Cette semaine, par un ciel d'un bleu glacé, sont arrivés les oiseaux migrateurs dans le jardin de Zoé. C'est sa voisine qui lui a demandé de les prendre, car elle avait peur que son mari, qui les trouvait bruyants et sales, ne leur tire dessus.

Par Khan Did

Au début, Zoé ne pouvait pas les voir, les enfants les lui montraient, mais elle levait toujours la tête trop tard. Alors, ils l'ont amenée parcourir le quartier, avec ses places, son église aux fenêtres mal collées, ses drôles de maisons comme celle des lions, les dessins mystérieux que font les trous dans l'enduit du vieux mur, la toute petite porte dans la vieille maison où a dû habiter une famille de nains... Et ce vent qui animait les mobiles de bois et de papier blanc figurant l'envol de tous ces oiseaux.


Et Zoé a fini par les voir, l'hirondelle des cheminées et le bruant, à force... N'était-ce pas d'ailleurs ces enfants, récitant leurs tirades avec fierté et joie, volant comme moineaux d'un endroit à un autre, piaillant les réponses aux questions, chantant des airs joyeux au son du violon et de la guitare, n'était-ce pas eux les oiseaux migrateurs, avec leurs petits minois d'Afrique ou d'Europe de l'Est ?


Eux, c'était les enfants de l'école Gaveau-Macé, Zoé la conteuse, c'était Denise, de la compagnie biterroise Là-bas Théâtre, qui les avait fait préparer ce spectacle avec leur institutrice Rachel, au son de la musique de deux instituteurs. Migrations, oiseaux, quartier, découverte, chansons, envol, joie, dignité. Nous, derrière, charmés, nous vivions, avec eux un moment magique, le retour à notre enfance. Merci, Denise, de cette belle métaphore, merci l'école Gaveau-Macé, et surtout, ne disparais pas !