En ce mois de janvier, l'affichage dans les rues de Béziers a retenu toute mon attention. Dans les abribus de la ville, une campagne officielle contre le racisme s'affiche. Renseignement pris, cette campagne est à l'initiative du « Défenseur des droits », une autorité constitutionnelle indépendante instituée en 2011.

Par Jean-François Gaudoneix


A Béziers, cette campagne prend tout son sens quand on sait que la municipalité s’attaque à l’ABCR (Association Biterroise Contre le Racisme), que les conférences de « Béziers libère la parole » amènent des conférenciers, écrivains qui ont tous un point commun : des liens très étroits avec le site généraliste d’information « Boulevard Voltaire » dont Ménard est cofondateur. C’est ainsi que « Béziers libère la parole » a fait venir André Bercoff, Philippe Bilger, Bernard Lugan et dernièrement Alain de Benoist, tous sont ou ont été collaborateurs à « Boulevard Voltaire », tous estampillés à la droite extrême.


Pour ne parler que du dernier venu, Alain de Benoist qui publia en 1964 « Vérité pour l’Afrique du Sud », brochure dans laquelle il défend le régime d’apartheid (paru sous le nom de Fabrice Laroche, son pseudo de l’époque). La fréquentation du site « Boulevard Voltaire » reflète bien l’idéologie de Ménard. Ce site est présenté dans le journal le Monde du 22 octobre 2012 avec un titre sans équivoque :

Boulevard Voltaire, le site de l’intolérance


Citons un passage de l’article de Didier Pleux : « Les coups de griffe vont tous dans le même sens. Le mariage homosexuel est diabolisé, l'expression "racisme antiblanc" valorisée, l'islamophobie banalisée. Je m'informe illico sur la biographie des chroniqueurs, j'y vois un dénominateur commun : des thèses "intolérantes", pas voltairiennes pour un sou ! »Oui, Didier Pleux ne peut être que choqué de l’utilisation du nom de Voltaire pour le site. Voltaire qui, en 1763 écrivit un « Traité sur la tolérance » !
En mars 2013, sur le site de  Boulevard Voltaire paraissait un article : « Que faire des musulmans, une fois le Coran interdit ? » Bel exemple de tolérance.
D’un côté nous avons une affiche humaniste qui dénonce le délit de racisme, et de l’autre, une affiche qui agresse avec le triste « KARCHER » de Sarkozy.                          Cette dernière en dit long sur le climat que la municipalité veut faire régner sur la ville.