Retour sur les mesures de la commune de Paris au printemps 1871.
Par Didier

Au moment où dans les manifestations hexagonales opposées à la loi travail  EL – V – M – H (EL khomri, Valls, Macron, Hollande) les manifestants réclament << la séparation de l’état et du MEDEF >>.
Au moment où on nous demande quotidiennement de choisir entre baisser le coût du travail et augmenter le taux de chômage.
Au moment où on nous oppose droit au travail et droit du travail.
Il est salutaire de chercher dans l’histoire d’autres expériences. Pour ce numéro d’EVAB nous revenons sur l’expérience de la Commune de Paris en matière de droits sociaux.


Pendant le siège de la capitale par l’armée prussienne, suite au désastre de la guerre de 1870, l’expérience de la Commune de Paris est d’autant plus intéressante qu’elle ne se préoccupe pas seulement de questions militaires. Pour les communards, défense militaire et défense sociale sont intimement mêlées. Les loyers et les baux commerciaux ne sont pas payés, les dettes ne sont pas réglées. La Commune dispense les locataires de payer les retards de loyer et étale le règlement des dettes. Son souci principal est de remettre en route l’économie parisienne qui est appréhendée comme une économie collective.

 

 

Son souci principal est de remettre en route l’économie parisienne qui est appréhendée comme une économie collective.

 

 


Dans cette logique, le décret du 16 avril 1871 réquisitionne les ateliers abandonnés et les confie à des coopératives socialisés et autogérés.
Le travail des femmes est réorganisé le 11 avril 1871.
Le 20 avril 1871 un décret interdit le travail de nuit dans certains métiers, il soulève l’enthousiasme des ouvriers et des ouvrières.
Le 27 avril 1871 un décret interdit les amendes et les retenues sur salaires, armes discriminatoires largement utilisées par les patrons pour affaiblir la résistance ouvrière.
Le 13 mai 1871 une sorte de salaire minimum à la journée est imposé !
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Ce qu’a fait la Commune de Paris en 1871 en pleine guerre, en état de siège, un véritable gouvernement de gauche peut le refaire en 2016 sans guerre et sans être assiégé. Ce ne sera sûrement pas le gouvernement EL – V – M – H, qui lui tente de convaincre les 1 % qui détiennent les richesses et gouverne contre les 99 % qui les produisent.