Le Maire de Béziers nous fait savoir sur 4 pages du Journal de Béziers (n°4) qu'il s'est rendu à ses frais au village syrien chrétien de Maaloula déchiré par une guerre cruelle, en vue d'un jumelage et d'un soutien. Cette démarche vis-à-vis d'une population opprimée d'abord par la guerre même, et également du fait de ses convictions religieuses, est évidemment opportune. Elle ne doit cependant pas rester sélective.

Tant reste à faire pour le combat pacifique et œcuménique en faveur de la liberté de choix religieux et civils ! Que de populations d'autres obédiences qui relèveraient de notre égale compassion ! Les finances de notre ville ne permettant pas d'honorer le protocole signé avec le Maire de Maaloula, il est fait appel à la générosité publique dont les prémices permettraient en premier la reconstruction d'un centre culturel araméen (langue de Monsieur Christ semble-t-il). Tant mieux si la population a exprimé cette urgence première, ça nous rassure sur son degré de précarisation.

Pourrions-nous suggérer de la part de la Mairie de fonder vigoureusement une association « aide urgente aux réfugiés syriens en Jordanie et au Liban » dans le cadre :
- d'une laïcité portée bien haut
- d'une stricte application de la parole et de l'esprit attribués à Monsieur Christ et pour lesquelles nous avons la plus sincère admiration.

Ces quelques 1 500 000 réfugiés, que ces pays ont, eux, accueillis (promesses hollandaises, quand vous nous tenez !) vont être privés, surtout à l'entrée de l'hiver, des maigres ressources allouées jusqu'à présent par le Programme Alimentaire Mondial qui ne peut plus les financer. C'était peu, de l'ordre de 450 euros par mois pour une famille de 7, mais cela les aidait à survivre. On se souvient que moins du tiers des financements promis par les pays riches pour les plus pauvres sont effectivement versés.
La solidarité se joue des régimes, des croyances, des affiliations, elle est universelle et elle nous honore si elle est ainsi. « Ce que vous faites aux plus petits d'entre nous, c'est à moi que vous le faites » (évangile selon Matthieu, chap.25, verset 40).