’échangent au prix du marché. L’originalité a été que dettes titrisées, produits dérivés ont été transférés aux États, et donc aux contribuables. Du coup, la prime de risque comprise dans le taux d’intérêt exigé est confisquée par le secteur financier comme un profit net. Le courant ultralibéral représenté par Hayek prône l’hégémonie culturelle, l’endoctrinement. Dans cette perspective, la démocratie constitue un obstacle. Hayek dira au Chili : « Je préfère personnellement un dictateur libéral à un gouvernement démocratique qui ne serait pas libéral ».


Jorion fait un parallèle entre la « science » économique et les grandes religions. Dans les religions l’homme est présenté comme le couronnement de la nature, dans la « science » économique, le capitalisme est présenté comme le couronnement de la culture produite par l’homme. Chacun a son adversaire : Satan dans la religion, l’État dans l’économie. Jorion veut la disparition du concept de « valeur ». Le seul fait observé est le prix. Il ne reconnaît pas non plus la distinction « obscure » entre « valeur d’usage » et « valeur d’échange ».

 

la cupidité, la fraude à grande échelle.


Ricardo étudie la répartition du surplus de la production entre la rente qui revient au propriétaire foncier, le profit, qui revient à l’industriel, et le salaire qui revient au travailleur. Pour Ricardo, le principal problème en économie politique est la répartition du produit national entre les classes. Il n’en est pas de même pour Marx pour qui seul le travail est producteur de richesse, et tout ce qui ne revient pas au travailleur est spoliation. La formation du prix est un rapport de force entre l’acheteur et le vendeur : le plus riche va s’enrichir et le plus pauvre s’appauvrir. Le schéma du métayage représente la formule de partage (le propriétaire possède le champ, le métayer apporte le travail). Le métayer peut embaucher des journaliers.


Dans l’industrie, le salarié a la position du journalier, le chef d’entreprise a celle du métayer
Le principal problème en économie politique est la répartition du produit national entre les classes : l’économie politique a son fondement dans le politique. Le mécanisme de l’intérêt génère automatiquement la concentration du patrimoine, jusqu’à ce que le système se grippe (des révolutions, des guerres). Il y a deux raisons pour lesquelles le marché peut disparaître; la première c’est quand le vendeur ne rentre plus dans ses frais, ne réalise pas de profit, la seconde, c’est quand le profit est au contraire excessif et que le prix excède les moyens dont dispose l’acheteur sur le long terme. Le capitaliste se sert en premier, puis l’entrepreneur, et le salarié se satisfait du reste : le partage des richesses est déséquilibré. L’invention des stock options a permis de faire des dirigeants d’entreprises des égaux avec les capitalistes. Pour les « marginalistes », courant essentiel de l’analyse libérale, il n’y a pas de luttes des classes. L’individu qui ne saisit pas la logique de la division du travail conçoit du ressentiment… et l’État doit légiférer pour prévenir des conduites préjudiciables à la bonne marche des affaires.

Problème de la rémunération. La richesse est créée dans le processus de production
On a vu le point de vue de Marx, de Ricardo. Pour Marx, le rapport de force est si défavorable aux travailleurs que seule la borne inférieure du prix du travail existe : le salaire de subsistance. Pour Smith, la répartition du surplus entre salariés, entrepreneurs et propriétaires fonciers s’opère selon un rapport de force.    Robert Owen, fondateur du mouvement coopératif, socialiste de la première heure, considère que le profit est la source de tous nos maux. Une pure spoliation : on vole au travailleur un bénéfice qui devrait lui revenir. Le profit est parasite. Pour Proudhon, ni la terre, ni le travail, ni les capitaux ne sont productifs : la production résulte de ces 3 éléments également nécessaires.
Jorion se penche alors sur la propriété privée. Elle est une appropriation d’un bien garanti par l’appareil d’État. L’injustice d’une telle institution est criante. La Révolution française a maintenu la propriété individuelle, le plus injuste des privilèges qui permet de « lever une prime sur le travail d’autrui » (Gide et Rist). Pour l’auteur, la « participation », le principe de l’assurance-vie est d’engager le salarié dans des projets capitalistes. Le salarié s’auto-exploite. Idem pour les retraites par capitalisation. Le salarié ne se préoccupe plus que de la bonne santé du système capitaliste.
La fameuse « main invisible » d’Adam Smith, qui guiderait l’économie vers le plus grand bien-être de la communauté, Smith n’y fait allusion qu’à 3 reprises dans toute son œuvre. Cette auto régulation, cette main invisible, on ne l’a pas constatée pendant la crise de 2007/2008. Alan Greenspan, dans une conférence, louait la grande flexibilité qui offrait à l’économie de marché la capacité de s’ajuster automatiquement. Il disait cela en 2005. En octobre 2008, il reconnaîtra : « J’ai commis une erreur en supposant que l’intérêt bien compris des établissements, banques et autres serait capable de protéger leurs actionnaires ». En 2010, les dirigeants de Goldman Sachs expliquèrent qu’ils avaient organisé des paris portant sur la dépréciation massive des titres adossés à des crédits hypothécaires subprimes. Goldman Sachs gagnerait s’il y avait effondrement, et il recherchait des clients parieurs dans le sens opposé. Des titres avaient délibérément été conçus pour être de la moins bonne qualité possible.
La philia, ou « bonne volonté » ou solidarité spontanée, c’est le côté humain qui ne cherche pas le seul intérêt égoïste, mais la bonne marche générale. C’est notre côté « animal social ».

 

Les banques doivent être socialement utiles

 

De fait, ce sont les activités socialement inutiles qui ont provoqué la crise de 2007/2008. Les activités socialement inutiles sont caractérisées par la pure recherche du profit. C’est l’activité de casino sur les marchés à terme, produisant des prix spéculatifs. Les activités sociales utiles seraient : l’intermédiation (la mise en rapport d’acteurs financiers), l’assurance (la taille des banques permet d’assurer cette fonction), le marché primaire (émission des titres et souscription) et le marché secondaire (échanges entre actionnaires, la bourse que l’on connaît). Les instruments de dette qui circulent dans ces marchés valent monnaie, mais en cas de crise, tout s’arrête. Milton Friedman affirme, et ça ne va pas dans le sens des activités socialement utiles, « que les entreprises sont au service de leurs actionnaires, et de ceux-ci uniquement ». Il exclut automatiquement les clients et les salariés de ces entreprises.


Jorion estime que le temps de l’agressivité s’achève : il nous a permis de survivre dans la première partie de notre histoire. C’est maintenant le temps de la solidarité qui commence, qui doit prendre le relais. Si ce n’est pas le cas, c’est la fin de notre civilisation. Ce qui nous guette n’est plus une crise, mais un évènement de l’ordre de la chute de l’Empire romain, et un effondrement cette fois à l’échelle de la planète. Pour sortir par le haut, il faudra faire un travail de deuil : reconnaître l’ampleur du désastre, prendre conscience que le monde ancien est mort. Nécessité d’une remise à plat.


La croissance s’accompagne d’un cortège de destructions irréversibles de la planète, et le chiffre du PIB n’en laisse rien apparaître. Pire, un PIB en pleine forme peut être l’indice d’une accélération du processus destructeur. Le « Pacte de stabilité et de croissance européen » est un instrument pousse-au-crime. Le principe de la « règle d’or » est une erreur grossière, une énorme bourde. Et le seuil des 3 % donné en l’air, de l’aveu même de son concepteur, Guy Abeille : « 3 est un chiffre solide qui a derrière lui d’illustres précédents, dont certains vénérés ». Il est idiot de comparer la dette souveraine en terme de points du PIB : c’est comparer les pommes des dépenses aux poires du PIB. Il propose de voir la bonne santé d’un budget national en comparant ses dépenses et ses recettes. Les recettes seraient meilleures si les grandes fortunes n’avaient pas trouvé le moyen d’éviter l’impôt par l’évasion ou l’« optimisation » fiscale. Mervyn King, gouverneur de la Banque d’Angleterre, affirme que rien ne les distingue, sinon l’épaisseur d’un mur de prison.


L’urgence.
    ⁃    Nous dépassons désormais la capacité de la planète à supporter les activités de notre espèce.
    ⁃    La question de la redistribution des richesses, de la constitution d’une aristocratie de l’argent, le mécanisme de concentration de la richesse, est reconnue par tout le monde (cf. discours de Toulon en 2008).
    ⁃    Enfin la complexité de notre monde, rarement évoquée, et dont le rôle est majeur.


Les 3 éléments forment donc le fameux « soliton », cette énorme vague qui peut nous emporter.


Des réformes à mettre en place.
    ⁃    Accorder la priorité aux salaires plutôt que favoriser l’accès au crédit.
    ⁃    Augmenter les salaires des employés de rang inférieur et moyen (déconcentration de la richesse). Cette augmentation s’accompagnerait d’une baisse des dividendes des actionnaires et des salaires extravagants de dirigeants d’entreprises.
    ⁃    Bannir la spéculation en l’interdisant.
    ⁃    Mettre hors d’état de nuire les paradis fiscaux en interdisant les chambres de compensation de communiquer avec eux.
    ⁃    Abolir les privilèges des personnes morales.
    ⁃    L’actionnaire d’une société est un des créanciers de l’entreprise et non l’un de ses propriétaires.
    ⁃    Établir les cours de la Bourse par fixing journalier ou hebdomadaire : actuellement les actions des sociétés sont évaluées 2 000 fois par seconde.
    ⁃    Éliminer le concept de « prix de transfert » qui permet aux sociétés d’échapper à l’impôt par des jeux d’écriture.
    ⁃    Supprimer les stock options.
    ⁃    Ré-imaginer les systèmes de solidarité collectifs à la place des dispositifs spéculatifs.
    ⁃    Dans un monde où le travail se raréfie, la question des revenus doit être mise à plat et faire l’objet d’un véritable débat.