Ni oubli, ni pardon. Clément Méric avait 18 ans, il était libertaire, anticapitaliste, antiraciste, antisexiste, il était comme nous. Le 5 juin 2013, le fascisme et la mouvance ultra nationaliste l'ont tué. Parce qu'il a croisé des militants d'extrême droite qui arboraient des tee-shirts « 100 % pure race ».

Parce qu'il s'est embrouillé avec eux. Parce qu'il a répondu à l'arriération identitaire. Clément est mort.

Il est mort roué de coups portés par un imbécile doté d'un poing américain. Il est mort à Paris sur un trottoir rempli de monde. Avant d'être retrouvés, ses agresseurs sont partis librement des lieux du crime : il était 18 h 40, c'était un quartier commerçant. L'auteur présumé des coups est un agent de sécurité de 20 ans, Esteban Morillo, né en Espagne, sympathisant de l'organisation nationaliste Troisième Voie  de Serge Ayoub surnommé Batskin,  parce qu'il manie bien la batte de baseball dans les rixes que provoque ce groupe.

Dans son village d'origine à Neuilly-Saint-Front dans l’Aisne (le département où le FN espérait diriger le Conseil général), Morillo avait déjà attiré l'attention du maire avec ses accoutrements de Waffen SS et ses saluts nazis. Arrivé en région parisienne 18 mois avant son crime, il vivait à Saint-Ouen avec sa compagne Katia 32 ans, elle-même adhérente à Troisième voie et leurs 2 chihuahuas. Morillo était connu des services de police pour port d'arme illégal.

Au travers de la mort de Clément, la question qui est posée est celle de la banalisation du fascisme. Quand un imbécile de 20 ans parade dans sa ville en Waffen SS, quand il fait des saluts nazis, il doit être arrêté. Sinon son petit crâne rasé et vide pense qu'il peut tout faire, qu'il est tout puissant.

La mort de Clément montre que quand les fascistes sont entre eux et se croient chez eux ils peuvent tuer. Ne pas oublier Clément à Béziers c'est empêcher que les fascistes paradent dans notre ville. La frontière est mince entre le moment où les fascistes paradent entre eux, se croient chez eux, et exhibent des tee-shirts siglés : « 100 % pure race », « je suis Charlie Martel », « contre la racaille tu n'es pas seul », dans un espace public que nous pensions protégé.

La mort de Clément montre que la rencontre avec la haine identitaire peut arriver n'importe quand, n'importe où, qu'elle peut tuer. Qui peut dire aujourd'hui à Béziers que cette rencontre est impossible ? Être antifasciste aujourd'hui à Béziers est un devoir, c'est ne pas attendre que le drame arrive.