C'était une maison verte, adossée à la colline... Il y aura 3 ans, le 18 novembre, la Villa des enfants était définitivement fermée par la municipalité Couderc. Et cette année, le bâtiment est mis en vente par la municipalité Ménard.

Par Eva D.

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Ce lieu d'accueil enfants parents avait un peu plus de 20 ans. Créé par l'association Béziers Enfance en 1992, sous la municipalité Barrau, il s'inspirait des idées de Françoise Dolto, et fonctionnait sur le modèle de la Maison Verte à Paris.


L'équipe de Béziers Enfance cherchait à abriter ce projet qui lui tenait à cœur et qui prolongeait l'action de prévention menée auprès des enfants et de leurs parents au sein des crèches et des halte-garderies de l'association.


EDF, propriétaire de ce bâtiment qui avait servi de « célibatorium », pour héberger les employés détachés sur des chantiers, n'avait plus l'usage de ces immeubles un peu partout en France, et avait décidé de les céder, pour un franc symbolique, aux municipalités concernées, à condition qu'ils soient utilisés pour l'hébergement des SDF.


Lorsque les habitants du quartier ont appris la nouvelle, ils ont lancé une pétition de peur d'être envahis « par les clodos... ».


Pour régler le problème, la déléguée à la petite enfance de cette époque, Mme Gasc-Ratiney, a alors obtenu du donateur que ce local soit utilisé pour un projet d'accueil de la petite enfance et des parents.

Un lieu fécond, qui a donné naissance à d'autres projets, comme celui de la Maison de la Parentalité


Un lieu qui s'est très vite développé, réunissant jusqu'à une trentaine d'enfants et de parents par après-midi, où les accueillants, tous professionnels de la petite enfance, ont apporté une écoute, des conseils, un apaisement de la relation, et un vrai désir de bien être, de rencontre, de parole, où parents et enfants ont découvert un espace essentiellement conçu pour eux.


Un lieu fécond, qui a donné naissance à d'autres projets, comme celui de la Maison de la Parentalité, où la même équipe d'accueillants a élargi sa pratique, avec des ateliers et des consultations psychologiques gratuites.


Des lieux structurants, où les règles de bien vivre ensemble sont simples et évidentes, mais demandent une mise en œuvre de tous les instants : « ici personne ne tape personne », « ici les jouets sont à ceux qui s'en servent » sont des paroles maintes fois entendues, et qui canalisent les débordements, soutiennent les enfants (et quelquefois les parents) dans leurs efforts de socialisation.


Alors, bien sûr, il y a toujours la Maison de la Parentalité, où il se fait un travail remarquable, qui ouvre tous les jours de la semaine, même si elle a moins de capacité d'accueil, des difficultés de parking et pas d'espace extérieur.

La Villa des Enfants est donc à vendre, soit. Mais qu'en est-il du contrat passé lors de la donation pour un franc symbolique ?


Cette politique de profit pourrait pourtant garder un peu d'humanité : si la municipalité Ménard vendait la Villa des Enfants à l'ABCR, pour un euro symbolique, compte tenu de la dévaluation, elle ferait encore un bénéfice de 457%. Pas si mal non ?