La TEUB (1) révolutionne le monde scientifique !

Encore une victoire des Biterroises de souche. De souche ? Plus que jamais ! C’est en analysant l’ADN d’un poil pubien que les Biterroises ursulines ont découvert le pot aux roses.

par Ursula

Voilà des années que la communauté scientifique questionne l’énigme de la hyène tachetée. La crocutacrocuta doit sa survie à une agressivité extrême. À peine nés, les petits sont dotés d’une denture opérationnelle et engagent une lutte fratricide. Le plus faible tué est dévoré par son frère. Le placenta maternel serait chargé de testostérone « qui inonde les fœtus, mâles comme femelles. Cette hormone serait donc responsable de la masculinisation des hyènes ? Pour le vérifier, Stephen Glickman a bloqué la production de testostérone chez les mères. Et là, surprise: les embryons étaient à peine «féminisés». «Il y a donc quelque chose d'autre chez la hyène. La question est de savoir quoi. » (2)

La crocutacrocuta se distingue par un clitoris exacerbé

Geneviève témoigne : « depuis que nous avons rouvert les traditionnels bordels en Béziers, nous avons observé dans la clientèle des traits communs avec la hyène, qui nous ont interpellées. Discours chargés de testostérone, agressivité dirigée contre leurs semblables, penchant pour la discipline et la domination, mentalité de clan. Ces observations nous ont décidées à collecter des poils pubiens. »

Hyene

L’intuition s’est confirmée : il existe bien un gène, rarissime, que les biologistes n’ont isolé à ce jour que dans le génome des Biterrois … et des hyènes ! Cela ouvre un champ d’investigation phénoménal. La crocutacrocuta se distingue par un clitoris exacerbé que d’innocents observateurs ont pris jadis pour un phallus. La TEUB, dévouée à la science et à la gloire de Béziers, lance un appel aux citoyens de la ville : chaque Biterrois de souche est dépositaire d’un patrimoine génétique hors du commun. Il est capital que chacun paie son tribut à la ville, et donne son poil. De même, les Biterroises doivent sacrifier leur pudeur pour la fierté de la ville, et exposer leurs parties intimes à la face du monde.

La TEUB a fait progresser la science

Les observateurs ne cachent pas leur soulagement : « nous ne parvenions pas à comprendre les scrutins des élections municipales, cantonales, européennes et régionales, avouent-ils. Les impostures du maire, qui le couvrent de ridicule aux yeux de tous, séduisaient inexplicablement les habitants de la ville. Rien dans son discours ne justifiait pareille adhésion. Le facteur génétique ouvre un champ d’investigation nouveau aux spécialistes de tout poil, linguistes, biologistes, ethnologues… »

Quelques doutes modèrent l’enthousiasme général. Geneviève s’inquiète : « Nous craignons que les Biterrois hésitent à donner leur poil. Leur identité biterroise pourrait être mise en cause par les résultats. Nous craignons que la campagne de collecte ne soit pas massivement suivie. » De même, un poil pubien prélevé dans le local FN de la commune de Fion (Haute Savoie) met en cause l’hypothèse scientifique : les experts y ont détecté la présence du même gène.  Toute la communauté est aux abois, les hypothèses fusent. Des chercheurs espagnols ont montré que la hyène tachetée était répandue en Europe il y a 10.000 ans. Il y aurait-il eu des croisements entre certains Homo sapiens et la crotucacrotuca ? La TEUB a fait progresser la science, les habitants de Béziers peuvent être fiers de leur patrimoine, mais de nombreuses questions demeurent.

La TEUB ne compte pas en rester là. Les pétulantes ursulines engagent un recours pour rebaptiser la crotuca : « Crotula », c’est beaucoup plus sexy. Elles ajoutent : « Et la hyène doit détrôner le chameau ! Cette mascotte affirmerait avec plus de morgue le caractère de notre ville. Notre identité. »

(1) La TEUB (Tradition d’Éducation Ursuline en Biterrois) est un groupe d’épouses biterroises de souche  luttant pour rehausser l’image de la prostitution de la ville, par une promotion de la PNB : la Préférence Nationale Biterroise.
 (2) « Hyène, mère phallique », Libération — 12 novembre 1996.