Sur une double-page dans le JDB, le Maire débaptise la rue du 19 mars 1962, date qu'il qualifie d' « infamante » de l'indépendance de l'Algérie, pour lui donner l'honneur de porter le nom d'un légionnaire putschiste, la paix, l'indépendance sont des infamies, vive la guerre, viva la muerte !


Terminer « à tout prix » la guerre d'Algérie, ce «  boulet », disait l'ignoble de Gaulle, à l'assassin raté auquel une plaque est dédiée, ainsi qu'à trois des assassins à coups de dague en 1961 du commissaire central d'Alger sur laquelle l'on vient s'incliner en famille politique...

C'était en effet insupportable, après avoir fait un million et demi de morts algériens, de quitter notre colonie (à l'exception du sud Sahara pour les essais nucléaires). Presqu'un million de français étaient venus après 1870, exploiter les terres agricoles de la colonie.

Alors que l'armée française, ces jeunes appelés, revenus cabossés comme les vétérans du Vietnam, fanatisés par nos généraux d'élite, Bigeard, Massu, Aussaresses dont les hauts faits ne sont plus à prouver, avaient « vaincu une armée rebelle sur le terrain »... Quelle étourderie, que dis-je « quel abandon atroce et incompréhensible de la mère-patrie », mère sélective et fouettarde pour les natifs de ce pays !

Que c'est « positif », la colonisation ! Moi qui ne suis pas élu de la nation, je croyais qu'une colonie, c'était comme un enfant. Elle n'avait pas demandé à être colonisée, comme l'enfant à naître, on la faisait grandir, progresser, développer ses facultés et ressources propres pour lui donner ensuite son indépendance et sa liberté... Manifestement, je suis à côté de la plaque, c'est fait pour être exploité, pillé, maintenu en dépendance comme nous savons si bien su le faire en Afrique sub-tropicale.

la notion de colonie est dépassée puisqu'il n'y en a plus que très peu, au moins officiellement.


Mais apparemment, la notion de colonie est dépassée puisqu'il n'y en a plus que très peu, au moins officiellement.

Après le 19 mars 1962, « des torrents de sang saluèrent les noces de la mort et de l'anarchie ». C'est Hugolien ! Mais entrons dans les détails :
- le 26 mars 1962, rue d'Isly à Alger
- le 5 juillet 1962, à Oran
c'était suite aux provocations de l 'OAS que l'armée française tirait sur les européens et tuait également de nombreux goumiers, tirailleurs algériens. Rendre à César...

Que dire de la pratique systématique de la torture par l'armée française (cf le livre « la question » d'Henri Alleg), de l'élimination du jeune professeur de mathématique à Alger, Maurice Audin dont on n'entendit plus jamais parler, de la « nuit sanglante » de Metz perpétrée par les courageux paras en juillet 1961, de la ratonnade par des harkis de la Goutte d'Or en avril 1961, suivie de la saisie du journal « Libération », le 5 avril 1961 par l'admirable Maurice Papon, responsable également de l'impitoyable répression de la manifestation pacifique contre un couvre-feu sélectif des musulmans de Paris en octobre 1961, avec ses plusieurs centaines de « noyés de la Seine », enfin de l'assassinat de 9 militants anti-OAS, à la bouche de métro Charonne, en février 1962 ?

Pas question de défendre la guerre, avec toutes les abjections qu'elle entraîne de part et d'autre, mais d'affirmer par contre la déontologie du journaliste, qui est de rendre compte des différents évènements, et pas d'un seul son de cloche.

Suggérons, pour finir sur une note d'humour noir, au Maire de débaptiser l'avenue Léon Gambetta, ce gauchiste abject, et de lui attribuer le nom de Bibi Netanyaou, l'humaniste qui est peut-être en train de gagner la guerre colonisatrice de Palestine...