Samedi 23 et dimanche 24 avril 2016, j’ai volontairement déambulé sur la place, certes comme curieux mais aussi comme citoyen révolté.

Par Laurent Antonelli

D’abord, une foule dense, calme, de tous les âges, des espaces très rapprochés où le débat germe sur tout ce qui peut préoccuper tout un chacun : Avocats Debout donnant des renseignements pratiques à qui a des demandes juridiques,  un groupe posant la question des syndicats et de leur présence. Ici un autre écoute un participant qui sur le sol a déposé ce qui reste des charges policières dans les caniveaux après les manifs. Ainsi, nous apprenons comment sont outillés les policiers et la gradation des dangers, comment se prémunir (exemple : jus de citron dans un foulard pour neutraliser le gaz lacrymogène) ; ailleurs, un autre groupe se pose la question sur la durée de ce qui se passe par l’expression Nuit debout…

Le mouvement Nuit debout est en germe comme le blé


Je ressens le sentiment de Candide de Voltaire : étonnement, apprendre, écouter, prendre la parole aujourd’hui… Mais depuis quand n’avons nous pas retrouvé ces espaces ?

N11 nuit debout
J’avais 10 ans en mai 68 et depuis : la longue liste des déceptions, des trahisons politiques.
Le bonheur n’appartient-il qu’au patron de Peugeot qui dans son porte monnaie n’a que 14000 euros par jour alors que le citoyen en RSA seul sans enfant n’en possède que 14 ? Mais dans quel monde je vis ?


Le mouvement Nuit Debout est en germe comme le blé, je me rassure uniquement sur cela et j’applique la méthode d’Albert Camus : savoir dire non aux dominants.

 

Parution de Nuit debout, que penser ? de Gael Brustier ed du Cerf (9 euros)