Il est pitoyable de voir la riche Europe débordée par la « crise des migrants ». On en sait les causes : ce sont les guerres créées pour des motifs de ressources en énergie, et favorables à la vente d'armes dont s'enorgueillissent les puissances occidentales et Israël pour son apport à leur PIB.

Par Khan Did

Commencent à venir les réfugiés climatiques, actuellement poussés par les famines liées aux fortes sécheresses (Soudan, Tchad, Ethiopie en particulier). Ce n'est que le premier frémissement de ce qui se profile pour les décennies à venir.

 Comme l'Italie, la Grèce a adopté une politique de secours à ces désespérés. En 2015,  500 000 migrants (contre 14 000 en 2014) sont passés par Lesbos, île de la mer Egée proche de la Turquie qui sert de porte d'entrée pour l'Europe. Elle accueille actuellement 22 000 migrants et en prévoit, du fait de la fermeture de la « route des Balkans » (Macédoine, Slovénie, Croatie, Serbie, Autriche qui n'en n'acceptent qu'un nombre infime), 50 à 70 000 pour une population totale de 11 millions d'habitants. Les solidarités qui se développent en Grèce devant cette immigration qui, de masculine, est devenue familiale, sont exemplaires et ne font que plus ressortir la confusion et la frilosité pour ne pas dire plus, des nations européennes.

Il est attristant de comparer la générosité et le pragmatisme du maire de Mytilène, port principal de l'île, à l'agressivité mesquine et éloignée de tout réalisme de certains autres édiles… Montré du doigt comme incapable de maîtriser son immigration, menacé d'exclusion de l'Europe, ce petit pays charcuté de façon odieuse par la Troïka et vivant une austérité exceptionnelle et sans espoir dans l'indifférence des autres nations européennes, en arrive à émouvoir « Mutti » Merkel, pourtant intraitable en 2015. C'est dire… « Vas te faire voir chez les grecs » revêt une acuité brûlante ! Un stage de recentrage y est indiqué pour Bob Martell.

 

Sources : Mediapart 2 et 4 mars 2016