Dans son acharnement à transformer Béziers en Luna Park pour nostalgiques du « bon vieux temps », et pour petits crétins blonds béats devant une grande roue, le maire Ménard s’est investi dans le transport gratuit, qu’il avait récemment fait supprimer, au moyen de deux bus dits « ludiques » tournant entre Allées et Polygone.

Par J.F. Dubremetz

Superbe idée, expérience inoubliable que celle d’être secoué comme un sac de noix etenfumé par l’échappement d’un vieux « Double Decker » Titan Leyland de 1961 (loué chez www.schoolbus.fr). Le diesel de 9,2 l. de cylindrée conçu dans les années 50 tourne tous les jours pendant deux mois de 10h à 19h (bien entendu le moteur tourne aussi à l’arrêt, qui représente plus de la moitié du temps d’utilisation), ajoutant son impressionnant quota de nanoparticules à celui délivré par les trop nombreux véhicules envahissant le centre-ville de Béziers. Pour l’avoir essayé sur une rotation avant d’écrire ce billet, j’ai pu assister à la cavalcade affolée dans l’escalier en spirale du bus d’une jeune fille prise d’une nausée irrésistible et descendant vomir dans le caniveau…

Quel bénéfice la cité retirera-t-elle de ce cirque estival autour de deux navettes d’un autre âge ? Comme il eût été plus intelligent, novateur, et positif pour l’image de notre ville, et pour la santé des Biterrois, de faire appel à une solution moderne, propre, parmi toutes celles disponibles aujourd’hui ! Comme il eût été plus constructif, en collaboration avec le service transport de la CABEME, qui est seul compétent dans le domaine, d’en profiter pour tester les véhicules de l’avenir que de nombreuses autres villes mettent en service ! D’autant qu’il est possible de les louer pour des périodes d’essai (par exemple : http://www.b-e-green.com/#bus, ou http://www.bluebus.fr/contact/demande-de-location/). Les futurs utilisateurs locaux et les touristes de passage auraient eu le sentiment que la ville avait des projets, regardait vers le futur et s’investissait dans l’amélioration de la qualité de vie des Biterrois.
Mais comment celui dont la devise est « c’était mieux avant » pourrait-il le comprendre, ou même s’y intéresser ? Flatter le badaud en goguette est tellement plus important que gérer intelligemment la transition vers les transports propres en ville. Et quitte à se revendiquer du passé, si cette devise idiote devait être appliquée, quelques carrioles à cheval auraient bien mieux fait pour tous que ces vieilles guimbardes fumantes.